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Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]

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Elizabeth Decker

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- Observation et Analyse (Esprit Perspicace)

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MessageSujet: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Lun 10 Aoû - 17:30

    De la complicité à la discorde, il n'y a parfois qu'un pas...

    Elizabeth Decker était assise derrière son bureau. Elle portait un tailleur gris foncé, tellement qu'il paraissait presque de couleur marine. Dessous, une petite chemise à manches courtes, blanche. Elle enleva la veste, ayant trop chaud. Une pile de dossier s'élevaient sur le côté gauche du bureau, et sur le côté droit, des fiches et papiers en tout genre. Derrière elle, accrochée au mur, une horloge ronde, noire et blanche, qui émettait un fin "tic-tac" au fur et à mesure que l'aiguille se déplaçait en cercles continus tout autour du cadran. Les baies vitrées laissait une fenêtre ouverte sur le "monde extérieur". Une lumière fine, non naturelle, filtrait au travers, venant du couloir. Tout paraissait lisse, calme, propre et très bien organisé. Mais sous cette apparence, Elizabeth fulminait. En se dirigeant vers son bureau, elle avait croisé une jeune recrue Green Bear. Elle lui avait ordonné d'un ton sec qui ne laissait place à aucune discussion que cette recrue aille chercher son Leader, Matthew Carson, et qu'il lui dise de retrouver la scientifique dans son bureau pour une affaire de haute importance.

    Voici la situation. Il y avait à peine plus d'une semaine de cela, une patiente d'Elizabeth, une Green Bear du nom de Willow Daugherty, avait endommagé de façon assez sérieuse ses deux prothèses de bras lors d'une mission périlleuse. Elle avait donc subit une opération pratiquée par Devon et Elizabeth dans le but de lui réparer ses bras mécaniques et d'actualiser la puce implantée sur son système nerveux afin que le tout fonctionne correctement. La jeune femme était resté au lit quelques jours seulement et Elizabeth lui avait fortement interdit les missions pendant deux semaines. Voilà cependant que, tandis qu'elle se rendait à son bureau, elle entendit la jeune recrue de tout à l'heure discuter avec un autre. Voici ce que furent à peu près ses mots :


    "Tu aurais vue Willow tout à l'heure, je ne l'avais jamais vue comme ça. Je pensais que c'était une femme très prudente et réfléchie, mais ce matin, elle a supplié Matthew pour aller en mission, et elle a eut gain de cause. Elle devrait faire gaffe à ses bras quand même, ça à l'air encore frais cette affaire !"

    Elizabeth, qui était loin d'être le genre de femme à écouter les conversations des autres, n'avait pourtant pas put laisser une information comme celle-ci échapper à son oreille. La moutarde lui était tout de suite montée au nez, et alors elle avait donné ses ordres avant de faire demi-tour pour retourner à son bureau. Sa main gauche posé contre le bureau de bois, ses longs ongles claquaient frénétiquement, les uns après les autres, avec un petit bruit sec qui en disait long sur son exaspération. Elle attendait avec une impatience non dissimulée Matthew. Tous les bons moments passés ensemble, les fous rires lors de l'entraînement, la complicité... tout avait disparu en un instant ! Ne l'obsédait plus que Willow, partie en mission avec l'accord de Matthew, sans même l'avoir consulté et allant à l'encontre de SES indications. Elizabeth agissait de façon maternelle et protectrice avec ses patients, mais parce qu'elle se sentait complètement responsables d'eux. Elle n'aimait donc pas que l'on mette cette responsabilité en doute. Et si la jeune femme était blessée ? Et si elle ne revenait pas parce qu'elle ne maîtrisait pas encore parfaitement les nouveaux engins ? Non, la scientifique ne pouvait laisser passer cela ! Même à son ami.

    La tension montait. Plus elle y pensait, plus son coeur se soulevait lors de respiration profonde visant à retrouver son calme, et plus elle sentait une colère incontrôlable monter, son coeur battant comme un tambour dans sa poitrine. C'était une sensation très forte, comme elle n'aurait jamais cru en éprouver d'aussi intense à l'encontre de Matthew. Elle avait déjà été en colère, mais pas pour ce genre de raison, et c'était comme si, pour fêter l'évènement, tout son corps y mettait du sien pour faire monter l'électricité. Vous savez, c'est le genre de situation ou vous vous imaginez le dialogue qui pourrait avoir lieu, les réponses évasives et dénuées de sens de l'interlocuteur, pour essayer de mieux le comprendre mais qui, au final vous rendrait encore plus furieux après lui. C'était à peu près cela que ressentait Elizabeth, mais elle le prenait plus à coeur encore. En fait, c'était comme si, parce qu'elle lui avait permis de l'approcher, Matthew n'avait pas le droit à de pareil erreurs et qu'elle le lui pardonnait moins que si cette erreur avait été commise par quelqu'un dont elle se fichait. Cela vous touche forcément plus quand c'est quelqu'un en qui vous croyez qui commet l'erreur. Tiens justement, le "fautif" fit son entrée. Tout d'abord Elizabeth ne dit rien. Elle le regardait de ses yeux profonds, avec plus de froideur que jamais. Pas de dédain, pas d'animosité, mais ce quelque chose de froid, de rancunier, le genre de regard que vous n'aimeriez pas que l'on pose sur vous. N'oubliant pas ses bonnes manières, Elizabeth articula avec lenteur, d'un ton glacial qui s'accordait fort bien à son regard :


    "Bonjour."

    Sa poitrine se gonfla sous sa respiration. Une fois, deux fois, trois fois... Puis elle n'y tint plus ! Il fallait que ça sorte. Jusque là, elle avait tenue, comme une bombe à retardement, et désormais c'était l'heure ou le tic tac annonciateur laissait place à l'explosion fatidique ! Elizabeth avait pourtant tout fait pour garder calme et sang froid, mais cela lui avait été impossible de le faire plus longtemps et c'était comme si, en voyant l'air si innocent de Matthew, elle avait été encore plus exaspérée par la situation. Se levant et plaquant ses mains à plat contre son bureau, dans un bruit mat, elle lâcha finalement avec une colère non dissimulée :

    "Peux tu bien me dire ce qu'il t'est passé par la tête ? Tu sais très bien que Willow vient de subir une opération et qu'elle n'était pas prête à retourner en mission ! Es-tu si primaire pour que les pleurnichements d'une jolie fille suffisent à te convaincre de la laisser courir tous les dangers, oubliant toutes mes recommandations ?!? D'ailleurs, comment as tu osé remettre en doute mes instructions, sans même m'en demander l'avis et l'accord ? Je n'arrive toujours pas à y croire !!!"

    La jeune femme le fixait de toute sa hauteur, avec un quelque chose d'à la fois impérial et extrêmement accusateur dans le regard, et dans toute l'expression du visage. Je vous l'ai déjà dit, Elizabeth peut être un vrai livre ouvert lorsqu'elle laissait ses sentiments parler pour elle, au travers du langage de son corps. Et il n'y avait pas besoin d'être un petit génie pour comprendre qu'elle était hors d'elle, avec cette expression à la fois rancunière et interloquée sur le visage. Pour sûr, Matthew n'allait pas passer en sa compagnie, l'heure la plus heureuse de sa vie...


Dernière édition par Elizabeth Decker le Ven 14 Aoû - 23:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Lun 10 Aoû - 18:25

Matthew, comme à son habitude, était de quart avec l’un de ses Green Bear. Appuyé sur une table pliante, il mettait la dernière main à un rapport tandis que, derrière lui, son collège lui racontait par le menu tout ce qu’il avait fait depuis son dernier quart. Le leader l’écoutait d’une oreille distraite, relevant parfois la tête lorsqu’une anecdote se révélait plus croustillante que les autres. Celui avec qui il partageait son tour de guet n’était pas depuis très longtemps dans l’équipe, et c’était Zachary qui se chargeait en général de l’encadrement des nouveaux, mais Matt aimait bien passer un peu de temps avec eux, ne serait-ce que pour les entendre raconter leur vie, les briefer sur deux-trois choses en privé ou les aider à s’intégrer, tout simplement. Là, question conversation, il était servi ! Mais ça ne le dérangeait pas plus que ça, et puis, l’autre avait un sens de l’humour particulièrement sarcastique.
Le leader achevait une des dernières phrases quand une jeune fille de l’équipe l’interrompit. Matthew la regarda, intrigué : elle était censée se reposer, et ne pas venir les relever avant plusieurs heures. Elle semblait un peu essoufflée, et l’Ours attendit qu’elle reprenne suffisamment son souffle pour qu’elle puisse lui expliquer qu’Elizabeth l’attendait dans son bureau pour une affaire urgente. La jeune fille ajouta d’ailleurs qu’elle ne l’avait pas trouvé très sympathique, et passablement sèche. Matt eut un léger sourire avant de l’envoyer chercher Zac qui, du coup, viendrait le relever un peu plus tôt que prévu.

En attendant la relève, Matthew réfléchit à ce que pouvait bien lui vouloir la scientifique. Il avait beau réfléchir, il ne voyait pas. Elle avait eu un problème avec son entraînement au tir ? Non, elle serait venue le voir directement dans ce cas là. Un problème avec un cyborg, peut-être ? Willow ? Non, ça ne devait pas être ça non plus, la jeune Green Bear n’avait aucun problème, il l’avait encore vu ce matin. Non, décidément, il avait beau se creuser la cervelle, il ne voyait vraiment pas. Le seul moyen d’en être sûr était de se rendre à cette convocation, sans doute.
La relève arriva et Matt se dirigea vers le bureau de la jeune scientifique, renonçant d’ailleurs à chercher la cause de cette entrevue urgente. Le fait qu’Elizabeth n’ait pas paru sympathique n’était même pas un indice, non : elle était souvent froide et distante avec les autres, même avec lui parfois. Oh et puis, il verrait bien !

Tout de même, Matthew se composa une mine de circonstance avant de frapper à la porte du bureau : il avait l’air d’un agneau innocent et, de ce fait, ne pensait pas à avoir quelque chose à se reprocher. C’est donc avec un demi-sourire et une lueur intriguée dans les yeux que Matthew « blanc comme neige » Carson ouvrit la porte du bureau de la scientifique. Les lieux ne lui étaient guère familiers, mais il était déjà venu : il balaya du regard le bureau puis Elizabeth, sentant confusément à quel point elle emblait nerveuse. Ou énervée, il n’aurait pas su le dire : en tout cas, quelque chose clochait. Avec lui, apparemment. Mais le problème, c’est qu’il ne savait pas quoi ! Il supporta en silence le regard glacé de la jeune femme, un regard qui aurait fait se sentir tout petit même un éléphant, voire un Terminator, et qui lui était clairement destiné. Comme à chaque fois que quelqu’un vous lance ce regard froid et rancunier, les rouages du cerveau de Matthew se mirent en route pour déterminer sa ligne de défense. Seulement, de quoi était-il coupable ?
Elizabeth ne le laissa pas longtemps dans l’expectative, cependant. Après un bonjour articulé avec fraîcheur, elle passa directement au vif du sujet. Et apparemment, ledit sujet avait le don de la mettre sacrément en rogne : Matt ne l’avait jamais vu aussi énervée tandis qu’elle se dressait là, telle une déesse de la vengeance, les deux mains posées à plat sur son bureau et le regard plus accusateur que jamais.
En tout cas, il avait sa réponse : c’était bien Willow le problème… enfin, c’est ce que lui avait dit à Willow, plus précisément. Elizabeth était hors d’elle, furieuse qu’il ait laissé la jeune fille repartir si vite en mission, sans même la consulter. Effectivement, le leader s’en rappelait maintenant, la scientifique lui avait bien spécifié d’attendre avant de renvoyer la jeune cyborg en mission. Mais…

L’Ours attendit, impassible, que la tempête Elizabeth s’abatte sur lui. Quand elle était aussi énervée que ça, ça ne servait à rien d’essayer de l’interrompre, c’était une tentative vouée à l’échec. Il attendait qu’elle reprenne son souffle et le laisse s’exprimer, son regard calme et plein d’innocence posé sur le visage de la scientifique. A vrai dire, il ne se sentait absolument pas coupable. Certes, il avait laissé Willow repartir, mais elle allait bien, et il n’y avait rien de périlleux dans sa mission : il la considérait avec une énorme tendresse, cette jeune fille, jamais il ne l’aurait laissé repartir sur le terrain s’il avait eu un quelconque doute. Evidemment, il n’avait pas averti Elizabeth, jugeant que ce n’était pas la peine : c’était sa recrue, son équipe, pas la peine de chercher plus loin.
D’ailleurs, il en fit par à la jeune femme d’un ton patient.


