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Séance matinale [Terminé]

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MessageSujet: Séance matinale [Terminé]   Dim 2 Aoû - 15:11

Matthew regarda sa montre avec un soupir de lassitude. Il était tôt… ou tard ? Cela dépendait de la façon dont on se plaçait, en fait. Il avait pris part à la garde de la soirée, jusqu’à minuit donc, et avait ensuite fait un petit tour d’inspection, discutant avec ceux qui venaient remplacer leurs camarades, plaisantant avec ceux qui, en cette heure tardive, venait de quitter leurs postes et se dirigeaient vers un repos bien mérité. Rien à signaler, mis à part ces foutues machines qui continuaient à chercher quelque chose qu’elles ne trouveraient pas, car ce n’était même pas envisageable compte tenu du risque que cela ferrait courir aux résistants de Niagara Falls. Donc, rien à signaler, mais pourtant le leader des Green Bears savait qu’il ne parviendrait pas à trouver le sommeil. Il n’avait même pas envie de dormir, et se sentait en pleine forme, malgré l’enchaînement de la garde, puis de l’inspection, et enfin l’écriture des rapports qu’il venait d’achever. Matt avait toujours eu tendance à penser que moins il dormait, moins il avait besoin de dormir, comme si son corps s’adaptait en fonction de ses besoins. Bien sûr, venait un moment où la fatigue était victorieuse, mais ce n’était pas pour ce matin, apparemment !
Le leader de Green Bears décida alors de faire un tour dans la salle d’entraînement, histoire de se fatiguer assez pour pouvoir ensuite, il l’espérait, trouver un peu de repos avant sa garde de l’après midi. Il avait rendez-vous avec ses hommes pour le petit déjeuner, quand ils seraient relevés de leur guet, mais le résistant avait encore un peu de temps devant lui pour s’entraîner. Il poussa la porte de la petite cave et constata que la salle n’était pas vide : une fille s’entraînait, une cyborg sans doute, car malgré le poids qu’elle soulevait, elle n’avait pas un physique d’haltérophile. Mais le grognement peu amène avec lequel elle répondit à son salut amical semblait indiquer qu’elle n’avait pas envie de faire la causette, Matt la laissa donc tranquille. Il comprenait parfaitement qu’en cette heure matinale, peu de personnes avaient envie de s’épancher. Tout le monde était tendu et sur les nerfs, et il avait constaté que cela ne favorisait guère les interactions sociales.

Après un dernier coup d’œil sur la jeune femme, le résistant s’avança dans la pièce sous la lueur blafarde des néons, mettant mentalement au point son plan d’entraînement. Echauffement, quelques coups de poings peut-être dans le sac qui pendouillait non loin, et puis quelques poids à soulever. Les machines de Niagara Falls n’étaient peut-être pas de la première jeunesse, et la salle d’entraînement n’était pas aussi complète que l’on pouvait l’espérer, mais il y avait quand même de quoi faire. Et puis, au moins, cela permettait de se vider efficacement la tête, sans oublier que le décor plutôt vide était une invitation à la concentration.
Matt se mit donc au boulot, procédant à quelques étirements en douceur. Il n’était pas pressé, il avait juste envie de se fatiguer gratuitement, et il savait par avance que son entraînement n’avait pas à être rapide. Juste assez fatiguant pour qu’il puisse sentir la chaleur de ses muscles, et le vide bienheureux qui suit une séance de sport.

Tout était calme, mis à part les bruits de la jeune femme derrière lui, et l’ambiance particulièrement studieuse, sans être pour autant oppressante, faisait du bien au leader. Oui, il avait bien fait de venir s’entraîner si tôt, ce serait une expérience à réitérer. D’ordinaire, il recrutait quelques uns de ses hommes pour venir s’entraîner avec lui, mais là, dans ce calme tout relatif, il se sentait particulièrement bien. Reposé, même, et vigilant. Peut-être qu’il devrait conseiller à quelques uns des Green Bears de faire un tour par ici, cela calmerait leur impatience avant d’enchaîner les gardes ! Parce qu’il était vrai que malgré la menace des Vultures, paradoxalement, les Green Bears avaient moins à faire que d’habitude. La présence des machines dissuadait tout nouvel arrivant, les résistants étaient cloîtres dans la base… en vérité, il y avait toujours les gardes qui s’enchaînaient, mais rien n’est plus fatiguant que de devoir rester vigilant face à un calme plat. C’est pour ça que Matthew enchaînant les surveillances et la tournée de ses hommes : pour qu’ils restent vigilants malgré tout.
Ayant fini ses étirements, Matthew se laissa tomber à terre pour une série de pompes.


Dernière édition par Matthew Carson le Lun 10 Aoû - 15:23, édité 2 fois
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Elizabeth Decker

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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Dim 2 Aoû - 16:20

    Heure matinale. Elizabeth s'était levée il n'y avait pas très longtemps. La jeune femme avait des heures infernales, mais elle y était tellement habituée maintenant que, quand un humain vivant sous une ère prospère serait mort de fatigue, elle le supportait plutôt bien, avec quelques coups de fatigue de-ci de-là mais sans grande importance. Car tous les matins ou presque - parfois la fatigue était la plus forte et elle se réveillait deux heures plus tard - elle se levait aux alentours de cinq heures, s'entraînait jusqu'à six heures, parfois six heures et demi, puis elle prenait sa douche et se préparait pour aller au travail à sept heures. Le soir, après quelques petites pauses dans la journées, elle rentrait dans son dortoir au plus tôt vers dix heures, au plus tard vers minuit. Et le lendemain, c'était la même chose. Elizabeth n'aimait pas les mauvaises langues qui affirmaient que les soldats faisaient tout le sale boulot tandis que les gens de la base se reposaient tranquillement. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que la jeune femme travaillait d'arrache-pied, son travail primant sur tout. Elle était capable de se lever en plein milieu de la nuit si un cyborg ressentait des gênes ou des douleurs, de ne pas dormir même, lorsque les cas étaient urgents et qu'il fallait vite réparer le membre d'un soldat. Alors la fatigue que certains accumulaient au combat, elle l'accumulait au travail. Et elle trouvait cela légitime ! Pour faire avancer la Résistance, tous devaient y mettre la main à la patte. Il y avait aussi - même si elle ne voulait se l'avouer - un côté plus égoïste à sa détermination : être enfouie dans le travail l'empêchait de penser à des choses trop sombres...

    Elizabeth donc, se leva comme chaque matin pour aller s'entraîner. Un débardeur de couleur clair, un pantacourt de sport noir, des chaussures adéquates, les cheveux attachés en queue de cheval et c'était partit. Malheureusement, Joy avait entendu des rumeurs de soldats qui disaient qu'ils avaient le sentiment que les robots étaient plus nombreux que d'habitude en ce moment. Joy lui avait alors supplié de ne pas trop sortir pendant un temps. Elizabeth détestait cette perspective mais pour sa soeur elle accepta. Elle n'aimait pas s'entraîner au milieu des autres et adorait être seule, au coeur de la nature. D'abord parce qu'elle faisait cela avant la troisième guerre mondiale et gardait donc une des rares habitudes qu'il était possible de garder. Ensuite parce qu'elle avait l'impression, pendant cette petite heure qui n'appartenait qu'à elle, que tout était normal, que rien n'avait changé, tant les environs étaient paisibles. Enfin, c'était l'occasion pour elle de retrouver un peu de paix et de s'éloigner du stress ambiant du travail. Alors c'était un petit coup dur pour elle, d'être privé de cette habitude. C'était donc à contre-coeur qu'elle se dirigeait vers la salle d'entraînement.

    En entrant dans la salle, Elizabeth fut un peu soulagée de constater qu'il n'y avait que deux personnes. C'était mieux que rien. L'une d'elle était l'une de ses patientes, l'autre était son ami, Matthew. Ce n'était donc que du positif. La scientifique se dirigea d'abord vers sa patiente qui s'entraînait aux altères. La demoiselle avait perdu son bras droit et Elizabeth lui en avait confectionné un nouveau, il y avait déjà quelques semaines de cela. C'était encore un membre neuf auquel la jeune femme devait s'habituer petit à petit. Elizabeth, bien que catégorique et assez froide - comme à chaque fois qu'elle se trouvait en "conditions de travail" - s'adressa à la jeune patiente :


    "Bonjour Emily. Vous devriez muscler un peu plus votre bras gauche avant de vous lancer dans des exercices. Le déséquilibre des capacités entre le gaucher et le droitier vous pousse à vous appuyer plus sur ce dernier ce qui peut amener à certaines difficultés puisque vous n'y êtes pas complètement habituée. Vous ne pourrez jamais rendre les deux à un niveau égal mais en réduisant la différence, il vous sera plus facile de coordonner les deux. Mieux maîtriser l'ancien pour mieux maîtriser le nouveau en somme."

    Petite touche... presque maternelle ! Car la scientifique, en dépit de sa distance et de sa froideur à l'écart des autres, elle avait un petit quelque chose de maternelle envers ses patients et patientes. Pourquoi ? Parce qu'elle se sentait responsable d'eux, qu'ils étaient ceux et celles pour qui elle travaillait si dur et parce qu'ils étaient en quelques sortes ses petits protégés. Elle ne les jugeait pas, ne les traitait pas de façon différente à cause d'un bras, d'un oeil ou d'un pied de métal. La chercheuse savait bien qu'on était humain bien au-delà de nos capacités physiques.

    Après de derniers conseils, la jeune fille remercia Elizabeth avec un sourire amical. Cette demoiselle, bien que d'un naturel un peu grincheux avec les autres, présentait toujours une certaine reconnaissance envers celle qui l'aidait à faire sans son bras de chaire. Après quoi, la scientifique se dirigea vers Matthew, qui faisait quelques pompes, et elle le salua de façon un peu moins chaleureuse que d'habitude : ils n'étaient pas seuls et l'aînée des Decker agissait toujours de façon un peu plus formelle en présence d'autres personnes, comme si elle voulait préserver cette image de femme froidement enfermée dans sa science et son travail. Allez savoir pourquoi...


    "Bonjour Matthew, tu vas bien ? Ta nuit n'a pas été trop dure ?"

    C'était assez simple, mais le ton de sa voix s'était voulut assez amical, aimable tout du moins. Elizabeth s'occupa alors de ce pourquoi elle était là à la base : son petit entraînement matinal. Elle commença par quelques étirements proche du Yoga. Elizabeth avait apprit quelques mouvements de tae kwon do dans sa jeunesse et, depuis qu'elle était à la Résistance, elle avait apprit des mouvements d'auto-défenses plus intenses. Ça ne lui servirait pas vraiment contre les robots mais au moins, ces mouvements entretenaient son corps et elle ne se sentait pas totalement "désarmée" face à l'adversité. D'ailleurs, elle voulait apprendre à se servir d'une arme au cas ou. Elle en fit part à Matthew, d'une voix nonchalante, neutre, sans lui adresser un regard, tandis qu'elle s'étirait toujours :

    "J'aimerais apprendre à me servir d'une arme."


Dernière édition par Elizabeth Decker le Ven 14 Aoû - 23:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Dim 2 Aoû - 17:32

Matt sentait ses muscles commencer à se réveiller lentement, et il enchaînait sur une nouvelle série de pompes quand quelqu’un entra dans la salle d’entraînement. Un seul coup d’œil suffit à lui révéler l’identité de la nouvelle arrivante : Elizabeth. Comme eux tous, elle devait avoir un trop plein d’énergie à évacuer, et Matthew savait qu’elle aimait se lever tôt, en général, pour aller dehors : ses hommes tenaient des rapports détaillés de qui sortait, pourquoi et à quelle heure, il lui était donc facile de connaître, d’après cela, les petites habitudes de chacun des gens qui habitaient cette base. Mais vu que les sorties étaient prohibées, la jeune femme avait sûrement dû se rabattre, tout comme lui, sur un petit entraînement en extérieur.
Elle se dirigea vers la jeune femme qui maniait les haltères, tandis que Matthew la suivait du coin de l’œil, et échangea quelques propos avec la cyborg. Matthew les écouta distraitement parler, sans s’en mêler : il ne pouvait qu’être impressionné du dévouement et de la compétence de la scientifique, et de son détachement apparent. Apparent, car il savait bien qu’au fond, elle s’efforçait d’être plutôt proches de ses patients, de les mettre à l’aise, ce qui était une tâche ardue : comment décontracter quelqu’un dont le membre vient d’être remplacé par l’un de ces morceaux de métal tant haï ? A la vérité, c’était sûrement tout aussi dur pour le patient que pour la scientifique, tout aussi compliqué pour tout le monde, en général. Et du coup, comment laisser repartir sans appréhension ses patients ? Elizabeth lui faisait un peu penser à une mère dans l’obligation de laisser ses enfants vivre leur vie… sauf qu’elle avait des dizaines d’enfants, et qu’elle faisait mine de ne pas être proche d’eux.

L’ancien Marine en était là de ses réflexions quand la scientifique se tourna vers lui, le saluant d’une façon plus aimable que réellement chaleureuse, mais l’homme ne s’en formalisa pas le moins du monde, sachant que la présence de la jeune sportive n’aidait pas Elizabeth à être complètement elle-même. Matthew esquissa un sourire amical et, après une dernière pompe, se mit assis sur le sol pour regarder la scientifique commencer son entraînement matinal avant de répondre.


Tout va bien, rien de spécial à signaler. Et la nuit à été plutôt calme, si on oublie qu’un des jeunots aurait besoin d’un peu de plomb dans la cervelle.

Indiqua-t-il en s’étirant, sans s’étendre sur le sujet. C’était son problème, après tout, mais il aimait bien parler avec Elizabeth, que ce soit de tout ou de rien. Ce n’était pas une plainte, mais une simple constatation quand à l’état mental de ses troupes. Une fois son échauffement terminé, Matt s’apprêta à se relever, mais se rendit compte que maintenant qu’il était confortablement assis par terre, il allait avoir un peu de mal à se lever, surtout qu’il n’était pas motivé plus que ça. Un bon footing, il n’aurait pas dit non, mais ici, on tournait rapidement en rond, et ce n’était pas des plus agréable. Enfin, tout le monde était logé à la même enseigne.
Il observa un moment Elizabeth qui faisait quelques mouvements de sport de combat, refrénant l’idée que cela ne lui servirait pas à grand-chose dans la base, mais il savait que ce n’était pas une remarque des plus pertinentes à sortir. Chacun faisait avec ses moyens, et le rôle de la scientifique était aussi important que celui de ses hommes. C’était juste que… elle était une scientifique, après tout. Elle n’aurait sans doute jamais l’occasion de tester ces mouvements en situation réelle, et heureusement.

La voix de la jeune femme retentit subitement, et Matt leva sur elle un regard interrogateur. Elle ne l’avait même pas regardé, et son intonation de voix n’avait pas bougé d’un iota quand elle lui avait annoncé, le plus simplement du monde, qu’elle aimerait savoir tirer. Le leader des Green Bears ne répondit pas, réfléchissant : ces derniers temps, chacun aspirait à savoir se défendre par soi-même. Parce que la pression des machines augmentait, sans doute : Matthew ne pouvait envisager que les membres de la base n’aient pas confiance dans les capacités des Greens Bears, et des autres groupes, pour les défendre. Et venant d’Elizabeth, cette réflexion ne le surprenait pas, en réalité : elle aimait avoir en main son propre destin, comme tout un chacun ici. Mais lui apprendre à se servir d’une arme, n’était pas un peu prématuré ?
Matt reprit la parole, l’amusement perçant dans ses paroles.


Ca tombe bien, j’ai justement des cibles dehors, on ne peut pas les rater. Ca devrait faire un bon entraînement, qu’est-ce que tu en penses ?

Son humour n’était pas des plus drôle, mais il espérait qu’Elizabeth ne s’en offusquerait pas. Et puis, après tout, ce n’était pas une si mauvaise idée : tenir une arme dans les mains augmentait la confiance en soi et le sentiment de sécurité, c’était bien connu. Et tout cela était bon à prendre, par les temps qui courraient. De toute manière, s’il refusait catégoriquement, Elizabeth se tournerait vers quelqu’un d’autre, il en était presque sûr. Mais tout de même, savoir qu’une scientifique se promenait avec une arme… savoir qu’Elizabeth se promenait avec une arme n’était pas pour lui plaire. Cela avait un côté trop violent, trop définitif pour que Matthew puisse agréer de bon cœur à cette demande. Dans ce cas, pourquoi ne pas apprendre à tout le monde à tirer, même aux gosses ? Question de sécurité ?
Pourtant, Matt était conscient de l’importance de cette remarque : la jeune femme ne lui en aurait jamais fait part apparemment. Bon, soit. Il allait essayer de l’en dissuader, mais si elle ne se laissait pas faire, eh bien… il pourrait toujours lui apprendre. Il l’avait fait avec certains de ses hommes, pourquoi pas avec elle ? Sans oublier que l’idée d’un apprentissage où ils ne seraient que tous les deux avaient certains bons côtés : il aimait l’esprit perspicace et ordonné de la miss, alors, cela promettait d’être intéressant.