J’ai jugé qu’elle était prête, voilà ce qui m’est passé par la tête. Et ce n’est pas seulement parce qu’elle est jolie que je l’y ai autorisé !

Lança-t-il, l’air outré et quelque peu accusateur. Non mais, qu’est-ce qu’Elizabeth s’imaginait ? Qu’il se faisait mener en bateau par ses hommes, tout ça parce que Willow avait des avantages plutôt considérables ? Mais Matt décida de ne pas accorder d’importance à cette accusation d’Elizabeth : c’était la colère qui la faisait parler, rien d’autre. C’est donc d’un ton encore plus doux qu’il reprit :

Et je n’ai pas remis en doute tes instructions, je les ai seulement interprétées. Tu m’avais dit de la mettre au repos, je l’ai fais : ce n’est qu’une mission de routine. Elle avait besoin de bosser et de prendre l’air, je n’allais pas la garder cloîtrée à la base sous prétexte que tu avais peur pour elle. Plus vite elle reprendra une activité normale, mieux elle ira : tu connais peut-être la technologie sur le bout des doigts, moi, je connais mes hommes.

Matthew la regarda d’un air totalement serein, l’air toujours aussi innocent. Non, vraiment, il ne voyait pas le mal : bon, peut-être qu’il aurait du en toucher un mot à Elizabeth, mais ça lui était complètement sorti de la tête. Et puis, il n’y avait pas vraiment mort d’homme ! D’ailleurs, Matthew l’indiqua à la scientifique :

Tu fais une montagne d’une motte de terre : je sais ce que je fais. J’aurais peut-être dû te le dire, c’est vrai, mais j’avais dans l’idée que tu réagirais à peu près comme ça, et j’ai oublié. Je ne recommencerais plus.

Conclut-il avec tout l’air de quelqu’un qui ne pense absolument pas ce qu’il dit.
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Elizabeth Decker

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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Lun 10 Aoû - 19:17

    Elizabeth l'écoutait d'une oreille distraite tandis qu'il essayait vainement de se justifier. A vrai dire, elle était tellement hors d'elle, qu'elle était coupée à tout dialogue. Rien de ce qu'il aurait put dire n'aurait put calmer sa colère. Elizabeth n'était pas si souvent en colère, mais lorsqu'elle l'était, c'était en général pour des raisons valables - ou du moins des raisons qu'elles croyaient valables - et d'une gravité assez élevée pour qu'elle se mette dans un tel état. Dans sa tête, cela allait au-delà d'un homme qui avait laissé une femme reprendre ses activités. C'était de la négligence, de l'imprudence et de l'irrespect envers son travail aussi. Il s'agissait là d'une vie de laquelle Elizabeth était aussi responsable que lui. Alors non, les paroles de Matthew n'auraient pas put la calmer, mais, à l'inverse, elles la contrarièrent encore plus. Cette façon qu'il avait de la mettre sur la touche en départageant leurs capacités respectives, cette façon de dédramatiser la situation en faisant passer la réaction d'Elizabeth pour exagérée et, pire encore, cette façon peu convaincante et presque passive de s'excuser. Ou l'on campait sur ses positions en refusant d'admettre ses torts - et pourtant, dieu sait combien la scientifique était têtue et n'aimait donc pas qu'on lui tienne tête - ou on s'excuse avec sincérité, mais plus encore que d'être contredite, Elizabeth détestait par dessus tout que l'on nage entre deux eaux. C'était une des choses que ses parents lui avaient toujours inculqué, celle de restait toujours honnête, droit et fidèle à soi-même. Hors, si il n'avait pas appartenu au Green Bear, Elizabeth se serait surprise à penser qu'il esquivait comme un serpent. L'espace d'un instant, un éclair noir apparut dans ses yeux lorsqu'elle lui répondit avec véhémence, jouant sur les mots pour gagner du terrain :

    "Pas seulement parce qu'elle est jolie ? Tu insinues que ça a put jouer ? Le repos ne signifie pas risquer sa vie hors de la base en l'envoyant dans des missions dangereuses ! Tu n'avais aucun droit de contredire mes ordres ! Et pour ta gouverne je n'ai pas peur pour elle : je suis Responsable d'elle ! Au moins autant que toi ! Et comme tu dis si bien, je connais la technologie sur le bout des doigts. N'as-tu jamais remarqué que Willow fonctionne avec une partie d'elle qui est mécanique ? De plus, connaître tes hommes ne te sert à rien contre un avis médical : je les connais anatomiquement parlant et si je jugeais Willow incapable de reprendre ses missions pour l'heure, tu n'avais pas à le contredire. Et par pitié évites-moi tes excuses, à condition de leur donné un semblant de sincérité !"

    Le ton de sa voix était celui d'une femme exaspérée, tandis que le débit de sa conversation s'accélérait, ponctuant les mots les plus importants à ses yeux ! Cela devait être assez déstabilisant, de passer ainsi de la glace à l'explosion, surtout pour quelqu'un comme Matthew, qui avait eut la chance de voir les bons côtés d'Elizabeth. Mais à l'heure d'aujourd'hui, elle ne laissait aucune chance au Green Bear, comme si la moindre faute était sanctionnée, sans indulgence. Elizabeth avait toujours les mains appuyées, de tout leur plat, sur son bureau et elle n'était pas décidée à les décoller ou à se rassoir. Dans ce genre de situation, elle avait un tel besoin d'extérioriser ce qu'elle pensait qu'elle le faisait au travers de mots durs et d'un langage du corps cassant. Vous vous apprêtez à voir chez Elizabeth ce qu'il peut y avoir de plus négatif. En effet, lorsqu'un débat - ici plutôt une dispute - la touche particulièrement, elle peut se montrer injuste et blessante : elle met toute son intelligence - et sa ruse même - au service de ses arguments pour obtenir gain de cause. Et il fallait bien dire que ce calme qui émanait de Matthew - et qui était une parfaite contraste de la colère de la scientifique - avait le don pour la mettre un peu plus hors d'elle à chaque seconde. Bien décidée à ne pas laisser le silence s'installer une seconde de plus - comme si chaque seconde était un point accordé pour le calme de l'Ours - elle enchaîna d'une voix accusatrice et emplie de blâme :

    "Tous s'accordent à dire que tu es comme un père pour tes hommes, mais tu n'agis pas toujours avec la responsabilité et la prudence que l'on te reconnaît. Un père sait que lorsque son enfant est malade ou blessée, l'envoyée au front n'est pas la meilleure solution. Cela relève de l'inconscience Matthew ! Bon sang mais tu sais que nous sommes en guerre, des bruits courts que les temps sont de pires en pires. Et si il y a embuscade et affrontement, il n'est pas certain que Willow s'en sorte. Et je te jure que si il lui arrive quoique ce soit, je te tiendrais comme l'unique responsable ! J'espère que tu en as bien conscience, car cette erreur pourrait t'être impardonnable. Tu es le Chef des Green Bear, tu n'es pas censé avoir le droit à l'erreur !"

    Elizabeth ne comprenait pas. Elle, elle se donnait toujours à fond, réfléchissait toujours à deux fois avant de faire quelque chose, prenait toutes les précautions possibles, contrôlait la situation. D'une part, elle ne comprenait pas - et n'acceptait pas ! - que Matthew puisse se permettre autant de légèreté et, d'autre part, elle n'aimait guère qu'il lui fasse ainsi perdre le contrôle. C'était très désagréable et une Elizabeth qui n'a pas le contrôle, c'est une Elizabeth plus redoutable que jamais. La scientifique le perçait toujours de son regard toujours plus dardé, comme si elle voulait le piquer à vif. Quelque part, elle contrôlait la situation - ses mots, ses gestes, ses pensées - et pourtant, elle n'était plus vraiment maître d'elle-même : c'étaient ses émotions qui avaient prit le dessus.

    La jeune femme attendait qu'il réponde, qu'il réagisse, et surtout, qu'il se montre impliqué ! Parce que vraiment, cette façon d'être passif l'exaspérait, comme si elle prenait cela en provocation. Et il n'y avait rien de plus désagréable pour elle d'être la seule à se sentir et à paraitre impliquée dans une discussion qui en valait toute l'importance.


Dernière édition par Elizabeth Decker le Ven 14 Aoû - 23:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Lun 10 Aoû - 20:09

Matthew se rendit rapidement compte que ses paroles n’avaient aucun effet sur Elizabeth et que, pire, que tout, elle semblait monter au créneau de seconde en seconde. Pourtant, il ne se départit pas de son calme pour autant, supportant avec patience le regard noir de la scientifique. Pourtant, qu’elle ne prenne pas son attitude calme pour quelque chose de détaché : ce n’était absolument pas le cas. Le Green Bear avait conscience qu’elle était hors d’elle, pourtant, il ne parvenait pas à se reprocher quoi que ce soit : quoi qu’en dise la jeune femme, il considérait que c’était à lui d’avoir le dernier mot. Ce qu’elle appelait ordres du médecin, lui, il appelait ça recommandation, et là était toute la différence. Matthew n’avait pas le sentiment d’avoir enfreint quelques lois que ce fut, et il devait s’évertuer à l’expliquer à Elizabeth, dont la voix était montée d’une octave. Ce n’était pas sûr qu’elle écoute ses explications, car il se refusait à appeler ça justifications, mais il devait quand même essayer.
Matthew s’avança d’un pas, puis d’un autre, jusqu’à se trouver à quelques mètres d’Elizabeth transformée en folle furieuse. Mais justement, il ne devait pas penser à elle comme Elizabeth, seulement comme la scientifique qui lui disait comment mener ses hommes. La différence devait être faite, car il savait que sinon, il aurait du mal à ne pas se montrer déstabilisé. Pourtant, Matt n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche : la jeune femme se remit à l’enguirlander et cette fois, ce n’était pas pareil : elle choisissait avec soin ses mots, avec trop de soins même. Elle le traitait d’irresponsable, remettant même en cause sa position au sein de l’équipe, voire de la Base elle-même. L’Ours devait reconnaître une chose : elle savait quels points sensibles titiller, c’était sur. Pourtant, il ne la laissa pas prendre le contrôle car au fond, il était sur que c’était ça qu’elle cherchait : le déstabiliser pour reprendre le contrôle de la conversation, et de ses nerfs par la même occasion. Il la connaissait suffisamment pour savoir, à peu près, comment elle fonctionnait, et une chose était sûre : Elizabeth n’aimait pas perdre le contrôle.
Matt se rapprocha d’un nouveau pas : il avait perdu son sourire, mais sa voix était d’un calme olympien quand il répondit.


Willow, une partie mécanique ? J’avais jamais remarqué, quoiqu’il me semble que tu as bien dû insister sur ce point, deux ou trois mille fois. Et comme tu le dis si bien toi-même, Elizabeth, c’est un avis. Un avis médical, pas un ordre : je suis le seul à juger pertinent de le suivre ou non. Tu sembles parfois oublier que tes patients ne sont pas que mécaniques, et qu’elle soit jolie ou non n’entre pas en ligne de compte : elle est humaine avant tout, et elle avait besoin de repartir en mission. Je ne suis pas psy, mais toi non plus, n’est-ce pas ? Et je pense être mieux à même que toi de juger du moral de mes troupes.

Matthew savait qu’il allait peut-être légèrement trop loin. La scientifique n’accepterait pas si facilement qu’il la cantonne à un simple rôle de médecin sans droit de regard, mais pourtant, il le voyait ainsi. C’est un fait, le militaire qu’il était n’avait jamais bien accepté qu’une blouse blanche se mêle de ce qui concernait la partie terrain. Elizabeth avait fait son boulot : Willow allait bien. Et lui, Matthew, avait fait le sien : amener la jeune fille à reprendre le boulot. Qu’est-ce qui clochait, dans cette explication ? Quand aux excuses… le Green Bear s’autorisa un sourire avant de reprendre.

Pardonnes-moi si tu as cru que c’était des excuses : ce n’en était absolument pas. Je n’ai rien à justifier devant toi, et certainement pas d’excuses à te faire.