Je ne suis pas aussi sûr que ce soit une bonne idée. Est-ce que tu comptes m’enseigner la biochimie ? Apprendre à te servir d’une arme, ce n’est pas seulement un apprentissage quelconque : c’est une façon de penser, ensuite. Parce que si on apprend à tirer, il peut arriver parfois que l’on ait à le faire.

Matthew se rendit compte, un peu tard pourtant, qu’il lui faisait la leçon. Il ne parlait pas à l’une de ses recrues, tout de même, et se sentit un peu fautif. Du coup, la culpabilité l’obligea à ajouter, presque à contre cœur.

Mais si tu es décidée, je peux me charger de ton apprentissage. Et attention, je suis l’un des meilleurs !

Plaisanta-t-il en bombant le torse, dans une attitude faussement narcissique.
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Dim 2 Aoû - 19:38

    Elizabeth aimait bien quand Matthew lui faisait part de ses expériences ou de ses avis sur les membres de son équipe. Pourquoi ? Parce que comme ça, elle se sentait un peu plus au courant des choses et des gens, sans s'impliquer émotionnellement. C'était comme une porte entre-ouverte sur un monde auquel elle se refusait l'accès. Et puis, c'était des petites choses qui n'avaient pas toujours d'importances qu'ils partageaient, elle et le dirigeant des Green Bear, et qui les rapprochaient un peu. Elle-même parfois lui faisait par de son avis sur ses patients, mais elle ne s'étendait jamais vraiment : elle respectait le secret professionnel et ainsi ne donnait jamais de nom. Juste des avis, des constatations, de-ci de-là. Cela suffisait pourtant. Ni plus, ni moins.

    Lorsqu'Elizabeth fit part de son envie de maîtriser une arme, elle sentit une sorte de scepticisme émanant de Matthew. Il se permis même une blague. Elizabeth n'en rit pas, n'en sourit pas, mais ne s'en offusqua pas. En fait, elle n'avait pas vraiment comprit. Pas qu'elle soit idiote, loin de là, mais elle avait assez peu de contactes amicaux et était tellement plongée dans ses travaux scientifiques - et ce même avant la guerre et la Résistance - qu'elle n'avait pas vraiment l'habitude de rire de bonnes blagues. Et la situation ne s'était pas arrangée depuis la Résistance. Alors autant dire que de ce côté là, Elizabeth n'était pas toujours drôle. Les rares fois où elle tentait de l'être, cela tombait à l'eau puisque c'était des blagues à la sauces Elizabeth. Par exemple, une qui la fait bien rire : "Combient faut il d'existentialistes pour changer une ampoule ? Deux, un pour changer l'ampoule, l'autre pour observer le résultat !"... Je vous l'accorde, on fait plus drôle.

    Ceci dit, elle comprit bien que Matthew n'était pas très positif à sa demande. Elle écouta ses arguments attentivement et par respect. Pourtant, elle n'était pas du tout d'accord. La jeune femme avait un esprit vif et, en matière d'arguments, elle en regorgeait toujours. Elle arrivait à tenir tête à Devon alors, même si c'était un tout autre terrain que Matthew connaissait cent mille fois mieux qu'elle, pourquoi ne pourrait elle pas lui tenir tête, à lui aussi ? Et, alors qu'il se reprenait déjà en se montrant plus positif, elle répondit du tac au tac :


    "Si tu tiens à apprendre la biochimie, je ne te promets pas que ce sera facile mais j'essaierais de te l'enseigner ! Je pense que si tu m'apprends les choses de ton point de vue, je peux me mettre dans ta peau - métaphoriquement parlant bien sûr - et apprendre cette façon de penser. Je comprends bien que l'homme reste un animal avec un instinct naturel dans des moments de traques ou de défenses et jusqu'à preuve du contraire je reste un être humain génétiquement conçue de la même façon que les autres. Il doit donc être à ma portée, même si je n'ai pas des prédispositions, d'apprendre à utiliser une arme."

    Elizabeth était très sérieuse, comme lorsqu'elle exposait un cas scientifique. En fait... Elizabeth rapportait beaucoup de chose à la science. Si bien que parfois, elle oubliait qu'elle n'était pas facile à suivre pour ceux qui n'avaient pas fait les mêmes études qu'elle. Être toujours très claire et compréhensive n'était pas toujours son fort, certes, mais que voulez-vous, on ne change pas une personne enfermée entre quinze et vingt heures par jour dans un laboratoire... Ceci dit, elle enchaîna d'une voix amusée :

    "Je sais bien que tu es le meilleur, c'est pour ça que je t'ai demandé en premier."

    La scientifique sous entendrait-elle qu'elle serait allée voir ailleurs si Matthew n'avait pas été à la hauteur ? Oui, elle laissait clairement le sous-entendu planer. C'était sa façon de taquiner l'ours, en touchant du bout sa virilité. Ah les hommes ! Tellement facile à avoir de ce côté là ! Un petit sourire malin, taquin, vint parfaire l'idée. Elle ne le précisa pas mais, si il refusait elle irait demander à un autre ou tenterait d'apprendre par elle-même. Peut être l'avait il comprit et c'était pourquoi, à son étonnement, il avait accepté. En effet, elle s'était attendu à un refus catégorique de sa part, et à ce qu'il lui fasse la leçon. C'était pourquoi elle avait lâché l'information de façon neutre, sans le regarder. Pas qu'elle n'osait pas, mais elle ne voulait pas lui laisser entendre qu'elle avait besoin de lui pour apprendre. D'abord par envie d'indépendance - Elizabeth n'aime pas dépendre des autres ou devoir quelque chose - mais aussi pour lui montrer qu'elle était une grande fille et pouvait aussi se débrouiller. N'oubliez pas, mademoiselle Decker n'aime pas se montrer trop proche des gens...

    La détermination, c'était une des choses dont la scientifique faisait le plus preuve. Que ce soit dans son travail, dans ses idées, dans ses projets, ou même en cas de danger, la jeune femme montre une envie d'avancer, de s'imposer, toujours grandissante. Et plus on lui tient tête, plus elle cherche à s'imposer. C'était peut être pour cela qu'elle et Devon étaient si souvent en désaccord... Quand deux caractères semblables s'opposent... ça fait des étincelles ! Lorsqu'ils étaient d'accord en revanche, le travail accomplit était d'autant plus impeccable ! Alors pensez bien que lorsqu'elle avait une idée en tête, que Matthew l'approuve ou non... Certes, son avis était précieux, et elle ne manquait jamais de l'écouter mais lorsqu'elle était décidée ou en désaccord avec lui, elle l'écoutait un peu moins. Elizabeth voulait donc savoir si Matthew l'aiderait ou non :


    "Alors, tu m'aideras ou je devrais me tourner vers quelqu'un d'autre ?"

    Elizabeth le provoquait toujours un peu, mais ainsi, elle était sûre d'obtenir son accord. Il pouvait se demander pourquoi elle était si sûre de sa décision et pouvait même lui demander si cela lui chantait. Mais elle était sûre que ses raisons étaient bien réfléchies. Elle faisait confiance aux Green Bears, ainsi qu'aux Red Tigers et aux Black Snake. Cela ne faisait aucun doute. Pourtant, Elizabeth avait un besoin de protection. Et si un jour la base était détruite ? Et si un jour elle et sa soeur - si elle survivait aussi et Elizabeth ferait tout pour que ce soit le cas - se retrouvaient seules ? Qu'adviendrait il d'elles si elles se retrouvaient sans défenses dans la nature ? Bien entendu, elles mourraient rapidement, éliminées par Skynet et ses sbires. Et cette idée d'incapacité, d'insuffisance et d'impossibilité de se défendre était insupportable pour l'aînée. Elle aimait sa soeur et voulait être sûre de pouvoir toujours la protéger. Elle était tout ce qui lui restait. Mais cela était valable pour les autres. Si un enfant se retrouvait sans défenses et qu'Elizabeth passait par là, elle serait soulagée d'avoir put protéger sa vie. C'était donc important pour elle de savoir manier une arme. Juste en précaution.
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Dim 2 Aoû - 20:46

Franchement, qu’est-ce que Matthew pouvait donc bien répondre à ce petit discours qu’Elizabeth venait de lui servir, un discours circonstancié et déterminé comme elle savait si bien le faire ? D’une discussion somme toute plutôt simple, elle avait presque réussi à faire un exposé circonstancié de la nature humaine et de ses capacités ! Mais du coup, le leader Ours avait un aperçu plus clair de sa détermination, et une chose était sûre : elle ne lâcherait pas le morceau. Or, si ce n’était pas lui qui s’occupait d’elle, il y avait de fortes chances pour qu’elle aille voir ailleurs, où qu’elle s’y essaye par elle-même. Non, ça, c’était franchement une mauvaise idée. Quitte à ce qu’elle apprenne à se servir d’une arme, l’ancien Marine préférait être son professeur : au moins, il saurait à quoi s’en tenir. Et puis, après tout, il était le meneur des Green Bears, c’était lui qui enseignait aux jeunots à se défendre : si Elizabeth voulait apprendre aussi, c’était avec lui qu’elle devait le faire. Il n’avait pas l’intention que l’on marche sur ses plates-bandes ! Déjà que certains parmis les Tigers et les Snakes s’arrangeaient pour remplacer certains Ours pour les patrouilles, histoire d’avoir quelque chose à faire…
Car Matthew le savait, même s’il ne disait trop rien, mis à part aux principaux concernés. Cette petite guéguerre amicale entre équipes n’était pas nouvelle, mais pour l’entraînement d’Elizabeth, il se sentait le plus capable de le mener à bien. N’empêche, quand la scientifique considéra le plus sérieusement du monde le fait qu’il puisse vouloir se lancer dans les études, le leader Ours leva les mains en l’air, réfutant l’idée. Les études, ça n’avait jamais été son fort, et rien que l’idée d’être coincé dans un bureau pendant des heures le faisait se sentir claustrophobe !

Elizabeth enchaîna en disait qu’elle savait qu’il était le meilleur, et que c’était d’ailleurs pour ça qu’elle s’était d’abord adressé à lui. Matt laissa un sourire éclatant de fierté lui échapper, tout en esquissant une courbette pour remercier la jeune femme. Son sous-entendu n’était pas passé inaperçu, et il devait avouer que cela faisait du bien, parfois, d’être conforté dans son ego de mâle. Et dans son expérience de tireur, aussi, et dans ses capacités d’instructeur. Bref, c’était un compliment très bon pour son ego de militaire, et cela était toujours bon à prendre !


C’est bien, dans ce cas, nous sommes deux à n’en pas douter ! Et une fois que l’on t’auras vu manier une arme à feu avec la dextérité de Lucky Luke, nul ici ne doutera du fait que personne ne m’arrive à la cheville ! Plaisanta-t-il. Par contre pour la biochimie, on va oublier, d’accord ?

Ajouta-t-il, légèrement moins fier. Parce qu’il ne fallait absolument pas qu’Elizabeth le prenne au mot ! De toute façon, pour l’instant, il n’avait guère le temps de faire autre chose que son boulot, manger et dormir, sans oublier quelques petites plages d’entraînement et de détente qu’il ne tenait pas à voir grignoter par l’apprentissage d’une discipline qu’il préférait laisser aux blouses blanches, ceci, sans aucune connotation péjorative !
En tout cas, Matthew avait signifié son assentiment, et il crut voir un léger étonnement dans les yeux de son interlocutrice. S’était-elle attendu à ce qu’il discute tant que cela ? Bon, évidemment, elle n’échapperait sans doute pas aux leçons de morale, le leader des Green Bears étant plutôt doué dans le domaine, mais il n’avait pas vraiment le goût de discuter. Pour avoir souvent eu des discussions vives avec la scientifique, Matt savait pertinemment qu’elle finirait par avoir le dernier mot : il n’avait jamais été très bon à ce jeu là. Alors, accepter tout de suite lui économisait de la salive, et puis qui sait, elle serait peut-être plus réceptive à ses arguments une fois son apprentissage commencé ?
Et puis, la scientifique posa la question fatidique : est-ce qu’il allait l’aider ? Ou devait-elle se tourner vers quelqu’un d’autre ?

Matt la regarda, légèrement dubitatif. Il savait qu’elle faisait exprès de le taquiner quand au fait qu’elle pouvait s’adresser à quelqu’un d’autre, mais il se demandait si, réellement, elle l’aurait fait. Il savait Elizabeth fière et indépendante, et cela devait lui en coûter un peu que de quémander son aide. Alors, s’adresser à quelqu’un d’autre, est ce qu’elle le ferait réellement ? Matthew ne le saurait sans doute jamais : il n’avait pas l’intention de laisser un autre que lui se charger de l’apprentissage de la jeune femme.
Quand à savoir pourquoi elle voulait apprendre, il avait une petite idée sur la question : pour pouvoir se défendre. Pour pouvoir servir à quelque chose, si la base était attaquée, si sa sœur était en danger. Dans ce monde, à leur époque, la question n’était pas de savoir si on allait être attaqué mais quand, et Elizabeth n’accepterait jamais d’être un fardeau. Non, c’était sûrement l’une des raisons, et Matthew n’allait pas l’obliger à dévoiler ses sentiments et ses arguments.

Un bruit soudain lui fit tourner la tête : la jeune cyborg venait de se lever, et partit après les avoir salué. La salle d’entraînement était à eux pour quelques instants, et Matthew goûta quelques secondes le silence avant de reprendre la parole, ses yeux plongés dans les prunelles d’Elizabeth.


Tu es bien sûre de vouloir apprendre ? Dans ce cas, je t’aiderais. Tu veux commencer ça quand, maintenant ? J’ai une demi-heure avant de rejoindre les Green Bears pour le petit déjeuner, donc… c’est toi qui vois. Mais une fois décidée, il n’y aura plus de retour en arrière possible. Tu seras capable de tuer, une machine, mais aussi un humain. Ce genre de pouvoir, ça te change la vie, tu verras. Alors, il faut être sûre.

C’était peut-être un peu trop solennel, Matthew le savait, mais il préférait mettre les choses au point tout de suite. Il n’avait pas que ça à faire, alors son élève devait être motivée, et bien conscience que ce qu’elle aurait entre les mains, c’était une arme, capable d’ôter la vie. Ca n’avait l’air de rien comme ça, mais c’était une sacrée responsabilités… certaines de ses recrues avaient eu du mal à s’en rendre compte. Car avec une machine, l’approximation n’existait pas : il ne fallait pas hésiter à tirer. Car si on hésitait, dans ce cas là, ce n’était même pas la peine d’apprendre.
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Lun 3 Aoû - 1:49

    Il ne voulait pas apprendre la biochimie ? Bien dommage, Elizabeth adorait parler de ce domaine qui la passionnait. Mais elle pouvait comprendre que d'autres ne soient pas autant intéressés qu'elle et elle se contenta de sourire avec malice. Quand à sa question, celle-ci resta en suspend quelques secondes. Le leader des Green Bear semblait réfléchir, analyser la situation. Ah non ? Ne me dîtes pas qu'il va se relancer dans une leçon de moral ? C'est à peu près ce que pensait Elizabeth. Et bien si ! La jeune femme salua sa patiente qui sortait, puis elle l'écouta et elle aurait put rouler les yeux, avant de les lever au ciel en soupirant légèrement mais elle ne le fit pas et n'en avait pas vraiment envie car elle savait que les paroles de Matthew étaient très vraies, très justes, et elle avait du respect pour ses mots. A vrai dire, elle aurait été déçue si il avait accepté sans la mettre en garde. Elle se contenta donc de plonger son regard dans le sien et de l'écouter attentivement. Par ailleurs, elle savait que si elle avait agit de façon impulsive sans l'écouter, soit Matthew aurait put trouver là une forme d'irrespect - car s'en était ! - s'offusquer et pour le coup, ne rien lui apprendre, soit il aurait put juger qu'elle n'était pas apte - dans le sens de la maturité - à tenir une arme et il se serait braqué. Elizabeth lui prouvait donc ainsi qu'elle était certaine, comprenant bien et acceptant tout ce que cela impliquait, au delà de la défense elle même. Elle lui en fit d'ailleurs part :

    "La sécurité de ma vie, mais surtout celle de ma soeur n'a pas de prix. Et ma vie serait bien plus changée si les rares personnes encore sous ma responsabilité venaient à disparaître que si je devais tuer pour que cela n'arrive jamais. Et puis, tu te doutes bien que je ne t'en aurais jamais parlé si je n'avais pas pesé le pour et le contre avant."

    Sa voix, à aucun instant, n'était dénuée ni de sincérité, ni de franchise. Elizabeth affichait une assurance indémontable jusqu'au bout. Que voulez-vous, elle savait bien que le Bear était prudent et, par conséquent, pas des plus aisés à convaincre. Pour ce qui était de la question de l'entraînement, Elizabeth n'était pas du genre à répondre le fatidique, récurrent et assez ennuyant "comme tu veux". Non, il lui demandait, elle lui répondrait franchement ! Tout d'abord, il n'aurait peut être pas d'autre occasion de lui apprendre le maniement de l'arme avant un moment et à vrai dire... elle non plus ! Elle était sur-chargée, surtout en ce moment : c'était à croire que ses patients s'étaient passé le mot pour abîmer leurs membres mécaniques. Willow Daugherty, une jeune Green Bear, allait d'ailleurs abîmer ses deux bras lors d'une mission future mais ça, Elizabeth ne le savait pas encore. Et puis, peut être que Matthew ne sera pas là un autre matin à s'entraîner, ou qu'Elizabeth, lassée de venir dans cette bien petite salle d'entraînement n'y viendra pas tous les matins ou que, lorsqu'ils se reverront, les stands de tirs seront tous prit par d'autres. Même si ce matin, il n'y avait à disposition qu'une demi-heure, c'était un temps précieux qu'il se fallait saisir ! En tout cas pour la scientifique qui ne tarda pas à répondre :

    "Il serait plus avisé de commencer maintenant. Il n'est pas sûr que nous nous revoyons d'autres matins et puis le plus tôt sera le mieux. J'ai beaucoup de boulot en ce moment et je pense que nous n'aurons pas toujours, ni toi ni moi, beaucoup de temps à consacrer à l'autre. Autant en profiter ce matin."

    La scientifique, qui était toujours debout étira une dernière fois ses bras. Elle se retourna alors et ouvrit à la volée la porte fenêtre qui menait vers une cours au dehors. D'abord, un préau sous lequel on pouvait voir une petite table en bois avec ses bancs - vous savez, les tables de pic-niques - et d'autres punching ball - sûrement pour ceux qui préféraient s'entraîner en pleine air. Puis une longue étendue d'herbe sur laquelle quelques cibles et obstacles en guise de parcours étaient étalés de-ci de-là. Puis finalement, un peu plus au fond à droite, des cibles alignées pour des tirs d'entraînement. Se doutant bien que le militaire ne lui ferait pas faire le parcours d'entrée de jeu, elle s'avança tout naturellement vers les cibles. Au pire, si Matthew avait une autre idée, il l'arrêterait. Elle se retourna pour s'assurer qu'il la suivait - peut être avait il eut du mal à quitter le douillet tapis sur lequel il était assis depuis peut être trop longtemps - et elle lâcha avec un enthousiasme non dissimulé :

    "Aller le Roi de la Gâchette ! Ne me force pas à t'appeler "professeur" pour que tu avances plus vite."

    Ah que voulez-vous ces hommes... Il fallait bien les motiver parfois ! Et puis, maintenant qu'ils étaient seuls, la scientifique avait un peu plus de facilité à se laisser aller à quelques espiègleries. D'autant plus que les choses sérieuses - en l'occurrence ici son apprentissage - viendraient bien assez vite. Elizabeth, après un dernier coup d'oeil, se retourna pour qu'il ne voit pas le petit sourire malicieux qui s'affichait déjà sur ses lèvres.


Dernière édition par Elizabeth Decker le Sam 15 Aoû - 0:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Lun 3 Aoû - 17:04

Malgré sa petite leçon de morale préliminaire qui, il le savait, pouvait se montrer barbante, Elizabeth l’écoutait avec attention. Rien que pour cela, Matthew se doutait qu’elle y avait longuement, réfléchi, et même sans le petit discours qui suivit les paroles de l’Ours, il savait que ce n’était pas une décision prise à la légère. Il commençait à bien la connaître, maintenant : pas au point d’anticiper certaine de ses réactions, mais au moins de façon à savoir à peu près ce qu’elle pouvait bien penser. Il avait vu juste : tout ceci avait un rapport avec sa sœur, Joy. Ce n’était pas non plus très compliqué à deviner, car tout ce que faisait Elizabeth tournait, de près ou de loin, autour de sa petite sœur. C’était pour elle qu’elle faisait tout ça, et un tel dévouement touchait Matthew bien plus qu’il n’oserait jamais l’avouer. Il était fils unique, lui, et il aurait bien aimé connaître la relation qu’on avait avec un frère, ou une sœur. Même Dakota, sa fille, n’avait jamais pu… mais ce n’était pas le moment de penser à ça. L’Ours eut un sourire à la fin du petit discours d’Elizabeth, et lâcha doucement.

"Je sais."

Oh oui, il savait. Il savait qu’elle avait dû longuement réfléchir aux conséquences et aux implications d’une telle démarche, qu’elle avait du se poser mille et une question. Car quoi qu’on en dise, personne n’est le même après avoir eu une arme dans les mains. Ca avait l’air stupide, mais on ne ressortait jamais indemne d’une telle expérience. Elizabeth avait raison : la nature humaine… elle était ainsi faite que chaque être humain aimait le pouvoir : celui de tenir une arme, celui de faire ce que bon lui semble, celui de diriger tout un monde. La soif de pouvoir, et le bien-être que l’on ressentait quand on possédait ce pouvoir, était toujours le même, et il était dans la nature de l’homme de l’apprécier.
Matt secoua la tête. Décidément, quand il était en compagnie de la scientifique, il devenait beaucoup trop bizarre ! De telles considérations sur la nature de l’homme et ses conséquences, cela ressemblait à ce qu’il pensait pour pouvoir passer le temps, ou qu’il écrivait dans ses lettres, mais pas à ce qu’il songeait face à quelqu’un, en général. Ou alors si, mais il ne s’en était jamais rendu compte ? La voix d’Elizabeth le tira de ses pensées : elle voulait bien commencer maintenant, car elle doutait d’avoir encore beaucoup de temps devant par la suite, ou que lui ait beaucoup de temps. Elle n’avait pas tort… et d’ailleurs, Matthew se rappela soudain pourquoi il avait du mal avec les scientifiques : ils avaient toujours raison, ou alors, ils voulaient le faire croire.
Mais Elizabeth Decker, elle, avait toujours raison, en vérité. Elle était intelligente, elle réfléchissait, elle analysait, et elle tombait toujours juste. C’est du moins l’impression que Matthew avait, et il devait avouer que cela ne lui déplaisait pas tant que ça. C’était peut-être stupide, mais il avait été marié, il savait ce que c’était : les femmes avaient toujours raison. Il ne fallait pas chercher à avoir le dernier mot avec elle, mais cela n’était pas désagréable pour autant, c’était même une joie de se ranger à l’avis de quelqu’un qu’on apprécie ; non par obligation, mais parce qu’on se rend compte de la pertinence de cette avis : et les femmes, qu’elles quelles soient, faisaient toujours preuve d’une pertinence certaine. Cela lui rappelait une phrase qu’il avait lu, une fois : les femmes sont les véritables maîtres de ce monde. On aura beau dire et beau faire, il y aura toujours une femme pour vous démontrer que votre idée ne tient pas la route.

Matt hocha la tête pour signifier son assentiment, et la regarda s’étirer une dernière fois avant qu’elle ne se dirige vers le paddock d’entraînement. Une fois qu’elle eut franchi la porte, le leader Ours se leva à regret : c’était bien confortable, une fois que l’on était assis ! Il était peut-être plus fatigué que ce qu’il pensait, finalement… Puis il s’engagea à la suite de la jeune femme, sans oublier de ramasser au passage ses affaires qu’il avait déposé en entrant, ainsi que deux paires de lunettes de protection conçues pour le tir d’entraînement. Pas besoin de protèges oreilles : ils n’allaient pas tirer enfermés entre deux battants de bois, et puis, il préférait qu’Elizabeth se rende compte du bruit et de la détonation. Un coup n’était pas non plus capable de vous crevez les tympans, et mieux valait connaître le son dès l’apprentissage, cela évitait quelques erreurs par la suite.
Le leader des Green Bears franchissait la porte à son tour quand le petit commentaire d’Elizabeth fusa avec enthousiasme. Matthew fit mine de se montrer menaçant, et lui tendit une paire de lunettes en grommelant.


"Tu n’as pas intérêt de m’appeler Professeur ! Tu verras, quand j’en aurais fini avec toi, tu auras tellement d’ampoules sur les mains que tu me supplieras d’arrêter."

La menace n’était pas très sérieuse, ils le savaient tous les deux : l’Ours était une vraie crème avec les débutants. Il n’était pas le leader des Green Bears pour rien, après tout : il savait se montrer patient et compréhensif devant les difficultés en tout genre de ses nouvelles recrues, et jamais personne ne s’était plaint de l’entraînement reçu… ou, tout du moins, il n’en avait pas eu d’écho. En général, Matthew savait amener en douceur les gens à comprendre et à bien faire : forcer et braquer un débutant ne servait à pas grand-chose, en général. Il savait se montrer ferme et critique, mais jamais cassant, et c’était une qualité qu’on lui reconnaissait aisément. Il allait traiter Elizabeth comme tous ses nouveaux, quoique qu’elle fût, en général, un peu plus attirante que les garnements qu’il avait sous son commandement !
Il rejoignit la scientifique sur le pas de tir, avant de mettre ses propres lunettes et de faire signe à Elizabeth de faire de même. Puis il lui tendit sa propre arme, un Glock : une arme pas mal utilisée un peu partout, et donc d’utilisation relativement facile. Matthew vérifia, par acquis de conscience, que son talkie walkie était bien allumé avant de désigner l’arme à Elizabeth.


"Très bien. C’est un pistolet standard, 9 mm, d’approche relativement facile. Déjà, avant de tirer, il faut savoir vérifier ton arme. La sécurité est enclenchée, tu vois ? Donc, tant que l’on ne presse pas la détente, pas de risque de déclencher un tir. C’est d’ailleurs la particularité de ces pistolets : pour ôter la sécurité, tu dois presser le petit levier en même temps que la gâchette. Ca, là, c’est pour sortir le chargeur et vérifier les balles. Vas-y, appuie."

Il attendit quelques instants que son élève s’exécute, la regardant manier l’arme. Avant même de tirer, il fallait s’approprier ce que l’on avait entre les mains, et il comptait laisser à Elizabeth tout son temps pour manipuler le Glock et s’assurer qu’elle l’avait bien en main. Ensuite, il pourrait passer à la partie pratique.
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Lun 3 Aoû - 18:18

    Finalement, Matthew se laissa convaincre, ce qui contenta Elizabeth. A croire qu'elle avait encore gagné... Quelque part elle y était habituée, même face à Devon, il lui arrivait de plus en plus d'avoir raison, même si son collaborateur gagnait plus souvent et avait une assez longue marge d'avance devant elle. Peu à peu, elle s'approchait du coude à coude. Ce qui était un honneur, car cela signifiait qu'elle s'améliorait au point de pouvoir mieux défier le grand scientifique Devon Osborn. Un honneur en somme.

    Mais dîtes moi, voilà que Monsieur Carson se mettait à jouer les tyrans ? Et bien non, Elizabeth n'avait pas peur, pas le moins du monde ! Son regard coulissa vers lui, tandis qu'elle affichait une moue amusée. Étrangement, elle croyait que ce faire appeler "Professeur" était un plaisir pour Matthew, que ça le confortait dans son rôle d'homme et que c'était à son tour d'entraîner Elizabeth sur un terrain qu'elle ne connaissait pas. Au contraire, il semblait refusé de près ou de loin tout ce qui pourrait l'assimiler à l'enseignement ou aux sciences. C'était assez amusant finalement. La scientifique ne put que lui répondre, toujours dans la provocation :


    "Ah ah ! J'aimerais bien voir ça ? J'ai beaucoup de dextérité et mes mains sont habituées à manipuler tout le temps le métal alors ce n'est pas un petit pistolet qui m'esquintera !"

    Ils avançaient toujours jusqu'au point de tir. Elizabeth espérait bien qu'il la traiterait comme tous les autres. Elle n'aimait pas vraiment les privilèges et de toute façon, elle savait que Matthew était un très bon professeur alors autant ne pas changer les bonnes habitudes ! Et puis Elizabeth n'aurait pas apprécié les faveurs. C'était une femme solide et capable d'endurer pas mal de choses, peut être pas autant qu'elle le pensait - ce n'était pourtant pas faute de se blinder encore et toujours plus -, mais quand même beaucoup.

    Matthew mit ses lunettes de protection et Elizabeth l'imita. Apparemment, ils n'allaient pas mettre de protège oreilles, mais la scientifique ne s'en inquiéta pas : il savait ce qu'il faisait, c'était son terrain. Il lui présenta alors l'arme. Il lui expliqua comment on s'en servait, quelques caractéristiques aussi. Elizabeth, en bonne élève, l'écoutait attentivement et regardait sans perdre une miette. Le Green Bear lui tendit alors l'engin qu'elle prit d'une main ferme. Elle soupesa l'arme, la fit passer d'une main à l'autre avec délicatesse, l'observant un peu sous ses coutures. Voilà qu'elle était en mode scientifique maintenant. Après quoi, elle obéit et sortit le chargeur. Elle vérifia les balles, toutes y étaient. Elle prenait son temps pour manipuler le glock, voulant se familiariser avec au mieux. Elle ne put s'empêcher de lâcher, d'un ton calme et attentif :


    "L'arme n'est pas trop lourde. Je dirais sept cent grammes. Principalement faite de métal et de polymères. Assez maniable."

    Soudain elle se tut. Elle venait de se rencontre qu'elle avait dit tout haut ce qu'elle pensait. Enfermée dans son labo, elle ne se gênait pas pour dire ce qu'elle pensait à voix haute, étant donné qu'elle était seule. Du coup, elle avait prit l'habitude, un peu comme un réflexe, de dire tout haut ses raisonnements. De plus, elle avait autopsié l'arme comme elle l'aurait fait d'un corps. Décidément, la science était partout, à croire qu'elle ne pouvait pass'en passer cinq minutes ! Elle fit un petit sourire à Matthew avant de s'excuser :

    "Désolée. Réflexe de scientifique."

    Après quoi, elle continua de manier l'arme en silence. Il ne s'écoula pas plus de deux ou trois minutes. Voulant tester la sécurité, elle vérifia que celle-ci était bien enclenchée, pointa l'arme vers le sol et tira. Rien n'en sortit. Bon, au moins ça fonctionnait pour le moment correctement. Comme le lui avait montré Matthew, elle désenclencha la sécurité de l'arme. Sans tirer, elle commença à viser les cibles pour se familiariser et adapter ses yeux à la distance. Elle prit l'arme à deux mains, la paume gauche sous la crosse, la droite bien resserrée autour de l'arme. Elle ferma un oeil mais se rendit compte que, les deux yeux ouverts, elle avait une meilleure visée. C'était logique, mais ne partons pas dans des explications longues et interminables... Elle ne tira pas encore et se tourna vers Matthew, comme pour lui demander son avis :

    "Je peux ? Ou il y a autre chose que je dois savoir avant ? Un dernier conseil peut être professeur ?"