Matthew, contrairement à la jeune femme, n’éleva pas la voix plus que nécessaire, gardant ses bras croisés dans un calme qui contrastait nettement avec la jeune femme qui, songeait-il, commençait à virer hystérique. Il savait que son attitude risquait d’énerver encore plus la scientifique, mais il n’allait pas se mettre en colère juste pour lui faire plaisir, non ? Elle jubilerait trop de le voir sortir de ses gonds, l’Ours en était conscient, et c’est pourquoi il s’efforçait de s’exprimer avec un calme à tout épreuve. Pourtant, sa mâchoire se contracta légèrement sous l’effet des derniers mots d’Elizabeth : ces derniers lui faisaient plus mal qu’il ne voulait bien l’admettre. Il savait qu’il était paternel avec ses hommes, peut-être même trop pour son propre bien. Mais bon sang, jamais on ne pourrait l’accuser de négligence ou d’inconscience ! Toute les décisions qu’ils prenaient, et surtout les plus difficiles, étaient mûrement réfléchies. Elizabeth ne se rendait-elle pas compte qu’il les aimait, ses Green Bear, tous et sans distinction ? Quel déchirement c’était pour lui de les voir partir affronter l’ennemi, et de s’imaginer qu’ils ne rentreraient peut-être pas tous ? Alors, comment osait-elle le traiter d’irréfléchi ! Quand à la responsabilité qu’il avait… malheureusement, le leader n’avait pas besoin de la scientifique pour lui rappeler à quel point il se sentait responsable d’eux. Responsable aussi de les envoyer chaque jour à la mort, responsable quand l’un d’eux ne rentrait pas. La culpabilité, parfois, l’obnubilait tellement qu’il se levait la nuit juste pour les entendre discuter durant leurs quarts. Oh oui, il se sentait responsable, à chaque instant, et Elizabeth n’avait pas besoin de lui expliquer ce que l’on ressentait.
Matthew laissa passer une petite pause, nécessaire pour lui permettre de reprendre son calme. S’il s’énervait, la dispute deviendrait rapidement stérile, et il n’avait pas envie qu’Elizabeth ait le dernier mot. Il n’avait rien fait, bon sang, seulement permettre à l’un de ses meilleurs soldats de repartir en mission alors qu’elle se sentait en pleine capacité de ses moyens ! Depuis quand était-ce un crime ?


Tu remets en cause ma nomination à la tête des Green Bears, c’est ça, Elizabeth ? Tu t’es entendue, dis-moi ? Je sais que je suis responsable d’eux, et je sais aussi que je n’ai pas le droit à l’erreur. Pendant que toi tu dors en pensant à tes chères études, moi, je me ronges les sangs, alors, ne vient pas remettre en cause ma responsabilité ou ma prudence, s’il te plait : je ne pense pas que tu aies quoi que ce soit à dire sur ce terrain. Je connais Willow, je sais qu’elle n’aurait pas demandé à repartir si quelque chose clochait. Alors, si tu appelles erreur le fait de faire confiance à mes hommes, dans ce cas, je plaide coupable. Entièrement et pleinement coupable, même. Seulement, ne juges pas de mes capacités à être leader : à ce petit jeu là, tu ne gagneras pas.

Indiqua-t-il d’un air serein, tout en plongeant ses yeux bruns dans ceux de la scientifique. Il avait sciemment omis de parler de son paternalisme exacerbé, et des conséquences que cela pouvait avoir : c’était un sujet beaucoup trop sensible et compliqué pour qu’il l’aborde de front dans cette dispute.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Lun 10 Aoû - 21:10

    Alors là, Elizabeth avait le couple soufflé. Il la touchait pile là où ça faisait mal : ses patients. Oui, Elizabeth était froide, oui, elle imposait distance et limites, mais quelque part, inconsciemment, elle pourrait souffrir de cela dans le sens ou on la pourrait la croire sans coeur. Laisser entendre qu'elle ne voyait en chacun de celles et ceux dont elle était responsable qu'une chose mécanique, qu'un travail, qu'une besogne à accomplir, la touchait plus qu'elle ne l'aurait cru. Bouche bée, les yeux se plissant dans une expression de rancune, comme pour accuser un coup bas, elle garda le silence l'espace d'une demi-seconde, troublée par la remarque. Mais bien vite, elle reprit ses esprits. Relevant les mains et faisant quelques pas sur la droite, elle se décala pour ne plus être gênée par la présence du bureau entre eux, comme si elle voulait qu'il imprègne ses mots, mais tout en gardant une distance respectable.

    "Ah non ! Ne te permets pas ces petits sarcasmes avec moi ! Et comment..." Elle baissa la voix et reprit dans un souffle presque outré : "Comment oses-tu remettre en compte mon implication auprès de mes patients ? Je pensais que..."

    Elle allait poursuivre "que tu étais le seul à vraiment me connaître", mais elle ne voulait pas lui accorder le point et s'ouvrir une nouvelle fois à lui, si c'était pour être trahit sur un point aussi sensible. Non, elle comptait bien garder pour elle sa fierté et ne pas lui laisser entendre que ces propos pouvaient avoir une réelle importance. C'est pourquoi elle poursuivit, toujours dans ce souffle rancunier :

    "Je pensais que tu prenais un peu plus en considération les sentiments des gens mais finalement, c'est peut être toi qui ne vois les autres que comme de la chaire à canon."

    Si Elizabeth n'avait pas été autant provoquée, elle aurait tout de suite regretté ses mots. Cependant, elle était bien décidée à lui rendre la monnaie de sa pièce, quitte à être aussi déloyale que lui. Et à vrai dire, ils voulaient tous les deux la même chose : ce satané dernier mot. La conversation risquait donc vite de mal tourner, de tourner aux règlements de compte même. Par la suite, il affirma ne pas lui devoir d'excuses, ce qui était peut être encore plus humiliant pour Elizabeth. Ne croyait il pas qu'elle les méritait ? Il mettait en danger la vie d'une jeune femme, faisait perdre la crédibilité de médecin d'Elizabeth auprès de celle-ci et s'efforçait de ne pas reconnaître son erreur ! C'était un peu gros tout de même ! L'espace d'un instant, la scientifique eut la sensation de ne plus le reconnaître, de n'avoir face à elle plus qu'un homme borné, étroit d'esprit, complètement inconscient et quelque peu intellectuellement parlant déficient par rapport à elle. Le portrait contraire du Matthew qu'elle connaissait jusqu'ici. Ce qui était encore plus décevant. A vouloir trop permettre à certains de vous approcher, ceux-ci en oublient le privilège d'un tel geste et au final, ne se gênent pas pour vous blesser. C'était ainsi que le ressentait Elizabeth, indigne de son amitié. Bien sûr, c'était une colère de plus en plus aveuglante qui la faisait prendre les choses d'un tel pied mais pour l'heure, elle en était convaincue.

    Mais cela fut encore plus certain dans son esprit, lorsqu'il se permit de la faire passer pour une femme désintéressée et surtout très tranquille une fois la nuit arrivée. Cette simple idée - qui au fond, était même trop directe - la mit hors d'elle à nouveau. De la simple rancoeur, l'animosité put se lire dans les yeux d'Elizabeth. Comment pouvait il oser la blesser ainsi, l'attaquer sur des points aussi faciles ? Pour sûr, elle comptait bien se défendre et lui rendre la pareil ! Lorsque la jeune femme est touchée, mise hors d'elle, elle devient plus dure, plus méchante et plus injuste. Mais à vrai dire, elle s'en fichait bien, ou plutôt, faisait contre mauvaise fortune bon coeur - si l'on pouvait dire, car la situation n'était pas vraiment sujette au bon coeur - et chercherait à tout faire pour s'affirmer et gagner cette bataille qui prenait à chaque instants une allure plus personnelle. Surtout qu'elle avait détecté sa façon de crisper sa mâchoire, signe évident de tension. Elle reprit donc avec plus de hargne que précédemment :


    "Je te demande pardon ? Je travail plus de 15 heures par jour, je m'implique à fond dans mon travail pour aider mes patients, pour me rendre utile dans cette base. Tu crois que je ne me sens responsable ? Tu crois que je ne crains pas qu'il y ait une défaillance dans mes installations et que par une petite négligence l'un de mes patients ne pourrait pas périr ? Arrête de jouer les victimes et de croire que toi seul est impliqué !"

    Elizabeth cherchait ses mots. Ceux qui le ferait enfin sortir de ce calme hypocrite et qui le toucheront vraiment. Car il était hors de question - elle y mettait un point d'honneur ! - qu'il se permette de la blesser sans qu'elle ne puisse le lui rendre. Jamais elle ne se serait laisser marcher sur les pieds, ni ne se serait abaisser à simplement l'accepter et le pardonner - surtout pas d'ailleurs. Alors, après les avoir choisit avec soin, elle lui cracha au visage d'un ton piquant, mauvais et en même temps très assuré :

    "Tu sais quoi Matthew ? Peut être que je ne suis pas utile dans le combat en lui même, mais au fond je te plains. C'est vrai, voir ceux que tu chéris tellement, que tu paterne tellement, en danger, ce doit être dur. Oui, ce doit être dur de ne pouvoir fermer l'oeil. Mais dis moi ? Pourquoi es-tu comme ça ? Y aurait il quelque chose que tu regrettes ? Une erreur passée que tu chercherais à réparer peut être ? Saches qu'on ne trouve pas toujours la Rédemption. Mais oui, je te plains, et je te souhaite de la trouver. Ah oui ! moi, enfermée dans mon petit labo, je n'ai rien à me reprocher et tu sais quoi, je me sens bien ainsi. Mais pauvre de toi..."avait elle conclut presque en riant, sur un ton sarcastique et railleur.

    Son coeur battait la chamade. Pas parce qu'elle avait honte, ou peur de sa réaction, mais cette tension était presque étouffante, ardente, et elle était aussi certaine qu'il trouverait quelque chose à lui répondre. Inconsciemment, elle l'attendait avec autant d'impatience que de réticence.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Lun 10 Aoû - 22:11

Matthew savait qu’il tapait lui aussi là où cela faisait mal, mais après tout, il ne faisait que lui rendre la monnaie de sa pièce n’est-ce pas ? Au fond, il savait bien qu’Elizabeth ne considérait pas ses patients comme un amas de mécanique de pointe : c’était parfois une impression qu’elle donnait, mais c’était une impression fausse. Pourtant… le fait qu’elle remette sans cesse sur le tapis le statut cyborg de Willow avait parfois tendance à l’exaspérer. Oui, elle n’était pas comme les autres, oui, elle avait deux bras mécaniques, et alors ? Qu’est-ce que cela changeait, au fond ? Pourquoi aurait-elle dû être particulièrement choyée ou couvée ? Matt savait que la jeune fille n’appréciait pas, et il s’efforçait de ne pas le prendre en compte. Alors, qu’Elizabeth l’engueule pour ça, c’était un peu fort !
La jeune femme resta bouche bée quelques secondes, avant de faire quelque pas et de contourner le bureau. De façon totalement saugrenue, Matt songea qu’il n’aurait pas du accepter sa demande d’apprendre à tirer : elle pouvait se montrer encore plus dangereuse qu’elle ne l’était déjà, debout devant lui, à le fusiller du regard. Puis elle prit la parole mais quelque chose, une légère hésitation, fit comprendre à Matthew qu’elle n’avait, à l’origine, pas l’intention de dire ça.