    Certes, elle le taquinait encore un peu, mais, en même temps, elle gardait son sérieux. Après tout, elle était là pour apprendre, pas pour l'embêter. Enfin, pas de trop... Quelque part, elle sentit une sorte d'excitation montée, à mesure que son doigt s'approchait de la gâchette, comme si elle avait hâte de tirer son premier coup. Elle espérait être une bonne élève et apprendre vite. Ça n'avait jamais été un problème pour Elizabeth, mais pas en matière de tir, juste en science et autres matières plus scolaires... Or ils n'avaient pas beaucoup de temps et elle ne pouvait pas se permettre d'être médiocre. Comme toujours, elle voulait être la meilleure ou, du moins, l'une des meilleures. C'était un moteur important dans la vie de la jeune femme, autant pour ne pas décevoir les autres que pour ne pas se décevoir elle-même.
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Lun 3 Aoû - 22:05

Matthew contempla un instant la moue amusée de la jeune femme, alors qu’il venait de la menacer de jouer les profs tyranniques. Il savait bien qu’il n’était pas très convaincant, surtout face à quelqu’un qui le connaissant, mais le petit défi d’Elizabeth l’amusait. Ah tiens, il n’était pas capable de la maltraiter à ce point, croyait-elle ? S’ils avaient eu plus de temps devant eux, Matt se serait fait une joie de jouer les professeurs intransigeants ! Mais le problème, c’est qu’il savait la scientifique douée et intelligente et puis, comme elle l’avait dit, elle avait pris l’habitude de passer son temps à manier divers composés, et ce n’était pas de tenir le canon d’une arme qui allait l’effrayer. Néanmoins, Matthew afficha un sourire carnassier en demandant:

"On parie ?"

L’instructeur attendit d’avoir toute l’attention de son élève et, sur ce point, il dut avouer qu’il n’était pas déçu. Elle avait l’air passionné par ses paroles, ses moindres faits et gestes, et Matt était presque persuadé qu’en plus, elle saurait lui répéter tout ça sans la moindre erreur. Il avait son attention complète, et cela le rassurait sur le fait qu’il avait eu raison de l’entraîner : elle était déterminé à apprendre, et à bien apprendre. Ca changeait de certaines recrues qu’il avait eues… Cheyenne Quinlan, pour ne pas la nommer. Avec cette fille, il avait eu l’impression que tout ce qu’il disait, des bases à la notion même de sécurité, lui était passé par-dessus la tête. Elizabeth, au contraire, était une recrue attentive, comme il put le constater sitôt qu’il lui laissa son arme entre les mains. Elle l’examina attentivement, cherchant à se faire à la prise en main, au poids, au maniement. Et puis elle prit la parole, évaluant d’un ton froid et clinique les caractéristiques de l’arme comme elle l’aurait fait d’une quelconque chose à étudier, avant de se reprendre et de dire qu’elle était désolée.
Matthew la rassura d’un geste et laissa échapper un petit rire. Il ne se moquait pas d’elle, bien au contraire, cela lui rappelait simplement des souvenirs. Lui avait pris l’habitude de discuter avec lui-même, notamment lorsqu’il avait de nombreuses choses à faire, ou à vérifier. C’était une façon toute personnelle de mettre en place ses idées et d’établir un ordre de priorité, alors, il n’allait pas se montrer choqué par le fait qu’Elizabeth, le plus souvent cloîtrée seule dans un labo, se mette à se parler à elle-même !


"Tu n’as pas à t’excuser. Pourquoi crois-tu que la majorité des soldats donnent un nom à leur arme ? Parce que ça fait toujours quelqu’un à qui parler."

Annonça-t-il, sans trop s’impliquer dans l’affaire. Il avait beau se montrer franc et chaleureux, c’était un fait, Matthew n’aimait guère parler de lui-même. Avec Elizabeth, il se sentait suffisamment à l’aise pour pouvoir se confier, pourtant : mais il n’aimait pas parler de lui, voilà tout. Pas par peur d’exposer une quelconque blessure, pas non plus par crainte d’être jugé : simplement parce qu’il ne jugeait pas ça utile. Qui pouvait être intéressé par quelque qui ne l’intéressait lui-même pas tant que cela ?
L’Ours laissa la jeune femme manipuler l’arme à sa guise, la regardant attentivement même s’il ne faisait aucun commentaire. Il préférait la laisser s’habituer au poids et à la consistance de la crosse dans sa main, avant de rectifier la position. Il n’y avait pas grand-chose à rectifier, de toute manière : contrairement à la plupart des débutants dans le domaine, la scientifique avait compris seule que tenir l’arme à une main n’était pas une façon de faire des plus habiles. Certes, parfois on n’avait pas le choix, mais là, c’était le cas. Tenir l’arme à deux mains assurait forcement une meilleure stabilité et, de plus, ce Glock était conçu pour recevoir divers éléments, tel un viseur ou un laser… peu utile dans le cas présent, mais ça pouvait toujours servir. Elizabeth rouvrit les deux yeux, sentant probablement qu’elle aurait une meilleure visée avec les yeux grands ouverts, et fit mine de viser, sans tirer toutefois.

La jeune femme se tourna à nouveau vers lui, guettant probablement son approbation tout en lui envoyant une petite pique au passage. Professeur, c’était un terme qu’il trouvait trop vieux, et pas spécialement adapté : il n’était pas prof, il n’avait pas fait les études pour. C’était un titre qu’il avait l’impression d’usurper, et cela le dérangeait, quelque part. Il voyait son impatience, et décida de la faire mariner encore un peu : cela lui apprendrait à l’appeler Professeur alors qu’il lui avait dit non !
Reprenant la parole, Matthew indiqua.


"Alors, bleusaille… déjà, on va rectifier deux-trois choses."

La douceur de ses gestes contrastait avec le titre peu chaleureux, mais c’était sa façon à lui de se venger, ce titre pas vraiment glamour. S’approchant, il rectifia légèrement la position de la jeune femme, lui faisait légèrement fléchir les bras et avancer un peu plus son pied. Il posa ses doigts sur ceux d’Elizabeth, desserrant la poigne de la jeune femme qui, trop crispée, risquait de se faire mal. Bien sur, avec une arme pareil, le recul était moindre, mais si un jour elle tirait avec quelque chose de plus conséquent, mieux valait avoir la bonne position à la base. Tout en effectuant ces quelques modifications, il les commentait d’un ton professionnel.

"Là, tu vois, tes bras sont trop tendus, tu risques de dévier de ta cible. Plus tu les tends, en fait, plus tu risques de trembler légèrement : ça n’a l’air de rien, mais ça peut modifier sérieusement ton tir. Fléchis plus les bras, voilà, comme ça… parfait. Tes mains sont bien positionnées, remonte peut-être un peu la droite, là… et ne crispe pas les doigts, tu risques de te faire mal à force. Calles plus tes pieds, c’est bien : l’idéal, c’est d’être très stable, mais souple à la fois. Comme ça… excellent."

Le leader des Green Bears recula de quelques pas, observant d’un œil critique la position d’Elizabeth. Ca lui semblait correct, aussi décida-t-il de lui laisser tenter le coup. Il vérifia que les lunettes de la jeune femme étaient bien mises avant de s’approcher d’elle, se glissant derrière elle pour vérifier son angle de tir. Les doigts posés sur les mains de la jeune femme, il rectifia un peu l’angle de visée, en la guidant doucement vers le meilleur angle de tir. Parfait, là, ça y était. Il inclina la tête, et enleva sa main, mais resta proche de la jeune femme tandis qu’il lui donnait ses dernières indications. Matthew murmurait à présent tout près d’elle, conscient que la jeune femme serait ainsi plus attentive à ses paroles, plus imprégnée aussi de l’importance du moment. Encore un réflexe étrange de l’âtre humain…

"Voilà. Avant de presser la gâchette, tu vas prendre une grande inspiration. Essaye de ne pas respirer pendant le tir, sinon cela risque de modifier la trajectoire de la balle. Tu dois rester parfaitement immobile, et attendre le moment qui te semblera opportun. C’est toi qui décides quand tu peux y aller, toi qui décides quand tu es prête, quand le moment est le bon. Détends-toi, et c’est quand tu veux."

Matthew resta immobile à quelques pas derrière elle, attendant qu’elle appuie sur la détente. C’était à Elizabeth, et à Elizabeth seule, de déterminer quand elle serait prête, et quand sa balle aurait le plus de chance d’atteindre la cible en face d’elle. Il lui faisait confiance, il était sur qu’elle était doué là-dedans… comme dans tout, d’ailleurs !
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Elizabeth Decker

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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Mar 4 Aoû - 14:05

    Ah oui ! Elizabeth avait lu une dissertation à ce sujet. Il n'était pas rare que les hommes et l'Homme en général donne des noms à des choses qu'ils se sont appropriés. Cela peut être une arme, un pinceau - pour les peintres - une voiture ou encore, pour les hommes bien entendu, leur "mécanique" - si vous voyez ce que je veux dire. Elizabeth aurait bien entamé la conversation sur le sujet mais ce n'était pas le bon moment et, à vrai dire, elle était certaine qu'il serait outré et se renfermerait automatiquement. Ce serait très drôle mais l'heure n'était pas à la plaisanterie.

    Toujours est il que la scientifique attendait le signal du militaire pour pouvoir tiré. Bleusaille ? Mmh, Elizabeth fit un petit sourire en coin mais ne dit rien et, au contraire, écouta attentivement les conseils de Matthew. Elle le laissait rectifier sa position sans broncher, obéissant juste. Elle comprenait pourquoi cette position était la meilleure, à mesure qu'il lui expliquait. Il était vrai que c'était plus logique.

    Matthew se glissa derrière elle. Il vérifiait les dernières mises au point avec des gestes délicats. Il murmurait ses indications à son oreille. D'un côté, elle l'écoutait plus que jamais, certains de ses sens : sa vue, son ouïe, son toucher, plus en alertes que jamais. Et en même temps, elle se sentait déstabilisée. Jamais elle n'avait laisser quelqu'un l'approcher de si près depuis la mort de ses parents et son arrivée à la Résistance. C'était troublant de le sentir, là, près d'elle, attentif et présent. Une partie d'Elizabeth aurait voulut lui dire de s'éloigner, de garder ses distances. Mais elle n'en fit rien, ne laissa rien paraître. Elle savait qu'elle apprendrait mieux de cette façon que si il était loin d'elle. C'était plus rassurant, quelque part. Il recula alors et resta derrière elle, lui annonçant que c'était quand elle voulait. Ce à quoi elle répondit d'une voix concentrée :


    "Très bien. Je te remercie pour les conseils. Je vais faire de mon mieux."

    Bien qu'il soit en retrait, la jeune femme pouvait sentir le regard de Matthew sur elle et c'était assez déstabilisant de le savoir sans pouvoir le voir elle non plus. Elle avait l'impression de ne plus maîtrisé la situation ce qui n'arrangeait pas les choses. Mais son côté méthodique reprit le pas, ce qui lui permis de reprendre les choses en mains. Elle ferma les yeux une seconde ou deux et respira profondément avant de les rouvrir. Elle se concentra, garda au mieux la position que Matthew lui avait fait prendre. Elle respirait tranquillement, se concentrant au maximum et, au fur et à mesure, Matthew sortit de son esprit. Il n'y avait plus qu'elle, le Glock et la cible. Plus que ses yeux, le canon et le cercle de la cible. Plus que sa vue - qui transperçait même le verre protecteur des lunettes -, la balle et un point à atteindre. Et même le sang qui battait à son tympan au rythme rapide de son coeur disparut.

    Elle tira. Une détonation forte retentit. Elizabeth ne l'avait jamais entendu de si près. Son coeur avait raté un battement lorsque la balle était partit. C'était vrai que c'était une sensation forte. Elle releva ses lunettes de protection et s'avança pour voir où était la balle. Elle était dans la cible, c'était déjà un bon point, mais pas en son centre mais presque exactement à mi-chemin du bord et du point central. C'était un bon début, mais Elizabeth n'était pas satisfaite. Elle tenta de se remémorer le moindre de ses mouvements pour savoir ce qu'elle avait raté. Elle avait ouvert grand les yeux, avait inspiré, c'était concentré, avait appuyé sur la gâchette et... Oh non ! Elle avait fermé les yeux, une demi-seconde, lorsque la détonation avait retentit ! Sûrement qu'elle avait légèrement bougé pendant cette demi-seconde, ce qui lui avait fait raté son tir. La scientifique fit une moue de mécontentement, retira la balle de son trou et se tourna vers Matthew qui subitement était revenu dans son esprit :


    "Je sais ce que j'ai raté ! J'ai fermé les yeux à la détonation, moins d'une seconde, mais ça a suffit à me faire raté. Ah ! Je dois être mieux concentrée !"

    Ne vous avais-je pas dit qu'Elizabeth était une femme très exigeante envers elle-même ? Et envers les autres aussi, mais bien plus envers elle. Ce qu'elle venait de faire, tandis que certains auraient sautés de joie ou ce seraient déclaré le "Roi de la Gâchette" des débutants, elle était totalement insatisfaite. Mais pas déçue, il en fallait plus que ça pour la décevoir. Et au contraire cela la re-motivait encore plus pour réussir le prochain tir. Voulant toujours se familiariser avec l'arme, elle ouvrit le chargeur pour voir les balles. Bien entendu, il en manquait une. Elle toucha le canon du bout des doigts, il était légèrement chaud.

    "Aller, c'est repartit."

    Bien décidée à ne pas rester sur un échec, la jeune femme replaça les lunettes sur son nez et se remit à la place à laquelle elle se trouvait quelques minutes plus tôt. Elle se repositionna comme le lui avait montré Matthew. Cela lui prit quelques minutes pour retrouver les bonnes marques, convenablement. Mais finalement, elle se concentra de nouveau, prête à tiré. Elle avait prit un peu les devants sur Matthew, voulant remonter tout de suite en selle. Elle savait où elle avait fauté, elle pouvait donc rectifier le tir. Une nouvelle fois, elle fit abstraction du monde qui l'entourait, Matthew comprit. Peut être était elle moins déstabilisée car elle réussit plus facilement encore à se concentrer. Son coeur battait moins fort et moins vite, son oeil était affuté et ses yeux tous deux grands ouverts. Lorsqu'elle fut arrivée au même point de concentration, elle pressa son doigt sur la gâchette.

    Une nouvelle détonation retentit mais cette fois Elizabeth n'avait pas cillé, n'avait pas tressaillit et surtout avait gardé les yeux ouverts tout le long. Elle ne sut pourquoi, elle pensait avoir mieux réussit. Cette fois, son coeur battait à nouveau fortement, mais c'était à mesure que ses pas la menaient vers la cible. Elle observa la balle. Elle était au milieu de la bande numéro neuf, c'est à dire dans le milieu du deuxième cercle de la cible. Elle avait progressé. Fière, elle se retourna vers Matthew avec un sourire. Elle lâcha en s'avançant de quelques pas vers lui :


    "J'ai vraiment un bon enseignant !"

    Elle avait prit soin de ne pas dire "professeur" pour lui faire plaisir. A vrai dire, même si elle n'avait pas encore réussie et n'était pas pleinement satisfaite, elle était contente de s'améliorer. C'était déjà un bon début. Ceci dit, elle était bien décidée à être la meilleure et pas question de s'arrêter en si bon chemin ! Elizabeth s'enquit donc d'autres informations et détails qui pourraient faire d'elle la meilleure de tout le Far West, si ils avaient été au Far West :

    "D'autres conseils ? Qu'est-ce que j'ai loupé ?"


Dernière édition par Elizabeth Decker le Mar 4 Aoû - 22:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Mar 4 Aoû - 18:01

Elle allait faire de son mieux… Matthew n’en doutait pas une seconde. Là où d’autres auraient prononcé cette phrase bateau pour lui faire plaisir, voir qu’il les laisse en paix, la scientifique, elle, pensait chacun de ces mots. Elle allait faire de son mieux, et plus encore, sans doute, et pas seulement pour lui : pour elle tout d’abord. La jeune femme avait ce goût de la gagne, ce goût de se dépasser tant et plus, et de repousser encore et toujours ses limites. Une mentalité presque obligatoire pour une scientifique, qui, dans son métier, devait repousser ses connaissances pour apprendre toujours autre chose de plus… du moins, c’est comme ça que Matthew voyait les choses.
L’ancien Marine avait reculé d’un pas ou deux, laissant la jeune femme à sa concentration. Il ne la quittait pas du regard, cependant, évaluant d’un œil expert sa position et son maintien, prêt à intervenir si elle prenait une position qui la mettrait en danger : les ennemis étaient bien assez nombreux au dehors pour permettre qu’un membre de la base ne se blesse bêtement ! Il savait que sa présence pouvait être quelque peu déstabilisante, mais il n’envisagea pas de reculer plus, voulant être assez prêt pour intervenir en cas de nécessité. Un imbécile qui traverse le pas de tir sans voir les tireurs, ça c’est déjà vu, et il voulait faire face à la moindre éventualité.