Qu’est-ce qu’elle avait bien pu vouloir dire ? Le leader ne se doutait pas une seconde des pensées qui traversaient l’esprit d’Elizabeth, à savoir qu’il se servait de ce qu’il connaissait d’elle, de leur relation, pour taper là où cela ferait le plus mal. Si jamais il s’en était douté, il aurait tout fait pour la convaincre que ce n’était pas le cas : cette façon de faire était bien trop mesquine et fourbe pour qu’il s’y abaisse consciemment. Inconsciemment, malheureusement, c’était une autre histoire : souvent, dans une dispute, les mots dépassent la pensée. Et les insinuations gratuites de la scientifique poussaient Matthew a réagir plus qu’à réfléchir réellement. Pourtant, l’Ours s’efforcer d’e garder son calme, ne serait-ce que pour provoquer encore plus la scientifique qui, petit à petit, perdait pied face à ses propres sentiments.
Mais la patience légendaire du leader des Green Bears fut sérieusement entachée par les derniers mots de la jeune femme : lui, considérer les siens comme de la chair à canon ?
Bien sûr, il avait des décisions à prendre, et ces décisions mettaient en jeu la vie de ceux qui étaient sous ses ordres. Les joies du commandement… pourtant, jamais Matthew ne se résoudraient à penser à ses hommes comme étant sacrifiables. C’est peut-être pour ça qu’il passait tant de temps avec eux, qu’il se montrait si paternaliste : pour bien réaliser qu’ils n’étaient pas de vulgaires soldats tout juste bon à marcher vers la boucherie. Et qu’Elizabeth puisse l’insinuer lui donnait la nausée.
La dispute continuait dans son escalade, et ni l’un ni l’autres des deux adultes ne se rendaient compte que désormais, ce n’était plus tant la raison qui comptait, mais bel et bien le fait d’avoir le dessus. Même Matthew, qui se targuait d’être calme et impassible en face de la jeune femme, ne l’était en fait pas tant que ça. La hargne et la passion augmentèrent d’un cran, et quand Elizabeth reprit la parole, Matt trouva légèrement plus difficile de garder son calme. Sans s’en rendre compte, il fit un pas menaçant vers la jeune femme, avant de demander avec plus de violence que précédemment :


Que j’arrête de croire que je suis le seul impliqué ? Excuse moi, mais ce n’est pas toi qui parlait du fait que je n’étais pas impliqué et que je me conduisais comme un irresponsable ? Faudrait savoir ce que tu veux, à la fin !

L’Ours sentait, petit à petit, son calme lui échapper. Il regarda Elizabeth, incrédule : comment osait-elle lui dire ça, de ce ton sarcastique et amusé ? Ce fut d’une façon bien moins assurée qu’elle qu’il répondit, sans pouvoir réprimer un léger tremblement de ses mains.

Je n’ai pas besoin de ta pitié mal placée. Tu ne sais pas ce que c’est, tu ne peux même pas imaginer. Je ne cherche aucune rédemption, je n’ai besoin de rien. Je ne me referme pas dès qu’on touche à mes sentiments profonds, moi, je ne mets pas tout le monde à l’écart de peur d’être blessé ! Car forcement, quelqu’un va te blesser, Elizabeth, et même ton cœur de pierre ne t’empêchera pas de souffrir !

C’était méchant et, finalement, Matthew en était arrivé là où il ne voulait pas arriver : lui dire ce qu’il pensait de son besoin inné de ne s’attacher à personne. Mais à la limite, il préférait dire ça plutôt que de répondre à ses questions.
Car elle avait tapé juste : sa façon de se comporter avec son équipe reflétait quelque chose de plus profond, une blessure enfouie et qui ne se cicatriserait jamais vraiment. Jusqu’à sa mort, il regretterait d’avoir été au loin, d’avoir laissé ses proches sans défense pendant qu’il jouait les GI Joe de service. Petit, il avait souffert de l’absence de son père, mais plus tard, il avait réitéré le même schéma avec sa fille. Etait-ce pour ça qu’il était si paternel envers ses hommes, parce qu’il refusait de les laisser seuls ? Parce qu’il éprouvait un besoin maladif de protéger ceux qui comptait pour lui, de préserver une partie de l’innocence des êtres confiés à sa garde ?
Si on y réfléchissait bien, il aurait pu intégrer une autre équipe. Pourquoi les Green Bear, alors ? Parce qu’il avait besoin de jouer les anges gardiens et de protéger un maximum de monde ? Parce qu’il se sentait coupable de ne pas avoir offert une vie meilleure à sa fille, et qu’il reportait cette affection sur ses hommes ?


L’Ours chassa délibérément ces pensées. Il ne voulait pas en parler, et Elizabeth aurait beau le titiller sur le sujet, il ne craquerait pas. C’était bien trop personnel, bien trop douloureux encore pour qu’il puisse se contrôler, et il ne voulait pas craquer. Il devait retrouver son calme, reprendre le contrôle de la situation, ne pas la laisser le déstabiliser,… ou la déstabiliser encore plus. Il s’en voulait, d’un côté, de faire ça, mais la dispute était trop amorcée maintenant pour qu’il puisse réellement reprendre le contrôle de ce qu’il allait dire.
Respirant une grande goulée d’air, le Green Bear adressa un sourire méchant à la scientifique avant de faire remarquer avec suffisance : [/i]

Mais c’est vrai que dans ton labo, tu n’as guère de contacts. Devon n’est pas le meilleur compagnon qui soit, et tu as rejeté tout le monde ou presque. Je cherche peut-être la Rédemption en veillant sur les autres, mais ils me le rendent bien. Et toi, qui se soucie de toi, dis moi ? Ta sœur ?
Je fais peut-être pitié, à m’inquiéter sans cesse de ceux qui sont sous ma protection, mais toi… Toi, tu es carrément pathétique.


Lâcha-t-il sur un ton qui se voulait indifférent.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Mar 11 Aoû - 1:40

    Sur ce point là, il était vrai qu'il marquait un point mais, bien décidée à ne pas l'admettre, elle détourna son regard en soupira avec une petite pointe de dédain. Ensuite, il l'attaqua directement sur sa prison de glace et quelque part, Elizabeth fut blessée qu'il pense - ou laissait croire qu'il pensait - qu'elle n'avait qu'un coeur de pierre. De plus, sa tournure de phrase laissait croire à Elizabeth qu'elle ne faisait encore pas assez d'efforts avec lui. Mais d'une autre part, elle était pleinement responsable de cette carapace et l'avait choisit, même si elle n'en assumait pas toujours tous les aspects. C'est sur ce point fort qu'elle s'appuya pour ne pas perdre bonne figure. Éclatant de rire pour rendre les paroles du Green Bear ridicules, elle répliqua du tac au tac :

    "Oh mais ne t'en fais pas, je ne suis pas blessée ! Crois tu que les propos d'un homme dont les seules capacités sont de tirer dans le tas peuvent me blesser ? Et j'ai bien raison de me fermer aux gens, quand ils se montrent si peu respectueux et si peu dignes de mon amitié !"

    D'une part, elle le traitait clairement d'idiot - vous savez quand on est une scientifique, il est assez facile de prendre les gens de haut sur ça - et d'autre part, elle lui laissait entendre qu'il ne méritait pas sa sympathie. Ça, c'était fait... Mais pas le temps de regretter les paroles lancées, déjà Matthew l'attaquait à nouveau sur ce point. Elizabeth était une femme que la solitude ne gênait pas tant que ça, elle savait s'occuper. Disons que ce n'était pas l'un des maux qui la rongeaient vraiment. Les paroles de Matthew eurent donc peu d'effets sur elle. Ceci dit, elle comptait bien profiter pour prendre le dessus et assener, elle, des coups bien placés. Comme on dit, c'est quand l'adversaire ne sait plus quoi dire qu'il faut l'achever, même si c'est à coup de paroles cinglantes. Elizabeth reprit donc, avec ce même sarcasme et cette distance qui laissait clairement paraître une assurance indémontable :

    "Ah ! Il est vrai que je ne peux pas compter sur toi, merci de me le préciser pour la prochaine fois, je m'en souviendrais. Ah et il y a un point que tu as réussi à soulever tout seul, sans mon aide cette fois - c'est bien il y a du progrès. Oui, tu es pitoyable, parce que tu te crois tout permis. Oui, tu es au conseil, oui tu es le leader des Green Bears, mais Willow est ma patiente et sa santé passe avant ses missions. Quand je juge qu'il ne faut pas l'envoyer au combat, tu ne l'y envoies pas. Remets tes priorités à jour ou tu pourrais bien compter d'autres morts sur ta conscience !"

    Et hop ! Encore un coup bas. Apparemment, la responsabilité qu'il pouvait avoir envers les autres était un sujet sensible pour lui, Elizabeth l'avait bien remarqué. Elle avait cru comprendre aussi, qu'il faisait tout pour garder son calme, probablement pour l'énerver encore plus. Ou, tout du moins, le fait qu'il reste si calme était tellement énervant qu'elle voulait le mettre hors de lui à son tour. Elle ne comptait donc pas s'arrêter en si bon chemin. Comment vous expliquer... Une femme, déjà en colère à la base, mais en plus provoquée et blessée dans son honneur... Surtout pour une femme comme Elizabeth, il ne reste qu'un mot : orgueil. L'envie de se venger et de récupérer un peu d'honneur est plus forte que tout. Mais la jeune femme avait de la suite dans les idées et ne voulait pas qu'on l'accuse d'avoir mener cette discussion à un règlement de compte, elle voulait rester proche du sujet principal, en se permettant quelques piques autres. Elle reprit donc, avec cette même assurance, dans le but de déstabiliser Matthew :

    "Était-ce trop dur de ne pas céder au caprice d'une jeune femme ? Si tu avais vraiment penser à elle, à son bien, tu ne l'aurais pas laisser aller. Mais, ou bien parce que tu étais séduit, ou bien parce que tu es incapable de te conduire en vrai chef et d'offrir un refus, tu lui as faiblement cédé. Mais je t'assure que si il lui arrive quoique ce soit, je ne te le pardonnerais jamais et tu peux me croire quand je te dis que je te le rappellerais toujours ! Et tu veux savoir ce qui me fait le plus pitié dans cette histoire ? C'est que tu es tellement présomptueux que tu crois que seul ton avis compte. Mais tu oublies qu'ici, nous sommes une communauté, et tu n'es pas le seul à pouvoir décider. Mais peut être es-tu trop occuper à essayer de réparer tes propres erreurs, égoïstement, pour t'en rendre vraiment compte ! Si tu étais moins aveugle, tu pourrais être un homme bien, dont la mère serait fière, dont la femme serait fière, dont le fils serait fière, mais tu es trop tourné vers le passé et ça dessert à tout le monde, pas uniquement à toi."

    Là, elle avait fait très fort. Plus encore qu'elle ne le pensait. Car bien entendu, Elizabeth ignorait que Matthew avait eut une femme, une fille - c'est pourquoi elle avait balancé fils au hasard d'ailleurs - et que toutes deux étaient mortes. Si elle avait sut la portée et l'impacte de ses mots, jamais elle ne les aurait prononcé, même dans la plus grande des fureurs. Mais en ce cas, elle imaginait que Matthew souhaitait être un exemple, et casser ce but lui semblait une bonne attaque. Elle ignorait à quel point cela pourrait le blesser.

    Pour l'heure, elle se contentait de croiser les bras sur sa poitrine, et de l'observer de ses yeux électriques qui le fusillaient avec une animosité étrangère, peu coutumière, qu'elle dardait un peu plus à chaque secondes...
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Mar 11 Aoû - 16:32

Matthew sentait que petit à petit, la situation lui échappait. Leur échappait, aurait-il dû penser, car ils venaient de totalement oublier le sujet principal, étant là à se balancer des piques comme deux gamins qui se chamaillent… et qui se connaissent très bien. Elizabeth avait sans doute raison, sur ce point précis : seuls ceux qui nous aiment et nous connaissent sont aptes à nous faire le plus de mal. Qui peut s’offusquer des paroles en l’air d’un inconnu ? Mais quand cela devenait plus précis et plus personnel, il était beaucoup plus difficile d’ignorer les phrases assassines. Pourtant, l’Ours faisait de son mieux pour garder son calme, s’efforçant de respirer lentement et de tout prendre avec un certain détachement. Son petit manège ne passerait peut-être pas inaperçu, et Elizabeth comprendrait sans doute que la patience de l’homme avait atteint ses limites, mais qu’importe. Désormais, ce n’était pas seulement pour énerver la scientifique que Matt tentait de rester zen : c’était pour ne pas laisser échapper quelque chose qu’il regretterait par la suite. Cela allait trop loin, et il ne devait pas se laisser déborder… rester calme… et ne pas imaginer quel bien fou cela lui ferait d’étrangler la jeune femme.
Quand cette dernière éclata de rire, tournant ainsi en dérision ses dernières paroles, le regard du leader se durcit. Il s’attendait à un nouveau déferlement de remarques, et il ne fut pas déçu. La scientifique attaqua par le côté où elle savait qu’il n’avait pas la moindre chance de répliquer : l’intelligence. Et le fait qu’il ne méritait pas sa sympathie.