Mais la jeune femme ne tarda pas à l’oublier, Matthew s’en aperçut rapidement. Elle était concentrée sur l’arme, centrée sur ses propres sentiments, et rien d’autre autour ne subsistait. Bien sur, dans le cas d’un tir réel, occulter les sensations extérieures ne serait sans doute pas une bonne idée, mais il fallait y aller pas à pas. Qu’Elizabeth apprenne déjà à tirer, et avec la pratique, elle aurait de moins en moins besoin de se concentrer…et pourrait passer aux perceptions extérieures. Pour l’instant, ce n’était que son premier tir, et Matthew ne voulait pas laisser des paramètres aussi aléatoires que l’environnement la déconcentrer. Chaque chose en son temps, et en plus pour l’instant, la jeune femme se débrouillait comme un chef.
La jeune femme pressa la détente, et la détonation retentit comme un coup de tonnerre aux oreilles des deux résistants, qui étaient plongés dans le silence depuis quelques minutes. Elizabeth avait semblé surprise par le bruit, et c’est d’ailleurs pour cela que Matthew ne lui avait pas fait mettre de protection, pour qu’elle se fasse une idée de ce que l’on peut ressentir en appuyant sur la gâchette. Le bruit faisait partie intégrante du tir, autant qu’elle l’assimile tout de suite : elle n’y ferait plus guère attention avec le temps.

Elizabeth releva ses lunettes et se dirigea vers la cible, suivie de Matthew. Il l’avait vu dévier légèrement son tir, sans doute parce qu’elle avait tressaillie simultanément au bruit, mais ce n’était pas si mal pour une première balle. Vraiment pas mal, d’ailleurs, comme il put le constater quand ils arrivèrent ensemble devant la cible d’entraînement : un joli trou avait percé la cible, pas vraiment dans le centre mais il fallait un début à tout. La jeune femme semblait pensive devant son carton, et l’Ours la laissa arriver à ses propres conclusions, dont, il le savait, elle ne tarderait pas à lui faire part. Cela ne se fit pas attendre : elle se tourna vers lui, une moue mécontente affichée sur le visage, pour lui expliquer qu’elle avait dévié parce qu’elle avait fermé les yeux suite à la détonation. Son instructeur pour la journée allait faire un commentaire quand elle s’exclama, plus déterminée que jamais, qu’elle allait réessayer. Du coup, Matt garda son commentaire pour lui : il voulait d’abord voir si elle pouvait remédier au problème seule avant de lui faire une quelconque remarque. Et puis, elle avait l’air si décidée, si pressée de réussir mieux son coup, qu’il n’avait pas le cœur à la laisser patienter quelques instants de plus.
Tout deux retournèrent à leur place précédente, et Elizabeth se replaça, reprenant sa concentration. Le leader des Green Bears en profita pour jeter un coup d’œil à sa radio : il devait le reconnaître, il devenait légèrement parano sur les bords ces derniers temps. C’était peu probable que quoi que ce soit se passe, étant donné que la nuit avait été calme, mais il n’empêche, il était anxieux à l’idée de manquer un appel. Parfois, il se prenait à penser que ce talkie walkie était devenu une sorte de doudou, sans lequel il ne pouvait ni dormir, ni manger, ni rien faire sinon s’angoisser. Peut-être qu’il finirait par lui donner un nom, à cet engin ! Il jeta ensuite un œil sur la scientifique, qui avait repris son air d’intense concentration. Il ignorait s’il se faisait des idées, mais elle semblait plus détendue que la première fois, moins crispée et, si c’était possible, encore plus sûre d’elle. Puis elle tira à nouveau, en faisant cette fois preuve d’une immobilité à tout épreuve.

Un sourire amusé s’afficha sur les lèvres de Matt quand il suivit la jeune femme vers sa cible. Elle semblait être tout autant excitée d’apprendre à tirer que de contempler son résultat, et cela ne manquait pas de le faire rire intérieurement. Se doutait-elle, à ce moment là, qu’elle ressemblait à une petite fille qui va, pour la première fois, rencontrer le Père Noël ? Peut-être pas, mais cela n’en était pas moins adorable. L’ancien Marine s’était avancé d’un pas plus mesuré que son élève, et cette dernière se tourna vers lui avec un sourire éclatant, qui, à nouveau, lui rappelait l’image d’une fillette emprisonnée dans un énorme anorak, et qui sautait de joie en découvrant enfin le vieux monsieur à la barbe blanche. Décidément, il se faisait vieux : penser à Noël à cette période de l’année, c’était un signe indubitable de désordre mental !
En tout cas, le tir d’Elizabeth était meilleur que le premier, cela ne faisait aucun doute. Si la balle n’était pas dans le rond central, elle en était bien proche, surtout pour un deuxième tir ! Matthew leva le pouce en le regardant, avant de répondre à sa question sur la façon dont elle pourrait encore s’améliorer.


"Calamity Jane, je suis très fier de toi ! C’est vraiment un excellent début, et je suis sincère. Bien sûr, il y a encore quelques petites choses à améliorer, mais je pense que tu as bien compris le principe de base. La première fois, tu t’es laissée surprendre par le bruit, et tu as dévié de la trajectoire que tu avais mise en place. Je m’y attendais un peu, à vrai dire. Mais tu as su corriger ce problème toute seule, donc c’est parfait.
Par contre, quand tu tires, essaye de ne pas être trop tendue : j’ai l’impression que tu bloques ton épaule, pour être sûre de ne pas dévier. Ca marche, mais cela risque de te jouer des tours avec des armes d’autres calibres. Il faut que tu te laisses aller, et que tu sois totalement détendue. Cela viendra avec le temps, je ne m’en fais pas trop !
Et tu as parfaitement compris qu’il ne fallait pas appuyer sur la détente, mais seulement la presser. Le doigté féminin, j’imagine."


La taquina-t-il en souriant. Puis il reprit, un peu plus sérieux.

"Par contre, un conseil : n’hésites pas à tirer plusieurs fois d’affilée. Nous sommes en entraînement, ça ne revêt donc pas une importance extrême, mais avec ce genre de calibre, mieux vaut tirer deux balles et être sûr, plutôt qu’une seule et être… tu vois, quoi."

Il allait dire mort, mais il se reprit à temps. Inutile de dramatiser la situation, elle était déjà assez complexe comme cela. Passant sa main sur son visage dans un geste de lassitude, Matthew continua son petit inventaire.

"Inconsciemment, tu vas modifier la trajectoire de la balle entre chaque tir, c’est pourquoi il peut être utile de tirer plusieurs coups d’affilées, histoire de trouver la position, l’angle, et tout ce qui fait la différence entre le centre de la cible et l’extérieur de celle-ci. Cela se règle à l’instinct, et tu auras une meilleure chance en tirant plusieurs fois.
Mais sinon, Elizabeth, c’est excellent. Vraiment."


Soutint-il en la regardant droit dans les yeux. Il ne faisait pas de favoritisme, et ses compliments étaient sincères. Autant il était utile de dire ce qui n’allait pas, autant dire tout ce qui va bien pouvait être tout aussi enrichissant. Désignant du doigt la position qu’ils avaient quitté, il ajouta avec amusement.

"On y retourne, cow-boy ?"

Il avait encore tout son temps, et voir quelqu’un qu’il avait pris sous son aile réussir, cela le mettait en joie. Elizabeth avait acquis les bases, certes, mais il lui fallait encore perfectionner quelques détails. Et s’entraîner, encore et toujours : l’entraînement, c’était la seule chose efficace pour s’améliorer.
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Elizabeth Decker

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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Mer 5 Aoû - 15:30

    Elizabeth était flattée. Matthew semblait plutôt fier d'elle ce qui lui faisait plaisir. Elle estimait beaucoup cet homme et savait qu'il était l'un des meilleurs - le meilleur pardon - dans son domaine et si il lui disait ces choses, elle pouvait être sûre qu'il le pensait sincèrement. C'était une chose qu'elle appréciait aussi chez lui. Même si il n'était jamais cassant, on ne pouvait le contraindre à dire une chose qu'il ne pensait pas. Il était droit. Il félicita aussi sa façon de s'auto-corriger. Ça, c'était quelque chose qu'elle tenait de son père. Professeur de chimie dans les lycées et universités, c'est lui qui donna le goût de la science à Elizabeth. Il avait toujours des idées un peu tordues, mais assez drôle. Par exemple vérifier que le cadeau qu'Elizabeth et Joy avait offert à leur mère pour la fête des mères, une bague, était bien en argent massif. Ou encore faire leur savon avec l'huile de friture. Il était le genre d'homme à avoir une station météorologique au fin fond de leur jardin aussi... Et souvent il chipait les petites pièces de monnaies de ses filles pour vérifier que c'étaient des vraies.. Un homme très amusant en somme. Mais pour en revenir à la science, il enseigna à Elizabeth les vertus des hypothèses, des expériences et de l'analyse. Il lui poussa à toujours vérifier en tout point les essais scientifiques qu'elle effectuait pour qu'elle note tout de suite d'où venait l'erreur, si erreur il y avait. C'était comme un héritage pour elle. Vous savez, certains sont proches de leurs pères par un sport comme le foot, ou par une passion, comme la pêche ou la musique, et bien ce qui liait Elizabeth et son père, c'était la science. Et ils avaient toujours des discussions passionnées et animées, tant les sujets de la science étaient vastes et sans limites.

    Mais revenons-en à notre stand de tir ! Elizabeth écoutait maintenant ce que son oeil de scientifique n'avait put voir, ce qui concernait le domaine de Matthew : ses erreurs. Lui seul pouvait les connaître, lui seul ayant les aptitudes pour. Trop tendue ? Elizabeth comprenait qu'elle prenait la chose peut être avec trop de sérieux et en oubliait donc d'avoir ce quelque chose de naturel qu'ont les tireurs. Elle retiendrait ce précieux conseil. Comme tous d'ailleurs ! Tous étaient importants. D'ailleurs, un autre pointait déjà. Plusieurs balles ? Il était vrai que l'argument de Matthew, même si il n'avait osé en venir à bout, était très juste. Elizabeth n'hésita pas à finir sa phrase, avec une froideur dans la voix qui signifiait qu'elle en comprenait l'importance :


    "Plutôt que d'être criblée de balles. Oui."

    L'instinct... Elle devait faire parler plus son instinct. Étrangement, cela semblait être un exercice plutôt difficile pour la jeune femme. En science, on ne marche pas à l'instinct. Tout est vérifié, re-vérifié, millimétré, contrôlé, pesé, analysé... On se base sur des valeurs réels, des calculs, quelque chose de concrets. Là, on lui demandait d'utiliser quelque chose d'abstrait. L'instinct. Il fallait l'avouer, Elizabeth l'utilisait rarement. Seulement lors de moments critiques ou lorsque la vie de sa soeur était mise en cause. Oui, peut être devra-t-elle se rappeler, au moment de tirer, que ces balles pourraient sauver sa soeur ou sa propre vie. Elle ne voyait là que le seul moyen "d'activer" cet instinct qui sommeil en elle. Ça n'allait pas être forcément facile. Et Elizabeth y voyait là, un peu, une sorte de perte de son légendaire contrôle. Elle aurait bien voulut demander à Matthew comment il faisait pour avoir cet instinct, mais elle lui poserait la question plus tard : elle avait peur de perdre ce précieux temps qu'ils avaient. Elle se contenta donc de répondre :

    "Allons-y Sheriff !"

    Elle lui fit un petit sourire amical et, pour la troisième fois, Elizabeth se plongea dans cette concentration intense. Elle visait cette satané cible mais cette fois, elle s'imaginait en situation. Sa soeur pouvait courir un grand danger si elle ratait. Elle se sentait un peu ridicule d'imaginer un malheur quand tout allait bien, mais si c'était son seul moyen de stimuler son instinct, l'heure n'était pas à l'hésitation. Étrangement, elle faisait un peu moins abstraction des choses qui l'entourait, sans en perdre pour autant sa concentration. Pourquoi ? Parce qu'elle voulait se mettre le mieux en situation et, en danger réel, elle aurait fait attention à tout ce qui l'entourait. Elle reprit la position que Matthew lui avait enseigné en essayant d'être moins tendue. Elle s'apprêtait à tirer lorsqu'elle sentit qu'en effet, son bras et son épaule étaient trop crispés. Elle ne tira donc pas et se détendit encore. Étrangement, elle sentait cet instinct venir, petit à petit, s'insinuer en elle. C'était étrange. C'était comme une force, un pouvoir, qui vous poussait au delà des limites du réel. Car tenir une arme et tuer, c'était quelque chose de réel physiquement, mais pas toujours compréhensible moralement. Avant de nous enfoncer dans un débat philosophique, restons non loin d'Elizabeth.

    Quelques secondes s'écoulèrent encore. Et alors, sans vraiment l'avoir planifié, mais en l'ayant seulement sentit, Elizabeth tira. Une, deux, trois fois. Trois détonations espacées du même dixième de seconde. Elizabeth s'était sentit bouger au deuxième tir, mais elle avait essayé de rectifier l'angle au troisième. Une nouvelle fois, elle releva ses lunettes et s'avança vers la cible. La première balle était au même niveau que lors du précédent tir, la deuxième était dévié sur la droite à la limite du cercle supérieur mais la troisième balle était à l'inverse plus proche du centre, à la limite entre la cible neuf et celui-ci. Elizabeth était satisfaite, elle progressait. Elle assura à Matthew :


    "Tu es vraiment d'excellent conseil ! Je progresse vite grâce à toi ! En peu de temps, j'ai commencé à apprendre. Tu es très efficace. Je comprends vraiment pourquoi c'est à toi qu'il incombe d'enseigner le tir aux nouvelles recrues. Je suis encore plus confortée dans mon idée que la Résistance possède des tireurs hors pair, et c'est sans nul doute grâce à toi pour la plupart !"

    Et elle le pensait sincèrement, bien entendu. Même si Matthew lui affirmait qu'il devait y aller, Elizabeth se sentirait plus rassurée ainsi, en sachant manier, ne serait-ce qu'un minimum, une arme. Mais elle savait qu'elle avait encore beaucoup à apprendre ! Là, elle était en conditions très favorables : au calme, à l'arrêt, encadré par un bon tireur. Mais en situation réelle, les choses sont bien différentes. Il y a le stress, le bruit, le mouvement aussi - car lorsqu'on vous tire dessus, vous n'êtes pas stoïque comme l'était Elizabeth - donc elle savait qui lui manquait des étapes à passer. La scientifique regarda d'ailleurs sa montre. Un peu moins d'une dizaine de minutes et Matthew devrait partir. Même si elle n'avait pas encore réussie à tirer en plein coeur de la cible, il lui fallait passer à l'étape supérieure. Elle en fit part au Green Bear :

    "Je pense qu'il vaudrait mieux que tu m'enseignes comment tirer en mouvement, sur le terrain d'à côté. C'est la meilleure façon de simuler une situation réelle. Qu'en penses-tu ?"

    Elle lui demandait par politesse mais en réalité, elle savait qu'il lui était impératif d'apprendre dès maintenant à tirer en mouvement. Sinon, en situation réelle, elle aurait bien peu de chances de s'en sortir vivante, à moins de trouver une bonne cachette où elle pourrait tirer sans être vue ou touchée ce qui serait, il fallait bien l'avouer, probablement impossible à trouver. Elle plongea donc son regard dans celui de Matthew, espérant le convaincre par la détermination qu'elle dégageait. D'ailleurs, elle s'enquit presque aussitôt de lui demander, comme si elle ne voulait pas recevoir de refus :

    "Alors, comment faut il procéder pour ce terrain là ?"