L’ex-Marine l’avouait volontiers, il n’était pas un prix Nobel : il avait quitté ses études dès qu’il avait pu, obtenant son diplôme mais rien de plus. Pourtant, il ne se sentit pas agressé par la remarque de la jeune femme : les études et l’intelligence ne faisait pas tout. Il n’était pas du genre à « tirer dans le tas », comme elle l’insinuait, et même s’il l’avait fait, quelle différence ? Au moins ici, chacun était respecté pour ses capacités, pas que pour son niveau d’études, et Matthew adorait ce qu’il faisait. Oh non, Elizabeth ne pouvait pas l’avoir sur ce point là, le leader des Green Bears ne la suivrait pas. Il était extrêmement fier de mettre ses capacités au service de la Résistance, et ne se sentait pas le moins du monde diminué face aux grosses têtes comme Osborne ou Elizabeth. Inutile de le taquiner là-dessus, cela ne lui faisait ni chaud ni froid : remettre en cause son accession à ce poste aurait été beaucoup plus mal perçu, sans nul doute.
Quand à l’idée de n’être pas digne de l’amitié, du respect et, sans doute, de la confiance de la jeune femme… Matthew avait plus de mal à l’admettre. Pourtant, il n’était pas venu la chercher pour qu’elle se confie à lui, les rares fois où elle l’avait fait ! C’était parti d’un respect et d’une complicité mutuelle, et le fait que la scientifique remette en cause tout ce qui, en quelque sorte, faisait leur relation, était plutôt difficile à entendre. Mais c’était la colère qui la faisait parler, n’est-ce pas ?
Matt n’eut pas le temps de lui poser la question et, même s’il l’avait eu, il n’aurait pas très bien su comment tourner sa phrase. Elizabeth reprit la parole, toujours avec cette assurance qui semblait inébranlable. Mais le leader avait repris son calme, quelque peu ébranlé tout à l’heure, et il ne se laissa pas démonter par ces nouvelles accusations, regardant la scientifique droit dans les yeux. Il savait… espérait, plutôt… que cela risquait de la déstabiliser. Ce qu’elle voulait, c’était reprendre son propre contrôle, et prendre l’ascendant sur lui. Le pousser à l’erreur, en quelque sorte, comme une fillette qui franchit limites après limites dans l’espoir de pousser ses parents à réagir. C’était ça : elle le testait, de plus en plus loin, pour qu’il perde son calme et… et quoi ? Elle aurait gagné ? C’était ça, le but de cette dispute ? La victoire ? Obtenir des excuses, obtenir la reconnaissance de son travail, et les aveux de Matthew ?

Pourtant, à nouveau, Elizabeth tapa là où cela faisait le plus mal, faisait vaciller le militaire dans sa détermination à garder son sang-froid. Il avait l’impression qu’elle le connaissait sur le bout des doigts, le menant comme on mène un orchestre, chaque mot faisait vibrer une corde différente. Elle le connaissait bien, bien plus qu’il n’osait l’admettre en vérité, et savait comment le faire réagir. Et ça, cela ne lui plaisait pas du tout, de se sentir telle une marionnette qu’on fait agir à sa guise : la crispation de sa mâchoire l’indiquait bien plus qu’un long discours.
La responsabilité, la culpabilité, Matthew la ressentait tous les jours ou presque. Comme tout leader, il s’efforçait de faire les meilleurs choix, mais il restait toujours cette part de doute et de responsabilité, et il faisait de son mieux pour vivre avec. A vrai dire, il n’arrivait même pas à envisager comment faisait Meredith pour s’en sortir, avec la base entière à gérer et les responsabilités qui de ce fait lui incombaient ! Elizabeth l’avait bien compris, et il était même possible qu’à l’occasion, Matthew lui en ai touché un mot. La conversation, enfin, la dispute plutôt, était repartie sur le fait que Willow était partie en mission contre l’avis d’Elizabeth et, malgré les mots qu’ils s’échangeaient, Matt en fut gré à la jeune femme de recadrer le sujet. Peut-être qu’elle aussi avait senti que cela risquait de dégénérer…

Alors comme ça, il se croyait tout permis ? Entre eux deux, l’orgueilleux, le présomptueux et celui qui prenait les décisions seul, c’était plutôt elle, il était prêt à le parier. Elle se trompait lourdement : Matt savait demander quand il avait un doute, et il savait quand ses prérogatives s’arrêtaient. On en revenait au cœur du problème : il n’avait pas eu le moindre doute, la moindre hésitation à envoyer Willow en mission ! La jeune fille lui avait certifier aller bien, pourquoi ne l’aurait-il pas cru ? Elizabeth voyait le côté mécanique de la chose, lui le côté émotionnel, mais au final, la seule qui comptait, n’était-ce pas la jeune cyborg ? Ils avaient tous deux pris des dispositions pour elle, mais si elle se sentait bien,, qui étaient-ils pour lui interdire quoi que ce soit ?


Mes priorités sont à jour : je sais ce que j’ai à faire. Et ce que j’ai fait, c’est renvoyer un soldat, qui affirmait être en pleine disposition de ses moyens, là où elle devait être : sur le terrain. Ma priorité, c’est de protéger cette base, ma priorité, c’est de faire que mes gars se sentent bien, et ne sombre pas dans la dépression juste parce que tu as peur pour eux ! Car c’était tout sauf une décision rationnelle, de la laisser clouée ici ! Et toi, tes priorités, quelles sont-elles ? Me mettre des bâtons dans les roues ?

Matthew tenta de calmer le ton de sa voix : il s’était quelque peu laissé emporter par son explication, mais cela le mettait hors de lui qu’Elizabeth ose insinuer qu’il avait envoyé la jeune cyborg à la mort. Pourtant, il ne devait pas sombrer, non, continuer à garder le cap d’une main ferme et ne pas se laisser emporter par ses émotions. Ne pas faire à Elizabeth cette faveur de s’énerver, et de reconnaître des torts qu’il ne pensait toujours pas avoir, même si la scientifique était déterminée à lui prouver le contraire !
Mais parfois, la raison et les bons sentiments ne suffisent pas à garder le contrôle de soi. Il y a des mots qu’on ne peut pardonner, des insinuations qui font encore plus mal que tout ce que l’on pourrait imaginer… et Elizabeth venait de trouver le levier exact pour faire basculer le self contrôle du leader Ours. Qu’elle insinue que Willow l’avait séduit ne le choquait pas tant que ça, même s’il savait que la scientifique se trompait complètement : la cyborg était bien plus que ça pour Matthew, qui la chérissait tendrement. Tendrement, mais pas au point de mettre sa vie en danger, ni de céder à ses caprices. Etre leader signifiait parfois dire non, seulement dans ce cas précis, Matt n’avait aucune raison de refuser la requête de la jeune fille. Mais comment faire comprendre ça à Elizabeth qui, décidément, ne semblait pas vouloir intégrer cette idée ?
Que la scientifique insinue également qu’il prenait ses décisions seules ne le touchait pas non plus plus que cela. Qu’elle pense ce qu’elle voulait, il savait ce qu’il faisait. Ils étaient une communauté, et il était bien d’accord pour mettre certaines décisions sur la place publique, mais cette affaire n’avait que trois participants : Willow, Elizabeth et lui. Même pas Elizabeth, en réalité, puisque Matt ne l’avait absolument pas pris en compte dans sa décision de laisser repartir en mission la jeune fille. Se faire attaquer là-dessus ne le touchait donc pas : il était, et restait jusqu’à preuve du contraindre, leader des Green Bears. Qu’Elizabeth le veuille ou non, cette décision dépendait de son ressort, et si ignorer un avis médical n’était sans doute pas une bonne idée, il ne donnait pas à cet avis l’importance d’un ordre. Point final. D’ailleurs, si c’était à refaire, il recommencerait sans hésiter.

Mais l’attaquer sur sa famille, ça, c’était quelque chose que Matthew ne pouvait laisser passer sans réagir. Certes, Elizabeth ne pouvait pas savoir ce qui c’était passé : il n’en avait pas parlé, excepté au psychologue de la base, à Meredith qui avait bien le droit de le savoir, et c’était tout. Peut-être qu’il en figurait une trace dans un quelconque dossier, mais Matt en doutait. Non, elle ne pouvait pas le savoir, mais cela ne justifiait pas pour autant ses paroles aux yeux du Green Bear qui sentit la fureur déferler en lui.
Depuis qu’il avait tenu la petite chose fragile qu’était Dakota à la naissance, Matt s’était juré d’être un exemple pour sa fille. Juré également d’être présent à ses côtés, chose que son propre père n’avait jamais fait. Il avait été présent à la fête donnée en l’honneur de son baptême, de ses six mois, il avait assisté à ses premiers pas hésitants, à la première fois qu’elle avait mangé seule… par internet interposé, étant bien souvent en mission à l’autre bout du monde, mais il y avait assisté. Il avait vécu ça, il avait été un père attentif et aimant, un époux fidèle et dévoué. Oui, il avait été tout ça, pour elles, pour ses deux trésors, parce qu’ils étaient fou d’elles. Il avait été un homme bien, parce qu’il voulaient qu’elles soient fière de lui. Quand Dakota riait à ses chatouilles, il était le plus heureux du monde.
Et Skynet lui avait arraché tout ça. Il avait vécu des moments terribles, mais rien n’était pire que de se rendre compte qu’il n’avait pas été là pour les siens, qu’il les avait laissé mourir seuls, sans lui. Qu’il avait échoué dans tout ce à quoi il aspirait : même assister au premier anniversaire de sa fille ne lui avait pas été permis. Et qu’Elizabeth remette ça sur le tapis, en disant qu’il aurait pu faire la fierté des siens si seulement il était moins aveugle et moins égoïste, non, ça ne passait pas. Il se sentait beaucoup trop coupable, beaucoup trop égoïste de les avoir laissé mourir alors qu’il était au loin pour entendre une autre personne que lui le souligner.

Matthew sentit sa respiration s’accélérer, et il fit un nouveau pas vers la jeune femme, bien plus menaçant soudain. Ils n’étaient qu’à quelques mettre l’un de l’autre, mais la scientifique pouvait sans doute lire la colère dans ses yeux tandis qu’il reprenait la parole d’une voix sourde.


Ne parles pas de ce que tu ignores. C’est vrai qu’elles étaient fières de moi, et que au fond, c’est pour elles que je fais tout ce que je fais ici. Pour qu’aucun autre père n’ait à souffrir de la mort de son enfant. Elles sont mon seul regret, mais aucune des décisions que j’ai prises depuis que je suis ici n’en a été affectée. Tout ce que je fais, absolument tout, ne vise pas à satisfaire mon ego, contrairement à toi.
Tu crois que j’ai pris cette décision pour t’embêter, pour te défier, pour bafouer ton autorité : tu ramènes tout à toi, Elizabeth. Absolument tout. Le fond du problème, ce n’est pas que j’ai laissé partir Willow, en réalité : c’est que je ne t’ai pas demandé la permission avant. Que je ne me suis pas préoccupé de toi, que je suis passé outre ton autorité. Toi, toi, toi, Elizabeth. Tout le problème tourne autour de toi.


Acheva-t-il en brandissant un index accusateur. Etrangement, l’accès de colère qui brillait dans ses yeux semblait avoir disparu, laissant la place à un détachement sourd, comme si Matthew essayait de combattre ce qu’il ressentait par un désintérêt total. Au moins, cela avait le mérite de lui faire recouvrer son sang froid, un calme trop distant pour être complètement honnête. Matt avait pris l’habitude d’occulter ses souvenirs, et il s’y essayait à nouveau : jusque là, c’était la seule solution qu’il avait trouvé pour être normal et ne pas sombrer dans un profond abattement… ou une envie de tuer tout ce qui pouvait être composé de métal.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Mar 11 Aoû - 18:42

    Matthew... mais il croyait quoi ? Qu'elle restait à la base à se la couler douce ? Qu'elle travaillait toutes ses heures pour le bon plaisir ? Il croyait que ses priorités à elle était de vivre aux frais de la Résistance et de faire en sorte de pourrir la vie des gens qui l'entouraient ? Il voyait les choses d'un seul côté, ce qui exaspérait vraiment Elizabeth. Plus ils avançaient, plus chacun campaient sur ses décisions et plus la conversation était fertile. Il ne semblait rien vouloir entendre et, si il avait au moins voulut admettre l'admissible, elle lui aurait bien céder du terrain mais pour l'heure, elle ne lui laisserait aucune chance. Surtout que la jeune femme n'aimait ni être contredit, ni que l'on remette sa parole, ses compétences et ses aptitudes en doute. Au fond, elle y tenait énormément à cette Intelligence qui lui était propre. Elle et sa soeur avait toujours été différentes, Joy forte dans sa joie de vivre, telle un rayon de soleil, Elizabeth douée dans les domaines de la Science et de l'Intellect, impressionnante. Elle avait trimé trop durement toutes ses années, avait dut affronter le regard moqueur des autres, avait dut leur prouver qu'elle était meilleure qu'eux, avait trop donné d'elle-même dans ce domaine pour qu'un simple soldat se permette de la remettre en question.

    Décidément, c'était une belle et triste déception qu'essuyait la scientifique aujourd'hui. Non seulement elle se disputait avec un ami, mais ils s'étaient ouvertement blessés l'un l'autre. Il était un ami, le seul même à qui elle ait laissé une petite porte ouverte. Ils avaient beaucoup partagés ensemble, avaient été très complices. Comment en étaient ils arrivés à un point si désastreux ? Quelque part, elle était désolée de cette situation, mais ce ressentiment était enfouis sous un éboulis de colère, de rancœur et d'animosité. Elle lui en voulait cruellement et en cet état d'esprit, elle se demandait comment elle pourrait lui pardonner un jour... C'était à la limite du dialogue de sourd désormais, et, puisqu'il n'y aurait probablement plus de retour en arrière, arrivés à cette partie là du chemin, elle ne se gêna pas pour répondre :


    "Que crois tu ? Que je n'ai pour seul dessein que de me prélasser ? Bien sûr, la vie de mes patients et le travail apporté à la Résistance sont mes seules priorités. Peut être que Willow se sentait en état d'aller en mission, mais la réalité est que tu ne peux pas totalement exclure sa partie de métal à ton bon loisir ! Si jamais une défaillance arrive, elle la surprendra, par surprise, car il faut toujours un temps d'adaptation pour de nouvelles prothèses et c'est pour cela que je voulais la garder à la base quelques temps ! Mais cela deviens trop scientifique pour toi et de toute façon, tu n'es qu'un homme buté et étroit d'esprit !"

    C'est sûr ces mots qu'elle se tut, lançant des éclairs. Sa poitrine se soulevait tandis qu'elle croisait les bras. Gardant le silence, elle fulminait, comme un dragon près à lâcher ses déferlantes de flammes. Elle n'en pouvait plus de cette homme qui se croyait le seul impliqué dans tout. Aurait-ce été si dur de la consulter, de lui demander ? Non ! Elle ne demandait tout de même pas l'impossible. Peut être même aurait elle accepté, si elle avait eut le temps d'ausculter la jeune Green Bear pour constater que cela allait bien mais en réalité, elle ne savait pas du tout dans quel état elle était partit en mission. Elle s'imaginait d'ailleurs le pire lui arrivant, un membre qui s'éteignait brusquement, un faux mouvement mal contrôlé qui pourrait amener sur elle le danger, une machine pouvant l'atteindre plus facilement parce qu'elle n'était pas assez forte, pas assez rapide, n'étant tout simplement pas encore habituée à ses nouvelles prothèses. Elizabeth s'en voudrait terriblement, mais en voudrait encore plus à Matthew. Elle s'en faisait la promesse solennelle.

    Mais alors qu'elle avait craché à Matthew des mots d'une dureté extrême, elle vit son comportement si calme - et ô combien agaçant ! - s'effacer brusquement. Ses maxillaires se contractaient de plus en plus, frénétiquement, elle pouvait lire dans ses yeux quelque chose qu'elle n'avait jamais lu, et qui, quelque part, l'effraya, la troubla et l'énerva encore plus : une colère indicible. Jamais elle ne l'avait jamais vue dans un tel état. Quelque part, Elizabeth ne put s'empêcher de sourire, victorieuse. Elle avait réussie à le mettre dans un état de colère. C'était donnant donnant : il l'énervait avec son calme provoquant, elle le provoquait pour qu'il soit moins calme. Au fond d'elle même, elle n'en tirait pas vraiment de fierté ou de contentement, mais c'était une revanche qu'elle considérait bien méritée face à une telle provocation.

    Mais très vite, son petit sourire disparut de son visage pour laisser place à une expression interloquée. A mesure qu'il laissait un flot de paroles à la fois vague et très compréhensible, elle affichait une mine de plus en plus troublée. Elle comprenait qu'elle avait fait une erreur que peut être, il ne lui pardonnerait pas. Elle l'avait touché sur un point sensible, très sensible même. Il était vrai que c'était plus ou moins accidentel, mais elle avait sut que son envie d'être un modèle était réelle, sans vraiment savoir pourquoi. En quelques secondes, elle commença à comprendre, tandis que des bribes du passé de Matthew refaisaient surfaces, Elizabeth resta coite, muette. L'histoire qu'il lui racontait était attristante et la scientifique compatissait. Elle savait qu'elle l'avait touché plus profondément que voulut dans cette histoire.

    De ce qu'elle put en tirer, Matthew avait perdu deux femmes qui lui étaient chères, l'une d'elle était une enfant, l'autre devait être la mère. La façon même dont elle voyait l'Ours changeait. Car on a beau dire que seuls les instants présents définissent une personne, Elizabeth savait que le passé était quelque chose qui faisait que la personne était ce qu'elle était et que cette partie ne pouvait être négligée. Là encore, elle avait le dessus, mais elle n'en était plus très fière. Elle se souvint des paroles sages que lui avait dit son père une fois, lorsqu'elle était enfant et c'était disputée avec une amie de classe qui lui avait fait des révélations sous le coup de la colère : "Les révélations d'une personne proche doivent se faire sous sa propre volonté. Si elles sont faites à contre coeur, tu es redevable à cette personne de quelque chose, tu as une dette à payer.". Elizabeth n'avait jamais vraiment compris, jusqu'à aujourd'hui.

    Alors que la jeune femme s'apprêtait à ouvrir la bouche pour s'excuser - sincèrement, elle en avait l'intention, se sentant fautive - mais il enchaîna si vite qu'elle ne put le faire. Et à vrai dire, elle n'en avait plus envie après quoi ! Comment osait-il la faire passer pour le monstre d'égoïsme qu'elle n'était pas ? Elle n'avait jamais une seconde pour elle, elle travaillait d'arrache pieds, voyait peu sa soeur et ne pensait pas à toucher un seul centime - elle n'était pas intéressée par l'argent de toute façon - pour la dédommager de son travail ! Alors comment pouvait il ? La jeune femme garda le silence quelques secondes. Elle décroisa les bras, le fixa. Il s'était avancé d'un pas et ils étaient déjà proches, mais elle s'avança encore, si bien que leurs visages se seraient presque touchés. Pourtant, elle mettait un pied ferme à ne pas franchir cette dernière barrière. Elle le toisait, la fureur courant dans ses yeux qui ne cillaient pas. Puis elle éclata de rire, avec le même sarcasme que précédemment. Elle comptait bien continuer à le prendre de haut, tant qu'il s'amuserait à la juger et à mal lui parler de la sorte. Alors, avec cynisme, elle répondit sans aucune vergogne, le sourire aux lèvres :


    "Et bla bla bla ! N'as tu pas finit de jouer un coup les héros un coup les victimes ? Nous avons tous vécus des choses pas très joyeuses ici, ne crois pas être le seul. Et jusqu'à preuve du contraire, c'est toi qui rapporte la chose à ton nombril. Le problème est que tu bases trop tes choix sur tes erreurs passés, ce qui te pousse - et tu ne le reconnais même pas ! - à d'autres erreurs ! Tu vis trop dans le passé et ça te dessert, mais pas seulement à toi, aux autres aussi ! Il faut savoir être un peu plus fort parfois et arrêter de se comporter en pleureuse ! On a pas toujours le temps de pleurer sur ce que l'on aimait mais il faut faire avec ! Je ne te croyais pas si faible et ça, ça me fait vraiment pitié. Oui, j'ai pitié de toi Matthew !"conclut-elle sur un ton acerbe.

    Ce discours, elle en était plus convaincue que jamais. C'était sa façon de vivre. Elle avait oublié son père, elle avait oubliée sa honte, elle avait oubliée cette envie de s'excuser. Elle avait parlé avec une assurance non dissimulée, démontant petit bout par petit bout l'histoire de Matthew, la réduisant à la non importance. Elle n'avait pas fait part de sa propre expérience d'une part parce qu'elle n'en avait pas envie, ensuite parce que l'Ours ne le méritait pas, mais aussi parce qu'elle ne voulait pas lui faire le plaisir de tout ramener à "elle". Elle plongeait en lui un regard dardé, perçant, tranchant et très moqueur à la fois. Elle le regardait comme si il n'était qu'une petite chose faible. C'était elle le modèle au fond et elle se sentait à l'heure d'aujourd'hui beaucoup plus forte que lui. Le cliché de l'homme soldat venait de s'effondrer, laissant place à une femme victorieuse.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Mar 11 Aoû - 19:54

Au final, Matthew commençait à comprendre comment ils en étaient venus là. Pourquoi, surtout : parce qu’ils étaient tous les deux aussi passionnés l’un que l’autre, tous les deux tellement sûr de leur bon droit que les excuses ne viendraient jamais. Comment s’excuser pour quelque chose que l’on considère de tout à fait légitime ? Il suffisait parfois de mettre un peu d’eau dans son vin, mais dans le cas de nos deux jeunes gens, c’était perdu d’avance : ils étaient trop honnêtes envers eux-mêmes, trop têtus aussi sans doute pour faire un premier pas qui ne serait qu’un mensonge. Du coup, la situation s’enlisait, et leur échappait de plus en plus : de simple confrontation amiable, cela risquait fort de virer au combat de catch !
Et malheureusement, plus ça allait, plus les paroles rancunières augmentaient. Elizabeth n’était pas en reste, et Matthew demeura pensif face à ses paroles accusatrices. Qu’est-ce qu’il pensait, qu’elle se la coulait douce ? Nan mais oh, fallait voir à pas interpréter ses propos non plus ! Est-ce qu’il avait insinué ça ? Décidément, ces deux-là avaient un gros problème de communication, qui n’allait pas se régler dans l’immédiat. Matt écouta donc sagement les reproches, un sourire ironique sur le visage. On en revenait à Willow, et l’Ours se décida à contre-attaquer sur le même terrain, prenant la parole d’une voix qui se voulait calme.


Et toi, tu ne peux totalement exclure le fait qu’elle est humaine, d’abord ! Tu t’entends parler ? Elizabeth, je sais qu’elle a des bras mécaniques, je sais que ça peut lui jouer des tours, mais quoique tu puisses faire, elle reste d’abord humaine. Tu ne comprends donc pas qu’à force d’insister sur le fait qu’elle est une cyborg, elle se sent comme telle ? J’essaye juste de la considérer comme quelqu’un de normal, pas comme quelqu’un qui a besoin de soins supplémentaires ! Je n’aurais pas gardé l’un des Green Bear a la base, alors, je ne l’ai pas gardé elle. J’essaye de la faire se sentir normale car quoi que tu en dises, tu fais tout pour lui rappeler qu’elle est différente ? Est-ce parce que tu as souffert d’être différente quand tu étais plus jeune, que tu veux qu’elle ressente la même chose ?

Demanda Matthew, mettant délibérément de côté le « buté et esprit d’esprit » dont la scientifique venait de le qualifier. Pas la peine de s’étendre la dessus, d’abord, elle était exactement pareille que lui, et il ne voyait pas pourquoi il aurait l’exclusivité. Il savait qu’Elizabeth allait hurler à ce qu’il venait de dire, pourtant, il se devait de le faire. D’accord, Willow était différente, mais pourquoi insister ? Quand à ce qu’Elizabeth avait pu subir… en fait, il n’en savait rien. Elle était une surdouée, elle avait du en souffrir à l’école, et ça n’allait pas plus loin que ça. Si ça se trouvait, il était complètement à côté de la plaque mais si c’était le cas, elle se ferait sans doute un plaisir de le lui indiquer !
Ils étaient dans une impasse, cela semblait évident. Pourtant, Matthew ne voulait absolument pas abandonner la partie, parce qu’il savait pertinemment qu’un jour, cette scène se reproduirait, et qu’il prendrait exactement la même décision. Ce n’était pas la peine de se jouer le remake, autant crever l’abcès dès maintenant. Mais le problème, c’est qu’ils étaient allés tellement loin que l’Ours ne voyait plus guère comment se justifier, et faire accepter sa décision. Est-ce qu’à chaque fois qu’il déciderait quelque chose, désormais, il aurait des comptes à rendre à la scientifique ? Elle ne voulait pas un rapport détaillés de ses activités, entraînements, missions, bref, tout ce qui touchait de près ou de loin à la cyborg ?