    Et après avoir décroché son regard de Matthew, elle le porta sur le terrain qui se trouvait un peu plus sur la gauche. Elle analysait déjà le terrain. Tout d'abord, un mur de béton, d'où semblait devoir partir les concurrents. Ensuite, une première cible. Un socle, duquel devait sûrement "sortir" en milieu de parcours une deuxième cible, et pour seule protection entre cette "cible surprise" et le concurrent, une sorte de petit bidon rond, couché sur le sol. Après quoi, une fine protection de bois - ce qui ressemblait aux fondations d'une fenêtre - s'étendait tandis que trois cibles se tenaient droites. Enfin, une dernière cible de laquelle le concurrent n'était en rien "protégé" par un quelconque élément du décor. Déjà, Elizabeth comptait le nombre de balles qu'il lui faudrait et, par précaution, elle attrapa un chargeur plein qui se trouvait sur une petite table et changea le chargeur de son Glock. Elle était déjà prête et en fit part à son ami :

    "Je suis prête, c'est quand tu veux !"
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Ven 7 Aoû - 11:33

Matthew n’avait pas voulu dramatiser plus que de raison mais Elizabeth, elle, ne s’embarrassa pas de ce genre de principe. Son analyse était clinique et froide quand elle acheva la phrase à sa place, et le Green Bear lui jeta un coup d’œil. Elle avait l’air totalement détachée en signalant ce qui pouvait se passer, mais en même temps, elle savait que c’était important. C’était un curieux mélange mais Matthew, qui commençait à mieux cerner la jeune femme, savait que cette phrase à priori dénuée de tous sentiments était le reflet d’une prise de conscience importante. Cela pouvait s’avérer déstabilisant, surtout que cela était plutôt éloigné de sa propre façon de fonctionner… quoique… pas tant que ça, finalement. Lui aussi avait tendance à se montrer détaché quand quelque chose lui tenait à cœur. Enfin, à essayer de se montrer détaché était plus vrai, parce que Matthew n’était guère doué sur le sujet. Il avait beau faire mine de n’être pas impliqué, essayer de commenter d’un ton froid et protocolaire, il se trahissait toujours, et son interlocuteur devinait sans peine qu’il n’était, en réalité, pas aussi froid et détaché qu’il essayait de le faire croire. Peut-être que la scientifique devrait lui donner des cours sur ça, finalement ?
Et le leader repartit dans l’un de ses discours, tout en se faisant la réflexion qu’il parlait sans doute un peu trop. Est-ce qu’il parlait toujours comme ça, avec ses hommes, ou les nouvelles recrues ? Est-ce qu’il était aussi moralisateur et désireux de tout expliquer ? Ou alors, ce n’était que parce qu’il se sentait bien ici, en confiance… il avait toujours eu le défaut de parler beaucoup quand il se sentait à l’aise, pas sur des sujets importants ou personnels, mais il avait tendance à se laisser embarquer par ses propres paroles. Tiens, il faudrait qu’il pose la question, à l’occasion. Est-ce qu’il était toujours aussi bavard, ou c’était simplement parce qu’il se sentait bien avec Elizabeth ? Ca pouvait être intéressant à connaître, sans doute.

Elizabeth s’employa ensuite à tirer de nouveau, le gratifiant d’un « Allons-y Sheriff » qui le fit sourire plus largement. C’était un surnom qu’il aimait bien, celui là. Mis à part dans Robin des Bois, ce mot avait une connotation d’intégrité et d’autorité qui n’était pas pour lui déplaire. Oui, mis à part dans Robin des Bois, parce que le Shériff de Nottingham n’était pas spécialement un modèle pour la jeunesse !
Pendant qu’il s’autorisait à sourire comme un imbécile heureux, la jeune femme s’était remise dans le bain, et elle semblait suivre ses conseils, comme en témoignait le temps plus long qu’elle s’accorda avant de presser à nouveau la gâchette, à trois reprises cette fois-ci. Cette fois, Matthew avait l’impression qu’elle appréhendait mieux le monde extérieur, la portée de son geste, l’implication qu’un bon tir nécessitait. Cela ne tenait à rien, un enchaînement de petits détails, comme une lueur dans ses yeux, un léger tremblement dans ses mains, un relâchement des épaules. Une succession de petits points sans importance mais qui, mis bout à bout, permettait de distinguer le mauvais tireur du débutant en bonne voie d’apprentissage. Cette fois ci, Elizabeth semblait avoir vraiment attendu le moment opportun pour tirer, un moment qu’aucun mot ne permettait de définir, mais qui était pourtant bien réel : on savait, et voilà tout. Aucune théorie, aucune explication scientifique ne pouvait réellement définir ce qu’était l’instinct : il était trop intangible, trop incompréhensible même pour ceux qui l’utilisaient, et Matthew ne se risquerait pas à l’expliquer : c’était… quelque chose dont on avait conscience sur le moment, voilà tout. Et apparemment, cette fois, Elizabeth l’avait aussi senti, ce moment on l’on sait qu’il faut agir, une connaissance personnelle et motivée par pas grand-chose, et surtout pas la raison.
Le Green Bear se dirigea à la suite de la scientifique vers la cible percée de trois marques bien distinctes, à la grande fierté de la jeune femme et de Matthew également. Pour un éducateur, rien n’était plus enrichissant que la réussite de celui qu’il formait ! Elizabeth le complimenta chaleureusement, et son enthousiasme faisait plaisir à voir. Pourtant, le leader la contredit rapidement, avec un geste de la main.


"Non non non. C’est plutôt toi que je devrais complimenter pour cet excellent tir. Je ne fais que t’enseigner quelque chose, et c’est toi, et uniquement toi, qui le met en pratique. Crois moi, je n’y suis pour pas grand-chose."

Matthew n’aimait pas les compliments. Enfin si, il aimait, comme tout un chacun, que son travail soit reconnu, qu’on le regarde avec une certaine admiration. S’il avait endossé le rôle de leader des Green Bears, c’était aussi par fierté personnelle, même si la gloire ne tenait pas un grand rôle dans le choix de sa décision. Quand à devenir membre du Conseil, c’était gratifiant, quoi qu’on puisse en dire. Mais pourtant, l’homme n’aimait pas particulièrement les compliments, cela avait tendance à le mettre quelque peu mal à l’aise. Il préférait de loin une tape sur l’épaule et quelques mots brefs qu’une avalanche de citations et de remerciements. C’était pour ça aussi, d’un certain côté, qu’il se plaisait tant à l’armée : il faisait son boulot du mieux qu’il pouvait, mais on ne le récompensait pas à tout bout de champ. Un sourire empli de gratitude de son chef suffisait à son bonheur, pas besoin de grands discours : il avait toujours été modeste, dans le fond, et être mis à l’honneur le dérangeait un peu, comme s’il n’avait pas sa place sur le devant de la scène. Chaque cérémonie de remise de médaille avait été une torture, qu’il supportait uniquement parce qu’il n’avait pas d’autres choix… mais sérieusement, un merci aurait suffit, pas besoin d’autant de baratin !
Légèrement gêné par le discours enthousiaste de la jeune femme, Matthew se dandina d’un pied sur l’autre. Heureusement pour lui, son amie ne resta pas muette très longtemps, lui faisait part de son envie de corser la difficulté. D’ailleurs, c’était plus qu’une envie, c’était presque un ordre qu’elle lui donnait, le mettant devant le fait accompli en se dirigeant vers l’autre terrain et en vérifiant le chargeur de l’arme. Le Green Bear la regarda avec un petit sourire, décidant que finalement, il ne s’offusquerait pas qu’elle lui force la main. Venant d’un de ses hommes, cela dit, il aurait peut-être eu plus de mal à accepter… mais là, c’était Elizabeth, et c’était différent. Déjà parce qu’il y avait fort peu de chances qu’elle se retrouve en danger réel, ensuite, parce qu’il comptait de toute façon garder un œil sur son entraînement, et enfin, parce qu’il ne se voyait pas dire non. Elle avait l’air si enthousiaste, et il n’était pas un monstre ! Néanmoins, il mit dans le ton de sa voix une légère réprobation en prenant la parole.


"Qu’est-ce que j’en pense ? J’en pense que tu veux brûler les étapes, et que je suis loin d’apprécier cette idée. Après, tout dépend de toi : tu veux apprendre à tirer, ou à le faire efficacement ?
Toutefois, vu le temps limité dont on dispose, et si tu me promets de mettre autant d’acharnement à la manipulation d’une arme qu’à l’entraînement en situation, dans ce cas, je veux bien te montrer quelques tuyaux. En général, je préfère attendre avant de passer à cet autre terrain, attendre que la recrue sache tirer sans même y penser, parce que tu pourras le constater, c’est nettement plus difficile en étant obligé de penser à autre chose.
Mais puisque tu insistes, je veux bien te montrer. Je te fais confiance, je sais que tu ne négligeras aucune partie de ton apprentissage !"


Matthew le savait, apprendre la manipulation, le tir de précision, reculer peu à peu les cibles, tout cela était long et fastidieux. Les apprentis-tireurs avaient toujours l’impression, fausse au demeurant, qu’on apprenait beaucoup plus vite sur le terrain. Pourtant, dans tout apprentissage, il fallait malheureusement une bonne part de théorie, même si la pratique était bien plus amusante. Mais Elizabeth était une grande fille, et l’Ours savait qu’elle ne se conduirait pas comme une fillette avide de sensations fortes. Enfin, il espérait la connaître assez pour juger qu’elle n’oublierait pas de s’entraîner devant une cible !
Espérant que son petit moratoire avait fait de l’effet (d’ailleurs, il devrait penser à le rajouter sur son CV : spécialiste des petits moratoires stupides, des proverbes idiots et de la morale à deux balles), Matthew regarda à son tour le terrain d’entraînement. Un terrain plus ou moins classique, avec différentes cibles à toucher, et quelques endroits stratégiques pour se cacher. Avec quelques grenades et un peu de fumigène, ça avait presque tout d’une simulation réelle, dites donc ! Quand Elizabeth lui déclara que c’était quand il voulait, Matthew lui décocha un énorme sourire, avant de montrer le terrain en un geste théâtral.


"Mais c’est quand toi tu veux ! Le but est simple : courir du point A au point B, en dégommant les cibles au passage. Elles ne tirent pas, donc pas de risques : le seul bruit proviendra de ton arme. C4est comme traverser un champ de tir : il faut être concentré, avoir ses réflexes affûtés au maximum, et réfléchir vite. Mais si je te dis ce qui va t’arriver, ça ne sera pas aussi drôle, tu ne crois pas ?"

Demanda-t-il d’un ton taquin. Est-ce que c’était une vengeance pour lui avoir forcé la main ? Ca y ressemblait, clairement, mais ce n’était pas que ça, pourtant. L’Ours voulait voir comment Elizabeth se débrouillerait sans avoir aucune idée de ce qui l’attendait. Serait-elle prudente ou, au contraire, tête brûlée ? Décidée ou trop réfléchie ? Quoi qu’il en soit, cela orienterait certainement Matthew dans son choix d’exercices pour la suite, et c’est pour ça qu’il préférait voir comment elle se débrouillait avec un minimum de renseignements. Et puis aussi… bah quoi, même un ex-Marine a le droit de savourer une petite vengeance personnelle, non ?
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Ven 7 Aoû - 18:50

    Elizabeth prit le compliment avec plaisir. Contrairement à Matthew, elle les appréciait et les recevaient avec gratitude. Comment vous expliquer... Non, Elizabeth n'aimait pas les compliments injustifiées ou à profits - vous savez, quand on vous dit que vous êtes belle pour que l'on vous réponde la même chose. En revanche, elle aimait que l'on reconnaisse son travail, ses travaux scientifiques, ses performances. Comme tout scientifique qui se respecte. Être sous les feux des projecteurs pour présenter un projet, recevoir quelques prix, c'était toujours gratifiant. Mais elle n'en tirait jamais aucun profit, ne cessait pas pour autant d'essayer de faire mieux par la suite et surtout, ne prenait pas la grosse tête. C'est comme un échange équivalent, ou elle accepte ce qui lui est du simplement parce qu'elle le mérite. Pour ce qui est du reste, elle n'aime pas, les petites flatteries sans fondements. Attention, elle aime quand un homme lui dit qu'elle est jolie ou drôle - ce deuxième point n'est encore jamais arrivé, allez savoir pourquoi - mais seulement si elle apprécie la personne. Disons qu'elle ne se laissera pas charmer ou conquérir par n'importe qui. C'est une femme assez froide et difficile, rappelez vous. Disons qu'elle fait la distinction entre chaque types de compliments. Ceux pour vous gratifier d'un bon travail, ceux pour vous charmer, ceux pour simplement recevoir quelque chose en retour et, ceux, plus rares, qui viennent du coeur et qu'il fallait simplement dire. Tout cela devient assez complexe, alors laissons-le où il est.

    Elle écouta Matthew et à vrai dire, il était plus négatif qu'elle ne l'aurait pensé. Et hop ! Une nouvelle leçon de morale ! Ah le fameux point du temps limité ! Elizabeth l'écouta en acquiesçant, comme pour l'approuver. Elle comprenait pleinement son point de vue. Et à vrai dire, elle aurait préféré atteindre le centre de la cible à plusieurs reprises avant de s'attaquer au terrain d'à côté - souvenez-vous : elle est très exigeante et veut être la meilleure - mais c'était ce satané temps, ce maudit, qui jouait contre eux. Elle préférait donc avoir quelques connaissances sur tous les plans utiles que d'être très douée sur uniquement l'un d'entre eux. Et si jamais elle trouvait le temps, certains matins, elle irait s'entraîner plus ardemment sur ces points nouveaux pour elle. C'était la meilleure chose à faire, selon elle. Au moins, il lui affirmait avoir confiance. Et c'était bon à savoir, quelque part.


    "Je ne tiens pas à brûler les étapes mais à connaître un maximum d'étapes avant notre prochaine entraînement ensemble qui risque de se faire attendre à mon avis. Bien sûr, dès que j'aurais le temps, je viendrais m'entraîner pour maîtriser encore mieux le maniement de l'arme. Et comme tu semble le comprendre, si j'insiste autant c'est parce que nous avons peu de temps devant nous et qu'il faut en profiter."

    Cette phrase sonnait étrangement. Si elle avait été mise en dehors de son contexte, elle aurait put avoir une toute autre connotation. Mais Elizabeth ne préféra pas y penser, se concentrant bien plus sur son apprentissage. Arrivés près du terrain, alors qu'elle lui demandait des indications, des conseils, un coup de main, pourtant Matthew, après lui en avoir donné de bien minces, la lâcha comme ça, dans la fosse aux lions comme on pouvait bien dire. Un instant, Elizabeth fronça les sourcils d'incompréhension. Elle n'avait que rarement vue de films d'actions et ne pouvait pas vraiment imager la scène dans son esprit. Elle ne savait déjà pas comme elle allait se placer. Mais lorsque la scientifique aperçut ce petit air amusé dans les yeux et sur les lèvres du Green Bear elle comprit et resta un instant bouche bée. Puis ses lèvres s'étendirent en un faussement choqué, tandis qu'elle laissait échapper :

    "Dîtes moi que je rêve ! Il est en train de se venger ! Je sais très bien à quoi tu joues Matthew et c'est tout petit ! Minuscule !"fit elle en levant un index menaçant vers lui, ponctuation chaque accusation d'un petit mouvement sec. "Tu n'as donc aucune conscience ? Tu ne veux pas que je t'appelle Professeur mais tu en as toute l'attitude ! Machiavélique et Malfaisante ! Sale Traître !"

    Bien sûr, elle lançait toutes ses paroles sur un ton amusé, faussement menaçant et comme quelqu'un qui est surpris et piégé dans une situation gênante. Fort heureusement, ils n'étaient que deux et la gêne qui découlerait de sa piètre représentation future ne serait vue que de Matthew. C'était donc un moindre mal. Mais tout de même ! Ah les hommes, essayez de leur forcer la main deux minutes et ils se retournent contre vous ! La jeune femme lui jeta un dernier regard, piquant, agrémenté d'un petit sourire mauvais et d'un soupire exaspéré. Pas le genre d'attitude qui montre la colère, mais plutôt une sorte de rancune amusée, toujours dans ce jeu de vengeance. Empoignant son arme - non, elle n'allait pas tirer sur Matthew si c'est ce que vous pensez - elle observa le terrain attentivement, essayant de visualiser le genre de mouvements qu'elle pourrait faire. Elle savait que sur ce genre de terrain, pour les expérimentés, on comptait le temps que mettait un tireur à éliminer les cibles. Elizabeth était encore trop débutante pour se permettre de chronométrer son temps. Elle allait faire le premier circuit lentement, tranquillement, pour prendre ses marques. Elle comptait se servir des premiers conseils que lui avait donné Matthew pour s'en sortir un peu. Donc, tout prendre son temps, prendre ses marques. Elle s'avança sur le terrain en marchant, n'ayant nullement le besoin de tirer pour l'heure, et elle observa les distances, les positionnements. Notant que si elle tirait deux balles par cible il lui faudrait un chargement neuf, elle prit un autre chargeur qu'elle cala dans sa poche. Après quoi, elle revint au point de départ. Et là, elle se détendit. Il ne fallait pas qu'elle se stress pour rien et il fallait que ses mouvements soient fluides. Ensuite, elle se concentra profondément, repérant d'avance comment elle tirerait pour avoir à y penser le moins possible au moment venu. Enfin, elle se mit en condition, stimulant son instinct. Après quoi, elle prit une grande inspiration et se plaqua contre le mur de béton de départ et s'élança.