Et puis, Elizabeth prononça les paroles qu’il ne fallait pas. Matthew sentit, confusément, qu’elle s’était aperçu d’avoir commis une bourde, mais aveuglé par la colère, il songea que c’était parce qu’elle avait peur de perdre la partie, peur d’avoir laissé le contrôle de la discussion lui échapper. A la limite, Elizabeth lui aurait présenté des excuses en bonne et due forme que cela aurait été trop tard maintenant, bien trop tard pour que Matthew puisse oublier ce qu’elle avait dit. Et il ne pouvait pas mettre cela sur le compte de l’ignorance, non : c’était au-dessus de ses forces. Le sourire suffisant que la jeune femme afficha à cet instant ne calma pas la colère qui bouillait, non : Matthew n’avait même plus assez de présence d’esprit pour se rendre compte que sa colère avait grandi dangereusement. Il ne ferait pas de mal à Elizabeth, non, jamais : toucher une femme était la pire des lâchetés, et même si cette dernière se jetait sur lui comme une furie, il préférait encore se prendre des coups plutôt que de faire du mal.
Matthew n’était pas un violent, il ne l’avait jamais été. Un peu bourru parfois, légèrement soupe au lait quand il perdait son calme, mais jamais violent. Certes, il faisait partie de l’armée, et il avait déjà tué. Mais parce que c’était nécessaire, jamais par plaisir, ou par envie de violence. Il était peu être parfois expéditif dans ses méthodes, mais frapper quelqu’un sans défense n’avait jamais eu aucune utilité.
Et c’était heureux pour Elizabeth car, sur ce coup-là, Matthew sentait son cœur battre à l’unisson de sa colère, de sa rage même. De quel droit pouvait-elle mettre ça sur le tapis ? L’Ours se rendit compte que ses propos étaient plutôt vagues, mais il n’avait pas envie de s’expliquer, pas envie de déballer ça ici et maintenant, comme une justification à sa colère et à son comportement. Sa femme et sa fille ne devaient pas être mêlées à ça, et il espéra que la scientifique avait compris le message : sûrement, puisqu’elle perdit son sourire triomphant et son air tout aussi fier. Mais les vannes étaient désormais ouvertes, et Matt n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Il continua de parler, sentant peu à peu le flot de la colère se tarir au fur et à mesure de ses paroles. Il était presque calme quand il acheva son discours, et seuls ses yeux flamboyants, posés sur Elizabeth, gardaient encore la trace de sa colère.

Mais ses paroles avaient touchés plus juste qu’il ne l’aurait pensé. Il avait cru distinguer un léger doute dans les yeux de la jeune femme, tout à l’heure, mais ce sentiment disparut aussi vite qu’il était apparu, et Elizabeth éclata de rire, avant de descendre en flèche tout son monologue, le traitant de faible et d’égoïste. Matthew ne savait pas lequel des deux termes était le plus injurieux, en fait, ils l’étaient tout autant l’un que l’autre. La jeune femme avait simplement balayé d’un revers cynique tout ce qu’il venait de dire, retournant contre lui le moindre de ses propos. Mais c’était elle qui l’avait lancé sur ce terrain, n’est-ce pas, Elle qui avait commencé à parler de famille, car sinon jamais Matt ne se serait servi de ses deux amours comme bouclier.
Déstabiliser par tant de méchanceté, alors qu’il venait, tout compte fait, de déployer devant elle une partie de sa vie que personne ne connaissait, Matthew déclara sans vraiment trop y penser :


Je ne vis pas dans le passé, et je ne suis pas une victime ! Ecoute moi bien, Elizabeth, car je ne le redirais pas : c’est bien toi la plus à plaindre de nous deux. Toi qui es si seule, tellement à l’écart. Et je viens de comprendre pourquoi : tu as peur de t’attacher à ton petit monde. Nous avons tous vécus des choses horribles, comme tu le dis si bien. Mais toi, ça ne t’a pas touché, n’est-ce pas ? Tu es la grande, la merveilleuse Elizabeth Decker, celle que tout le monde adule et admire, qui est un grand modèle pour notre société.
J’ai un scoop pour toi : tout le monde ne t’admire pas. Tu es peut-être intelligente, mais sur bien des plans, tu ne connais rien. Tu veux tellement être la hauteur qu’à la fin, tu déçois tout le monde. Moi, Devon, et surtout Joy. Mis à part tes études, rien ne trouve grâce à tes yeux. Finalement, ta petite soeur est le plus à plaindre de nous tous : sa sœur, cette héroïne, ne se montre guère à la hauteur de ce qu’elle doit attendre.


S’attaquer à la famille, c’était petit. Mais après tout, c’était elle qui avait commencé !
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Mar 11 Aoû - 21:04

    Alors qu'elle avait le contrôle de la situation, celui-ci lui échappa une nouvelle fois ! Matthew se permettait de lancer des accusations qui étaient complètement erronées. Jamais ô grand jamais Elizabeth n'avait traité ses patients comme des machines. Bien au contraire, elle avait toujours tout fait pour leur faire comprendre qu'ils étaient des être humains avant tout, elle faisait tout pour les mettre à l'aise et pour leur permettre d'accepter leur différence. Jamais elle ne les avait appelé, devant eux ou dans leur dos, "cyborg", un terme qu'elle trouvait insultant, presque animal, ou pire, dénué de notion d'âme et de vie. Pour eux, ils étaient avant tout des êtres humains à part entière et jamais elle ne les avait vue autrement. Bien sûr, elle remarquait leur différence, car c'est ceux sur quoi elle travaillait : leurs parties mécaniques, mais jamais elle n'avait présenté la chose comme une tare. Bien au contraire, c'était un privilège, une force. Elle savait très bien que depuis le Règne de Skynet, les gens haïssaient les machines et voyaient donc d'un mauvais oeil les gens dotés d'organismes cybernétiques. D'ailleurs, la meilleure amie de sa petite soeur, et également la fille de Meredith, Cassandra Mayer, devait elle aussi depuis peu supporter cette différence. Jamais Elizabeth ne ce serait donc permis de mettre celle-ci en avant. Oui, elle avait souffert du regard des autres étant enfant et alors ? Elle était loin d'être le genre de personne à reproduire les maux que l'on vous a fait souffrir. Cette erreur de jugement, encore une fois, de la part de Matthew ne put que faire monter d'un cran la rancune d'Elizabeth qui, de nouveau, commençait à voir noir.

    "Tu juges, tu juges, mais en plus de faire fausse route tu mets en avant des arguments dénués de sens pour les rallier à ta cause ! C'est effarant d'idiotie !!"

    Elle n'en dit pas plus et garda une nouvelle fois le silence mais, cette fois-ci, elle ruminait. Sa poitrine se levait de plus en plus et de façon plus intense qu'auparavant, au fur et à mesure que la colère lui venait, sans guère vouloir redescendre. Elizabeth était dans un état d'esprit chaotique et si elle avait laisser son sang froid la quitter complètement, elle aurait put vouloir tout détruire. Elle serrait et déserrait frénétiquement les deux poings, comme pour se calmer, mais rien n'y faisait, elle n'y arrivait pas. La scientifique détestait être jugée à tort et à travers, surtout sur sa façon d'être avec ses patients. Elle les appréciait plus qu'elle ne le laissait croire, voir ou entendre, et jamais elle ne les aurait vu comme des cobayes ou des pièces de machines sur lesquelles elle devait travailler. Non, elle n'aimait pas cette insinuation erronée de la femme qu'elle pourrait être.

    Mais c'est alors que Matthew s'emporta plus que jamais. Il avait l'air fou de rage et cette fois, Elizabeth devait bien lui accorder qu'elle avait un peu tout fait pour. Inconsciemment, c'était le but de leur gue-guerre qui avait pris des allures de plus en plus personnelles. Les mots de la scientifique avaient visiblement piqués dans le vif.

    En temps normal, Elizabeth aurait eut honte de blesser ainsi une personne. Même si les disputes étaient rares chez les Decker, dans un couple, il y en a toujours, de temps en temps. Un souvenir d'une dispute particulièrement violente était ancré dans son esprit. Son père, avait ce même don de trouver les mots qui touchaient, blessaient les gens là où ça faisait vraiment mal. Lors de cette dispute plus virulente que d'autre, Monsieur Decker avait balancé des choses très piquantes, incisives à sa femme qui avait simplement fondu en larmes. C'était Elizabeth et Joy qui étaient allées la voir dans sa chambre quelques minutes plus tard pour la consoler et leur mère, dans sa tristesse, c'était révélée d'une infinie reconnaissance et d'une douceur sans bornes. Leur mère avait toujours été une femme très pétillante, douce et aimante. A l'image de Joy.

    D'ailleurs en parlant de Joy, le Green Bear avait entamé sa plaidoirie et, à vrai dire, elle fut loin de plaire à Elizabeth, très loin. Car il mettait le doigt sur trois points sensibles. Premièrement, cette façon sarcastique de voir ce qu'Elizabeth considérait comme une force, de montrer du doigt sa solitude et de la faire passer, une fois encore, pour une femme présomptueuse. Ce qui n'était, sur ce coup, pas tout à fait faux et qui énerva donc encore plus la scientifique. La tension montait d'un cran, mot après mot, regard après regard, toujours plus assassins. Ensuite, il laissait clairement entendre qu'elle décevait tout le monde, ce qui la blessa profondément. La jeune femme faisait tout pour ne jamais décevoir les autres car la peur du rejet et de l'abandon - tout comme de la perte - était le plus grand mal de l'aînée des Decker. L'idée qu'elle puisse seulement décevoir quelqu'un lui était insupportable. Elle donnait pourtant toujours le meilleur d'elle-même. Mais c'est lorsque Matthew mit le doigt sur le troisième point qu'il commis la plus grosse erreur. Prendre Joy comme outil pour la blesser, c'était misérable à ses yeux. Joy... Elle l'aimait tant... L'idée de ne pas être le modèle à la hauteur de son devoir qu'elle mettait un poing d'honneur à être lui était étouffante. Les propos de Matthew lui faisait l'effet de deux mains enserrées autour de sa gorge, l'empêchant de respirer. Face à cela, tout son corps disait non. Sa poitrine se soulevait encore et toujours plus vite. Dans ses yeux pouvait se lire plus de haine que jamais. Le tic-tac incessant de l'horloge, derrière eux, l'énervait encore plus. Ses poings se serraient, puis se desserraient encore plus vite, pour s'arrêter, lorsque ses mains étaient trop tremblante. La rage. Une rage incontrôlable. Ses lèvres en tremblaient presque. Blessée au plus haut dans son orgueil, Elizabeth perdit tout contrôle, de la situation, d'elle-même, physiquement et moralement. D'un geste éclair qu'elle même n'eut pas le temps de réaliser au début, elle le gifla. Le bruit sec, "clac !", résonna dans la salle qui était désormais silencieuse, ou presque, la respiration d'Elizabeth griffant l'air, son coeur battant comme un tambour de guerre. Elle fulminait de tout son être.

    La jeune femme ne regretta en rien son geste. En fait, elle était tellement hors d'elle qu'elle avait encore du mal à le réaliser. Et pourtant, elle l'acceptait, le revendiquait de tout son corps. Certains se calment après un tel excès de colère, mais pas Elizabeth. Au contraire, elle était dans une colère toujours pire à chaque instant. Alors, sa voix s'éleva, dans un souffle menaçant et tranchant, tandis qu'elle articulait :


    "Sors d'ici, tout de suite !"