    La démarche d'Elizabeth était légère, avançant petit pas par petit pas. Elle tira sur la première cible, deux balles, puis continua d'avancer. La cible suivante s'éleva d'un coup et surpris Elizabeth qui, d'une oublia le bidon qui devait lui servir d'éventuelle "protection", de deux tira deux balles : la première n'atteignit pas la cible, la seconde si, en son bord. Pas très bon tir en somme. La jeune femme grimaça mais continua d'avancer. Elizabeth tira sa dernière balle sur une des trois cibles qui s'étendaient devant elle, se cacha derrière la fondation de bois, en profita pour changer son chargeur, tira deux balles pour chacune des deux autres cibles et s'avança vers la dernière cible et, se concentrant, elle tira la dernière balle. Bilan global : plutôt moyen, désastreux du point de vue de la scientifique. La première cible - celles-ci étaient sous formes "humaine" - avait reçu deux balles : une au niveau des côtes, numérotées en cinq. La deuxième cible n'avait reçue qu'une balle - l'autre s'étant perdue dans la terre - au niveau de l'épaule, mais plus proche du vide qu'autre chose. La première cible du lot de trois avait reçu sa balle au niveau de la hanche, les deux autres les avaient reçus dans les mêmes zones : la numéro 8, proche du ventre - ce qui était déjà mieux que les autres. La dernière cible avait reçu son unique balle sur le nez. La scientifique, après avoir constaté l'ampleur des dégâts, retourna auprès du Green Bear. Arrivée près du Sheriff de Niagara Falls, elle posa son arme, croisa les bras et dans une moue boudeuse lâcha :


    "J'ai été minable. Je pense que j'ai besoin de tes conseils maintenant. Et oui, je te promet de m'entraîner dès que je le pourrais. Tu as gagné."

    Cette petite moue boudeuse se transforma en un petit sourire amusé. Ok ok, il avait gagné pour cette fois - et cela ne plaisait pas vraiment à Elizabeth de le reconnaitre mais elle devait bien l'avouer cette fois-ci - mais en même temps c'était son domaine. La jeune femme savait que, même en l'ayant voulut et en s'acharnant, elle n'aurait pas put être meilleure que lui et elle ne le pourrait sûrement jamais ! Mais en même temps, il en était de même dans l'autre sens, avec la science. Quelque part, son labo lui manqua. Elle aimait apprendre mais l'échec lui laissait toujours un goût amer qu'elle n'appréciait pas. Elle comptait sur les précieux conseils de Matthew, - ce traître - pour l'aider à rectifier le tir et à repartir de l'entraînement avec un goût de satisfaction et, qui sait, peut être même une petite envie d'y revenir prochainement.
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Ven 7 Aoû - 20:00

Si Elizabeth semblait éprouver le besoin de se justifier, c’est que le discours de Matthew avait fait mouche, quelque part, et c’était plutôt bon signe : la jeune femme n’avait pas l’esprit assez obnubilé par le fait d’apprendre qu’elle en venait à ignorer tous conseils. En même temps, si cela avait été le cas, Matt aurait bien du souci à se faire, mais là, la scientifique essayait de lui faire comprendre qu’elle voulait se diversifier, étant donné le peu de temps qu’ils avaient devant eux.
Il lui un signe d’assentiment : il était d’accord avec elle, sinon il ne lui aurait même pas permis d’approcher du terrain. C’est juste que c’était compliqué : Matthew était un homme après tout, un meneur, et se faire dicter sa conduite par son apprentie était quelque chose de plutôt étrange. Il ne l’avait pas mal pris, sachant que son amie pouvait se montrer tout à fait passionnée et qu’elle n’avait pas pour habitude de ne pas dire franchement les choses quand elle devait être dites. Si elle ne lui avait pas forcé la main, il aurait peut-être réagi différemment, qui peut savoir ?
N’empêche, à entendre le petit discours de la jeune femme, Matthew songea que si quelqu’un intervenait maintenant, la situation pouvait semblait bizarre. La phrase pouvait être comprise de travers, et ce n’était pas sur que les rumeurs, ensuite, ne filent pas bon train. Mais heureusement, personne ne franchit la porte qui menait à la salle d’entraînement à ce moment là, et Matt put reporter son attention sur Elizabeth. L’avait-il vexé, par son attitude pas franchement enthousiaste ? En tout cas, elle ne laissait rien paraître, puisqu’elle l’écouta sagement alors qu’il lui laissait, pour ainsi dire, quartier libre. Dire qu’il la laissait se débrouiller toute seule aurait été plus juste, à vrai dire.

Mais l’Ours était incapable de dissimuler longtemps l’amusement que sa tentative de rébellion avait créé, surtout devant Elizabeth. Il ne fallut pas longtemps à la scientifique pour qu’elle comprenne qu’il la menait en bateau, et que cette façon de la lâcher dans la nature n’était qu’une tentative de vengeance face à la façon toute personnelle de la jeune femme de le mettre au pied du mur. Il faut avouer que ce n’était pas une tentative des plus discrètes, mais que voulez-vous, Matthew ne pouvait pas attendre que sa vengeance soit refroidie. Il avait une occasion en or, et ce n’était pas certain qu’elle se reproduise.
La jeune femme le dévisagea quelques instants, avant de prendre la parole, faussement menaçante. Elle traita sa tentative de minuscule, et Matthew dût bien reconnaître que c’était très bas. Hé, mais les meilleures vengeances sont toujours celles qui volent le plus bas, c’est bien connu ! Il fallait bien saisir toutes les occasions qui se présentaient, après tout. C’est vrai que c’était petit et traître à souhait, comme elle l’ajouta d’ailleurs. Mais à nouveau, Matthew n’avait pas eu le choix : et puis, au moins, il la ferait réfléchir à deux fois avant qu’elle ne tente à nouveau de lui forcer la main !
Le Green Bear réprima un sourire : ce n’était pas indiqué dans la situation présente, mais la scientifique avait l’air si comique, dans cette attitude faussement outrée, l’index brandit en un geste menaçant. Elle n’était pas très impressionnante, et Matthew la dépassait d’une tête ou deux, sans compter qu’il devait largement peser bien plus qu’elle. D’ailleurs, c’est cette attitude qui le faisait rire sous cape, comme si Elizabeth réprimait les actions malfaisantes d’un petit garçon qui était bien plus impressionnant qu’elle ! Mais il ne voulait pas la vexer et rire ouvertement de son courroux feint, alors il réprima tant bien que mal le fou rire qui lui venait aux lèvres, comme un écolier qui se fait réprimander mais qui n’a cure d’avoir une punition.

Ainsi donc, il était un traître ? La jeune femme se tourna en poussant un soupir exaspéré, faisant doucement rigoler Matthew, fier de son petit tour. C’était stupide et puéril, sans aucun doute, mais en ces temps troublés, titiller Elizabeth était un amusement dont il ne tenait pas à le priver. Il n’avait jamais le dernier mot avec elle, alors, c’était une façon de lui renvoyer la balle. Une façon certes peu chevaleresque, mais une façon quand même !
Il savait qu’elle n’aimait pas se ridiculiser –qui aimait ça, d’ailleurs-, mais l’exercice ne lui serait pas autant défavorable qu’elle le craignait. Déjà, ils n’étaient que tous les deux : Matt ne se serait jamais permis de la tourner en dérision autrement. C’était un petit jeu qui ne regardait qu’eux, et humilier la scientifique était très loin de ses pensées. Et ensuite, cela servirait à Matthew, de voir comment elle se débrouillait. Elizabeth s’apprêtait justement à commencer, et le Green Bear releva ses mains en un pseudo geste de défense quand elle reprit l’arme. Franchement, il savait qu’elle n’allait pas tirer, mais faire mine de le craindre rentrait dans le cadre de leur petit jeu. Il la regarda s’avancer sans se départir de son sourire, l’observant avec attention et retenant à grand peine un commentaire amusé. Elle était concentrée, il n’allait pas s’employer à la déconcentrer : cela, ça viendrait en temps et en heure. C’est fou comme un bruit soudain, grésillement de talkie ou détonation soudaine, pouvait faire bondir un tireur débutant ! La trop grande concentration, sans doute.

L’Ours nota qu’elle avait commencé par bien s’équiper, ce qu’il jugea prometteur. Franchement, mieux valait prendre trop de munitions que pas assez : évidemment, il y avait une limite à tout, mais c’était plutôt bon signe. Puis Elizabeth s’avança lentement, en prenant bien son temps pour comprendre et anticiper les mouvements sur le parcours, cherchant sans doute à connaître ce qui l’attendait, et comment elle aborderait les différents obstacles. Pourtant, elle ne manqua pas de se faire surprendre par la seconde cible, moins visible que la première. Ses tirs passèrent totalement au travers, et Elizabeth sembla accuser le coup : sa démarche s’était faite moins rapide, ses mouvements plus hésitants. Matthew devina qu’elle devait s’en vouloir d’avoir manquer et, malheureusement, c’était un moment de déconcentration qu’elle ne pouvait pas se permettre : déjà d’autres pseudos tireurs avaient débarqués, et la scientifique tira avec moins de précision qu’au début. Il la laissa terminer et analyser ses tirs, avant de s’avancer vers elle, retenant un commentaire moqueur. Devait-il lui dire qu’elle était morte ? Nan, probablement pas : elle risquait de lui en vouloir un peu plus, et puis, elle s’en était sûrement rendue compte toute seule, vu sa mine désappointée et son discours défaitiste.
Matthew soupira et, s’avançant, posa une main sur le menton d’Elizabeth pour qu’elle le regarde. Puis il lui répondit doucement.


"Tu n’as pas été minable : j’avoue ne pas avoir été très pro, sur ce coup. Arrête de t’en vouloir : pour un premier parcours, ce n’est pas si mal ! Tu as touché toutes les cibles, déjà. Ensuite, tu avais anticipé le nombre de balles, et pris un chargeur en conséquence. Et puis, sans avoir jamais eu d’exemple, tu t’es très bien débrouillée. Tu serais surprise du nombre restreint de gens qui font mieux pour un premier essai et eux, ils bénéficiaient d’un visuel. Je fais toujours un parcours avec eux avant, pour leur montrer. Sans préparation aucune, tu as été pas mal. Et surtout pas minable. C’est moi qu’il faut accuser, sur ce coup, Calamity."

Termina-t-il, utilisant le surnom qu’il lui avait donné tout à l’heure. Puis Matthew recula de quelques pas, faisant mine d’examiner le Glock tout en lâchant d’un air indifférent.

"Mais je suis d’accord : j’ai gagné, ce coup ci. Je t’avais dit que j’étais le meilleur ! ."

Plaisanta-t-il, levant le bras dans un geste de défense. Elizabeth n’était peut-être pas très impressionnante comparée à lui, mais il était sur que si elle se décidait à le frapper, elle pouvait faire mal !
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Elizabeth Decker

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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Sam 8 Aoû - 14:15

    Il souriait, Elizabeth le voyait bien. Elle ne se vexait pas : cela faisait partie de leur petit jeu. Il s'amusait, non, ils s'amusaient. C'était quelque chose chez Matthew qu'elle avait toujours apprécié. Il était capable, par son sens de l'humour, ses petits jeux, sa bonne humeur presque toujours au rendez-vous, de faire sourire Elizabeth d'une façon qu'aucun autre ne le pouvait. Briser la glace, faire fondre la neige, il faisait ressortir chez elle ce qu'il y avait de plus chaleureux, de plus humain. Au début, la scientifique avait été déconcertée, un peu effrayée même. Elle avait eut peur de laisser une porte trop grande ouverte à ses sentiments. De souffrir encore une fois si il y avait perte - surtout qu'il était chef des Ours. Parfois même, avec lui comprit, elle redevenait cette femme distante et froide qu'elle était avec tous, pour se détacher de lui. Mais c'était un exercice difficile et au final, il avait toujours le dessus sur cette froideur. Elle ne pouvait que s'ouvrir à lui, un peu, mais bien plus qu'avec les autres. Parfois même plus qu'avec sa soeur, avec qui Elizabeth mettait quelques distances depuis la mort de leurs parents. Un fossé douloureux mais que la scientifique n'osait franchir, sauf pour la protéger. Toujours était il que Matthew la faisait rire, la détendait, lui apportait ce quelque chose d'humain que tout homme et femme a besoin, ne serait-ce qu'un peu. Alors, elle laissait le jeu la gagner. Après, il n'était qu'une exception. Mais peut être un jour, grâce à lui, sera-t-elle capable de s'ouvrir aux autres ? Pour l'heure, ce jour est très lointain. Elizabeth était comme ça, c'était un mécanisme, un système : se fermer aux autres pour ne pas souffrir. Et même avec Matthew, elle gardait encore une certaine réserve, pas encore franchit. Il lui en fallait peu pour reculer, et beaucoup pour avancer. C'était, en quelque sorte, une stagnation émotionnelle.. Dur à expliquer. Et à cela se mélangent les apparences, les rumeurs, les points de vues des uns et des autres...

    Elizabeth repensait à sa prestation. Oui, elle était déçue d'elle-même. Elle comprenait avec encore plus d'importance - si c'était possible - les mots de Matthew et ses conseils. Il était vrai que si elle avait été en situation réelle, elle serait morte ou en voie de mort à l'heure qu'il était. Et on ne parle pas d'éventuelles personnes qui auraient put être avec elle. Elle se revoyait, faire cette même et stupide erreur : celle d'avoir peur d'une cible qui s'élève et la manquer. Avec le recul, elle se dit qu'elle aurait dut prendre encore un chargeur supplémentaire, et ne pas hésiter à finir la cible quitte à la cribler de balles. Parce que si ça avait été un réel ennemi, elle n'aurait pas passé son chemin ainsi. Le seul tir dont elle était à peu près satisfaite, c'était celui de l'avant dernière cible, qu'elle avait pas trop mal réussie. Sinon, tout le reste était très moyen. Et dire que, en situation réelle, elle aurait été face à des machines plus qu'à des hommes, ce qui aurait été d'autant plus dur à détruire. Fort heureusement, elle avait bien étudié les fiches de chacune des machines ennemies de la base et elle connaissait ainsi bien leurs points faibles.

    Toujours fut il que, lorsqu'elle retourna auprès de Matthew, elle ne savait trop à quoi s'attendre. Des rires ? Des "je te l'avais dit" ? Ou un regard un peu plus critique ? Elle avait la mine basse d'une enfant déçue, les lèvres légèrement boudeuses, lorsqu'elle attendit à ses côtés. Elle fut étonnée de sentir une main relever son menton, mais plus encore par cette voix qui lui parut à la fois douce et très réconfortante. Elle releva alors les yeux et plongea son regard dans celui de Matthew, l'écoutant attentivement, peut être plus que jamais. Elizabeth avait toujours été tellement exigeante envers elle même, qu'elle ne s'accordait pas vraiment le droit à l'erreur. Matthew, ici, le lui apprenait. Il lui faisait voir le bon côté des choses et elle se sentit mieux ainsi. Mais tout de même, la jeune femme tenta de se rappeler depuis quand, et pourquoi, était elle devenue si exigeante. Certes elle l'était plus depuis qu'elle était entrée dans la Résistance mais elle l'était déjà auparavant, avant même la mort de ses parents. Cela devait remonter au collège. Oui, elle se rappelait maintenant. Les autres enfants. Ils n'étaient pas tendres avec elle. Pourquoi ? Parce qu'elle avait sauté de classe et qu'elle était la plus petite bien sûr. C'était tellement plus facile de s'en prendre aux plus petits. Elle recevait trop de quolibets, trop de méchancetés. Et elle avait décidé d'être la meilleure pour leur prouver qu'elle était plus forte. Ça avait été sa manière de résister. Oui, elle s'en souvenait bien maintenant. Et bien en quelques instants, c'était comme si Matthew avait fait disparaître ses mauvais souvenirs. Il lui redonnait confiance et détermination. C'était étrange tout de même. Elizabeth avait toujours été une femme déterminée et elle l'était à quatre-vingt-dix pour cent de son temps et, quasiment à chaque fois, les dix pour cent restant c'était Matthew, Joy ou Devon qui lui redonnait cette détermination presque sans faille. Les rares a qui elle laissait un peu d'espace dans son coeur. Elle, et le destin, les avaient bien choisit.

    Toujours fut il que, pour clore cette petite note de "remonte-morale", Matthew ne put s'empêcher de jouer les coq. Il avait gagné hein ? Alors qu'il levait déjà le bras, Elizabeth asséna un petit coup sur sa masse musculaire. Sûr qu'elle ne risquait pas de lui faire mal... Sauf qu'il avait laissé libre accès à ses côtes que la scientifique ne se gêna pour piquer du bout des doigts comme si elle détenait un glaive. La glace était brisée. L'espace de quelques instants, la jeune femme quitta cette carapace de scientifique froide et distante pour redevenir la Elizabeth qui sommeillait toujours en elle, une femme vivante et pleine de joie de vivre. Ces petits moments étaient tellement rares en ces temps de guerre. S'amusant toujours, elle ne put s'empêcher de lui sauter sur le dos dans un cri d'attaque. Éclatant de rire, Elizabeth avait bien conscience qu'elle ne devait pas peser grand chose sur le dos de l'Ours, mais la situation était amusante.


    "Oh oh ! Tu vas voir qui a gagné ! Hein ? On fait moins le malin, Monsieur l'Ours Vert !"

    Un autre éclat de rire. Il y avait bien longtemps qu'Elizabeth n'avait pas rit. La dernière fois c'était... elle ne savait plus vraiment. Il y avait eut une fois, dans le labo, avec Devon, mais à vrai dire c'était à propos d'un blague que seuls les femmes et les hommes de sciences pouvaient bien comprendre. Et puis ça avait eut quelque chose de trop solennel encore, trop impersonnel, trop... professionnel en fait ! Avec Joy... il y avait trop longtemps qu'elles ne s'étaient pas retrouvées seules, rien qu'elles d'eux, Elizabeth la fuyant autant que possible, pour qu'elles aient eut un vrai fou rire une fois. Non, ce petit moment tellement apaisant était l'un des premiers depuis longtemps pour la jeune femme, alors elle le savoura vraiment. Il était fort probable que, d'ici quelques minutes, elle remettrait en place ses barrières, qu'elle redeviendrait la scientifique, mais pour l'heure, elle se contentait de profiter de cet instant rare et privilégié.

    Ça y est, c'est finit. Elizabeth était assise sur le sol, haletant et finissant de rire. Il était l'heure d'arrêter leur petite chamaillerie. A vrai dire, ils leurs restaient peu de temps, peut être juste assez pour quelques conseils de Matthew. Après quoi, il s'en irait, vaquant à ses occupations, elle essaierait probablement une dernière fois puis irait se préparer pour reprendre son activité, enfermée dans son labo. Le retour à la réalité s'annonçait moins joyeux, mais ils rempliraient leurs devoirs avec sérieux. La jeune femme se releva et s'épousseta un peu. Un dernier sourire complice à Matthew, un regard furtif à sa montre confirmant qu'il restait peu de temps, puis elle releva les yeux vers lui pour lui demander :


    "Alors Sherrif, les derniers conseils pour que je m'en sorte ?"
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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Sam 8 Aoû - 17:25

Matthew essayait de lui remonter le moral, bien sûr, mais il espérait qu’elle comprendrait que ce n’était pas que ça. Il était bien mal placé pour le dire, mais parfois, chercher à atteindre la perfection à tout prix n’était pas une bonne idée. Malheureusement, il faut bien débuter un jour, et si tout le monde était doué dès le début, les instructeurs, professeurs et autres professionnels de l’apprentissage auraient eu bien du souci à se faire ! Il ne voulait surtout pas qu’Elizabeth se mette martel en tête : certes, elle n’avait pas réaliser un score qui resterait dans les annales, mais il faut bien dire que les conditions n’étaient pas extrêmement favorables. Et puis, c’était son premier essai, il ne fallait pas l’oublier.
C’est sur, elle voulait être la meilleure. Elle était même un peu trop perfectionniste pour son bien, mais Matthew pensait qu’il en était de même pour tous les gens intelligents et passionnés. Il ne connaissait pas tellement sa vie d’avant, et elle ne s’était guère épanchée sur le sujet, mais l’Ours pensait qu’il s’agissait d’un problème plus profond. Enfin, il n’était pas psy, il y en avait assez sur la base pour qu’il n’ait pas à se mêler de faire leur travail, et il n’allait pas tenter de comprendre ce qui motivait la scientifique à faire preuve d’une telle exigence envers elle-même. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était lui faire comprendre qu’elle n’était pas aussi peu douée qu’elle le craignait et pour ça, il n’avait guère à se forcer. Le leader des Green Bears faisait rarement des compliments pour le simple plaisir d’en faire, et ce qu’il avait dit à la jeune femme était sincère. Il espérait que cela suffirait à lui remonter quelque peu le moral, surtout que pour le coup, il ne se sentait pas très fier de lui de la voir aussi déçue : après tout, il avait, comme il le disait si justement, lui aussi une part de responsabilité dans cette affaire.

Matt termina son discours sur une note plus légère. Il ne résistait pas longtemps à l’attrait de sortir une blague ou une petite pique, c’était un peu sa marque de fabrique pour mettre à l’aise ceux qu’il côtoyait en général. Comme il s’y attendait, Elizabeth le frappa doucement, rencontrant son bras qu’il avait placé là en geste de défense. Seulement, le Green Bear ne s’attendait pas à ce qu’elle profite de sa garde trop relevée pour continuer à attaquer ! Elle titilla ses côtes laissées sans défense à petits coups de doigts, et l’Ours, vaincu par ce chatouillement, se baissa légèrement. Il n’en fallu pas plus à la jeune femme pour se jeter sur son dos en lançant un cri de guerre digne des plus grands films de cow-boys et d’indiens, en lui disant que du coup, il devait se sentir bien moins fier, vaincu comme il l’était.
Matthew se joignit aux éclats de rire d’Elizabeth, cherchant à se débarrasser d’elle sans pour autant le faire trop rudement. Elle n’était pas très lourde, mais il n’allait pas se laisser faire, non mais ! Il y en allait de son honneur de mâle, et il était impensable qu’elle ait le dernier mot désormais. Le rire de la jeune femme résonnait agréablement à ses oreilles, et l’Ours goûta avec joie ces quelques minutes de complicité et de fous rires partagés. Cela se faisait plutôt rare ses derniers temps, et il savourait ce moment avec toute l’avidité de quelqu’un qui sait que cela ne se reproduira pas rapidement.
Elizabeth continuait à le titiller tout en l’en serrant de ses bras, mais Matthew trouva le moyen de s’en débarrasser sans trop de casse. Se mettant à genoux tout en se penchant en avant, il la fit passer par-dessus son épaule et elle se retrouva assise par terre, tandis qu’il s’asseyait en face d’elle, reprenant son souffle malmené par le fou rire qui l’avait pris. Ils étaient assis l’un en face de l’autre, tous deux haletants et le sourire aux lèvres, et Matthew profita de ce retour au calme pour détailler la jeune femme. Elle était quelque peu décoiffée par leurs chamailleries, mais ça lui allait bien, ça changeait agréablement de son air plutôt strict quand elle travaillait.

Il la regarda se relever et épousseter ses vêtements mis à mal par la poussière du terrain, et son coup d’œil furtif à sa montre n’échappa pas au regard acéré du Leader Ours, qui jeta lui aussi un regard à sa montre. Il était presque l’heure de se remettre au boulot, quoique celui-ci consista, pour le moment, à un débriefing matinal avec les Green Bears autour d’un petit déjeuner, pour ceux qui avaient fini leur garde la matinée. Après il avait quelques points de passage à inspecter, avant d’essayer de dormir une heure ou deux avant son quart de l’après-midi. Une journée bien remplie, en quelque sorte, mais qui avait commencé de manière fort agréable.
Elisabeth et lui échangèrent un regard complice, avant que la jeune femme ne lui demande quelques derniers conseils pour le futur. Matthew s’étira largement avant de répliquer d’un ton faussement boudeur.


Ca me saute dessus et après ça me demande des conseils !

Mais ses yeux pétillaient de gaieté quand il releva son regard vers la scientifique tout en indiquant :

Tu devrais peut-être faire un tour au niveau moins trois et te trouver une arme personnelle. Je ferais passer le mot pour qu’ils te laissent entrer, ou alors, tu attends ce soir et je devrais avoir un peu de temps à t’accorder pour t’en trouver une. Parce le Glock est peut-être bien, mais c’est le mien !

Lança-t-il avec amusement, tout en mettant une main protectrice sur l’arme avant de reprendre :

Tu verras, un changement d’armes peut s’avérer totalement bénéfique parfois, surtout sur le parcours. Mais je te laisse la mienne pour l’instant, je suppose que tu vas t’entraîner encore un peu. N’en fais pas trop, d’accord ? Et sinon, tu as très bien agis : le seul problème, c’est que tu te laisses facilement distraire. Peu importe que tu loupes une cible, elle doit sortir de ton esprit et tu dois te consacrer à une autre. Mitrailler un seul ennemi ne signifie pas que les autres vont t’ignorer, malheureusement ! Je sais que c’est compliqué de se dire qu’on laisse un danger potentiel derrière soi, mais il arrive que l’on n’ait pas le choix… et puis, les coéquipiers sont aussi là pour te soutenir !
Ne te concentre pas trop sur quelque chose aux dépends de toutes les autres, voilà. Et ne te laisse pas déstabiliser par l’échec, surtout. C’est très fréquent de baisser de niveau après de longues heures d’exercices : l’apprentissage n’est pas un escalator, c’est plutôt comme un escalier, avec des paliers de stagnations.
Et si tu loupes quelque chose, au lieu de t’acharner, vient demander. Je suis disponible quand même, tu n’auras qu’à demander aux gars où je suis. C’est curieux, parfois, on dirait que mes propres hommes savent mieux que moi mon planning de la journée !


Plaisanta-t-il, un air perplexe sur le visage. Car ce n’était pas faux : les Greens Bears savaient parfois mieux que lui où il était censé se trouver, et cela s’avérait assez destabilisant parfois, d’être aussi prévisibles pour eux. Mais bon, c’était leur job après tout, de connaître les allées et venues des membres de la base, et ils s’en acquittaient avec une grande efficacité !

Et aussi, soit plus prudente. Marcher doucement, c’est bien, mais n’oublie pas de te mettre à couvert ! Les différents éléments du décor sont là pour ça, après tout. Mais je ne m’en fais pas trop, je sais que tu feras attention. Et tu es plutôt douée… mais ne le répète pas sur tous les toits, d’accord ? Je n’ai pas envie d’être envahi par une multitude d’apprentis tireurs qui ne demandent qu’à t’égaler. Et n’oublie pas de t’entraîner au tir !

Prévint-il une dernière fois, avec sérieux cette fois-ci. Mais comme il l’avait dit, il ne s’en faisait pas trop pour Elizabeth : il avait toute confiance en elle. Sans oublier qu’il s’était promis de suivre ses progrès avec régularité, même si son emploi du temps risquait de chambouler la notion même de constance. Mais on faisait avec ce que l’on avait, après tout !
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Elizabeth Decker

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MessageSujet: Re: Séance matinale [Terminé]   Dim 9 Aoû - 21:20

    Bien qu'il l'ait fait basculer par dessus, Elizabeth était bonne joueuse et aida Matthew à se relever, avec le sourire s'il vous plaît ! Il souligna alors le fait qu'elle lui demande conseils après une embuscade - qui était bien méritée ceci dit ! - et la jeune femme ne put que faire une petite moue de la bouche, hausser les épaules, levant les paumes vers le haut, les yeux eux même rivés vers le ciel, tout cela avec un air on ne peut plus innocent. Soudain, Elizabeth perçut quelque chose dans son regard. Un mélange d'espièglerie et de gaieté, qui la toucha plus qu'elle ne l'aurait cru. L'idée d'être à l'origine de ce petit quelque chose de pétillant dans les yeux de son ami lui fit chaud au cœur. Elle en fut quelques instants troublée, sans vraiment savoir pourquoi. Parfois, l'humain est juste heureux de rendre heureux, et c'est, au fond, peut être l'une des plus grande satisfaction. La jeune femme entreprit cependant de reprendre contenance et attention, afin d'écouter ce qu'avait à lui dire le Green Bear, le Maître tireur.

    Le niveau moins trois ? Elle n'y avais jamais mit les pieds. Elle n'en avait jamais vue l'utilité et, à vrai dire, il y avait pleins de recoins dans la base que la scientifique n'avait pas visité, par manque de temps ou d'intérêt. Le niveau 3 et son armurerie en faisaient donc parties. Il était vrai qu'hormis les lieux de vie - le réfectoire, la salle de repos, les dortoirs,... - son bureau, son laboratoire et ceux d'autres dirigeants et collègues, elle n'avait pas été ailleurs. Peut être un jour la curiosité ou - comme le cas présent - l'utilité l'y pousserait, mais pour l'heure, ses lieux lui resteront inconnus. Ceci dit, il était vrai qu'Elizabeth ne souhaitait pas subtiliser à Matthew une arme qui lui était utile chaque jour et elle avait pour dessein de s'en procurer une à ce fameux niveau moins trois. Lorsqu'il lui proposa de garder son arme pour l'heure, la scientifique s'apprêtait à refuser mais elle se retint, se remémorant sa promesse de s'entraîner encore un peu, et se promit par la suite qu'elle irait le lui rendre plus tard dans la journée.

    Pour ce qui était du reste, ce n'était qu'une flopée de conseils plus importants les uns que les autres. Elle les retenait avec une grande précaution, ne voulant pas en perdre une miette. Elle devait passer pour la petite élève sage et à l'écoute mais au fond, elle l'avait toujours été ! Ainsi que passionnée, bavarde, déterminée et avec une bonne participation en classe. Mais nous avouerons qu'en ce domaine elle en connaissait bien trop peu pour pouvoir converser et, qu'en plus, nous ne sommes pas là pour refaire ses bulletins scolaires.

    Matthew enchaîna sur une petite remarque amusante. Il était vrai que pour Elizabeth, tous savaient toujours où elle était. Comme dit précédemment, il n'y avait que peu d'endroits qu'elle privilégiait. En revanche, elle était étonnée. A chaque fois qu'elle cherchait Matthew elle mettait soit de longues minutes avant de parvenir à le trouver, soit elle cherchait longtemps pour rien car il était en mission. C'était peut être la malchance, mais bon, Elizabeth ne le cherchait pas si souvent que ça non plus, donc c'était peut être normal.

    Enfin, il lui conseilla d'être prudente et il était vrai que sur ce coup là, elle en avait oublié les notions, tant elle voulait réussir ses tirs. La prochaine fois, elle ferait bien attention au décor qui l'entour pour pouvoir l'utiliser à bon escient. Elizabeth, qui écoutait toujours, ne disait mot mais acquiesçait sans arrêt, pour signaler son attention et son accord. Après quoi, elle tourna ses yeux vers le parcours, comme si elle souhaitait se visualiser d'avance comment elle ferait la prochaine fois ou, où les ennemis pourraient se cacher pour la surprendre. Heureusement qu'elle connaissait bien les machines et qu'elle avait travaillé dessus à l'époque ou elle était au service de l'armée car, grâce à ses connaissances, elle savait quelles techniques de combat utilisaient les machines et pouvaient même, avec un peu de chance et de calcul, anticiper certaines de leurs attaques. Car ses engins fonctionnaient avec logique, et non avec instinct, ce qui leur donnait un certain désavantage lors du combat - désavantage, précisons le, qui était contrebalancé par les technologies qu'elles possédaient et qui étaient bien supérieures aux sens d'un homme.

    Jetant un nouveau coup d'oeil à sa montre, la jeune femme constata que Matthew la quitterait d'ici quelques instants. Elle tenait donc à lui témoigner sa gratitude avant qu'il ne la quitte :


    "Merci infiniment Matthew. C'était important pour moi et tu m'as consacré de ton temps. Merci encore. Et bon courage dans ta journée."

    Elle lui fit un dernier sourire, chaleureux, aimable, amical et, sur ces mots, elle le laissa s'en aller. Elle même ne resta pas très longtemps. Juste le temps de s'entraîner assidument aux cibles, pour progresser. Elle voulait d'une part tenir sa promesse et, d'autre part, s'améliorer pour rattraper les étapes qu'elle avait "brûlé". "Réfléchir sans même y penser", tels avaient été les mots du Green Bear. Elle devait donc rendre la chose naturelle pour elle et, elle le savait, elle y arriverait pas à pas. D'ailleurs, après quelques minutes, elle eut l'impression d'avoir une meilleure dextérité et une meilleure visée, ce qui la rendit assez satisfaite. Elle reviendrait pourtant plus tard, il était l'heure d'y aller. Elle rangea les équipements et changea les cibles pour les prochaines personnes qui viendraient s'entraîner. Puis elle remonta au dortoir, se lava et se changea avant de s'enfermer, une fois de plus, dans bureaux et laboratoire.



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Séance matinale [Terminé]

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