    Elle ne parlait plus à son ami, et il ne s'agissait plus là que d'un simple désaccord. Tout s'était envolé. De l'amitié à la haine, il y a toujours plus qu'un pas, mais quand on les a franchis, il semble cruellement difficile, impossible parfois même, de revenir en arrière. Elizabeth, elle, n'y était clairement pas résolut, tandis que son souffle ne se calmait pas. Elle repensa à Joy et aux propos de Matthew et, alors que la tristesse commençait à l'emporter, laissant une lueur amère traverser l'espace d'une demi-seconde son regard bleu-vert, la haine, comme pour protéger Elizabeth de toute mélancolie, refit son apparition en un instant et la jeune femme n'attendait plus rien de ce qu'elle aurait appelé autrefois "son ami".
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Mer 12 Aoû - 19:37

Pour la première fois depuis le début de cette discussion, Matthew se rendit compte que la scientifique n’avait peut-être pas tout à fait tort. Bon, ce n’était pas des excuses attention, il n’était pas prêt à en arriver là, mais il n’empêche, il devait reconnaître que malgré la colère qui l’aveuglait, elle semblait plus lucide que lui. Ou à cause, justement ? C’était difficile à déterminer. Au final, elle avait tout de même raison quelque part, et cela exaspérait le Green Bear de devoir secrètement le reconnaître : il la jugeait belle et bien, et se servait de ses propres déductions pour en faire des vérités. Et c’était tout aussi stupide qu’elle l’insinuait !
Une chose était vraie, Matt n’était pas très à l’aise avec les mots : il ne savait pas parler. Il préférait, et de loin, une petite discussion bien simple à une autre qui exigeait qu’il parle de lui-même. Certes, il savait prendre la parole en public, mais il était bien plus apte à discuter stratégie, à expliquer tel ou tel point de détail, qu’à se pencher sur ses sentiments et ses idées. Il ne parlait pas souvent de lui-même, et évitait au maximum les longs discours. Une ou deux phrases suffisaient amplement, car plus, il se perdait dedans, et ne savait plus ce qu’il voulait dire à la fin. Matthew le savait, il était un leader charismatique… du moins, tant qu’on ne lui demandait pas de trop parler. Les discours de motivation, il maîtrisait, la pédagogie de ses troupes aussi, mais guère plus, il l’avouait bien volontiers. Alors, cette discussion avec Elizabeth, car dans sa tête il avait du mal à s’avouer que c’était un véritable règlement de compte, était en train de prendre une tournure qu’il ne maîtrisait plus guère. Cela expliquait la faiblesse de ses arguments et, à chaque fois que les arguments pêchent, il faut bien sortir l’artillerie lourde : les mesquineries, les attaques personnelles. Pas besoin de trop les circonstancier, ça fonctionnait tout seul !

Et Matthew savait pertinemment où attaquer la jeune femme, comme elle savait bien où frapper pour que cela fasse mal. Son équipe, ses responsabilités, sa culpabilité… il y en avait, des sujets à creuser, et la scientifique ne se gênait pas pour le faire, elle non plus. Pas que tout soit de sa faute, non, Matt savait reconnaître sa part de responsabilités dans cette dispute, mais quand même, s’il fallait choisir un bouc émissaire, fallait bien que ce soit elle ! Alors il se laissa emporter, se rendant pourtant compter qu’elle le manipulait avec une facilité déconcertante, l’emmenant exactement là où elle désirait qu’il soit. Elle avait voulu le faire sortir de ses gonds ? Elle y était parvenue, et en beauté encore !
Mais arrivé à ce point, l’Ours savait que le retour serait bien plus difficile. Chaque pas dans cette direction était un pas de plus à faire pour revenir en arrière, et désormais, elle et lui étaient loin de leur point de départ ! Malheureusement, il y a une différence énorme entre ce que l’on pense et ce que l’on dit, particulièrement dans les moments de colère aveugle comme celui-ci. Les mots ont dépassé ma pensée, ce n’était pas ce que je voulais dire… des excuses maintes fois utilisées, mais qui n’étaient pourtant pas totalement dénuée d’une certaine vérité. Le cerveau humain résonnait étrangement, et quand il ne raisonnait plus du tout, sous le coup d’une émotion forte, c’était encore pire que tout.

Avant même de les prononcer, Matthew avait regretté le moindre de ses mots. Il s’était senti affreusement mesquin et odieux d’attaquer la jeune femme sur ces points précis, des points qui, il le savait, la toucheraient particulièrement. Pour sa défense, il aurait pu dire qu’il s’était senti tellement mal, tellement triste de ce qu’elle venait de lui sortir qu’il n’avait qu’une envie, la blesser profondément à son tour. Œil pour œil, dent pour dent… Et le pire, c’est que cette envie de lui faire du mal s’était exprimée de façon totalement inconsciente. L’Ours n’avait même pas fourbi ses armes, il n’avait pas réfléchi une seconde avant de choisir son sujet : il avait juste pensé à se montrer méchant. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’était avéré doué, sur ce coup là ! Railleur, mesquin, mauvais même, il aurait sans doute remporté l’oscar du plus grand méchant de la Base… et du plus stupide, surtout !
Car il venait de se comporter comme le plus crétin des abrutis, sur ce coup là, et il aurait tout donné pour revenir en arrière, pour qu’Elizabeth n’ait pas entendue, qu’elle est été ailleurs une petite seconde… mais bien évidemment, la surdité instantanée ne se déclenche pas sur commande, et la jeune femme avait bien tout entendu. Bien enregistré et analysé, aussi : elle tremblait de tous ses membres, le visage congestionné de colère, et Matt crut un moment qu’elle allait arrêter de respirer sous l’effet de la rage.

La main d’Elizabeth claqua sur sa joue sans même qu’il ne puisse la voir arriver et, ça aurait été le cas, ce n’était pas sur qu’il aurait cherché à l’éviter, tant il se sentait coupable. Elle était mérité, amplement mérité, et l’air penaud de l’Ours clamait haut et fort qu’il le savait. Il n’avait rien à dire, et essayer de se justifier aurait été complètement puéril : il s’était montré totalement irrespectueux et borné, sur ce coup-là. Autant Matthew n’était pas d’accord pour avouer une erreur qu’il ne pensait, en son âme et conscience, pas avoir commise, autant il ne cherchait pas à dissimuler ses torts quand il était en faute. Il savait reconnaître ses erreurs, malgré ce que lui avait clamé la scientifique, et il savait que là, il était allé trop loin. Ce n’était même pas une gifle qu’il méritait, mais bel et bien un bon coup de poing !
Mais la scientifique ne lui accorda pas le plaisir de l’étaler pour le compte, et de laisser l’inconscience faire s’évanouir son sentiment de culpabilité. Au contraire, elle reprit la parole, d’une voix tranchante et où ne pointait aucune pointe de regret, et lui ordonna de sortir sur le champ.
Elle avait raison, entièrement raison, et Matthew « je suis un idiot » Carson se serait, en temps normal, volontiers plié à sa demande. Mais pas là : il se refusait à laisser Elizabeth dans cet état, et surtout, il se refusait de mettre un terme si catégorique à leur amitié. Car en son for intérieur, il avait la douloureuse impression que si jamais il mettait un pied en dehors de ce bureau, ce ne serait même pas la peine d’essayer de recoller les morceaux : ils resteraient brisés à jamais. Et cela, l’Ours ne le voulait pas.

Certes, ils s’étaient balancés des choses horribles à la figure, mais dans toute amitié, il y avait des hauts et des bas, non ? celui-là était un bas complètement abyssal, mais il n’empêche, cette dispute ne sonnerait pas le glas de leur relation, Matthew se le promit. Il ne céda donc pas à l’injonction d’Elizabeth, restant immobile tout en la regardant. Il cherchait comment prendre la parole, désireux de ne pas faire de nouvelle gaffe. Mais est-ce qu’il maîtriserait suffisamment l’art de la rhétorique pour calmer la colère toujours présente de la jeune femme, ça, c’était une excellente question. Matthew, en tout cas, avait senti sa colère retomber au moment pile où il avait prononcé les mots qu’il considérait maintenant comme difficile à pardonner. Difficile, mais pas impossible, il fallait sérieusement l’espérer.
L’ours inspira profondément avant de poser ses yeux sur Elizabeth, le regard plus suppliant qu’il ne l’aurait voulu. Un peu plus angoissé, également.


Je suis désolé, mais je ne peux pas sortir et te laisser comme ça. C’est… j’ai…

Le leader eut un rire sans joie avant de finalement conclure.

Je ne suis qu’un gros nul, tu avais raison depuis le début. Je ne pensais pas ce que j’ai dis, jamais je n’aurais osé le penser, je t’apprécie bien trop pour ça. Je… que veux-tu, je suis un imbécile, et toi… tu l’es aussi, mais moins que moi. Enfin, ce que j’essaye de te dire, c’est que… j’suis désolé. Pour tous ce que je t’ai dit, et aussi ce que j’ai pu laisser entendre. Enfin, sauf concernant Willow et la mission, mais tout le reste, c’était complètement pitoyable de ma part.

Il avait fait une tentative d’humour complètement pourrie, ses excuses étaient maladroites et mal construites, mais il y avait une chose dont Elizabeth ne pouvait pas douter : il était entièrement sincère, et se sentait coupable encore plus que tous les mots n’auraient pu le décrire.
Du coup, Matt avait douloureusement conscience d’avoir mis entre les mains de la scientifique tout ce qui concernait leur relation future. Il avait tout déballé, sans essayer de se justifier ou de se trouver des excuses, mais maintenant, c’était à Elizabeth de réagir. Et Matt avait beau être un résistant, leader des Green Bears, courageux combattant contre ces foutues machines envoyés par Skynet… là, il n'en menait pas large.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Mer 12 Aoû - 21:07

    C'était étrange, mais toute colère semblait avoir disparut du visage de Matthew. Cette claque lui aurait elle remis les idées en place ? Aurait il comprit, face à la fureur d'Elizabeth, les erreurs commises, les lourdes paroles prononcées ? Probablement. Elizabeth, quand à elle, n'en désemplissait pas de rage et son souffle était toujours rapide. Les battements de son coeur étaient toujours forts, et elle eut l'impression que la peine venait déchirer son organe vitale. C'était une étrange sensation. La blessure de l'orgueil et la déception causé par un ami. Laissant la porte rarement ouverte, elle n'était pas accoutumée à ce genre de sensation, ce qui la rendait plus dure à supporter. Mais son état d'esprit lui, n'avait pas foncièrement changé. La scientifique était toujours enfermée dans cette rancoeur sans nom, aveuglement. Matthew pourtant, lui, avait l'air de plus en plus déconfit, attristé. Une part d'elle, cette partie triste et nourrit de regret, le remarqua, l'autre part, écumante de rage, l'ignora royalement. Elle soutint se regard suppliant sans ciller, sans laisser place à un peu plus de douceur, ou tout du moins, de compassion. Son corps tremblait moins, mais le silence qui s'imposait, lourd de tension, pesant, ne l'aidait pas, et ce maudit "tic-tac" du temps l'irritait un peu plus chaque secondes, comme si elle attendait qu'il parle, qu'il réagisse, même si ce fut pour l'insulter et ce jeter sur elle. Chaque seconde lui étaient insoutenables et semblait faire monter sa colère. La tension était toujours palpable et elle ne savait si cette gêne émanant de Matthew l'aidait à se calmer ou, au contraire, l'exaspérait plus encore. Et alors qu'elle crut que ce mutisme continuerait encore longtemps, il rompit le silence.

    Il prononçait déjà ses excuses et elle les écouta attentivement. Toujours respecter l'effort de l'autre, les excuses prononcées, telle était l'enseignement de sa mère. Cette femme avait toujours été douce et était enclin à accorder le pardon facilement, surtout dans ce genre de situation. Elizabeth, elle ressemblait plus à son père, orgueilleuse, rancunière et têtue. Mais dans ce cas là, elle n'avait nullement envie de reprendre le dessus. C'était plus complexe, mais je vous l'expliquerais tout à l'heure. Pour l'heure, elle écoutait les tentatives maladroites du Green Bear pour qu'elle lui accorde son pardon. Elle ne croisa pas les bras. Certains disent que les croiser signifie que l'on se ferme à la conversation. Mais l'inverse voulait il dire qu'on y était pleinement ouvert ? Ce n'était pas forcément la chose la plus certaine... Mais elle ne cilla pas, sans vraiment réagir non plus. Aucune réaction, aucune émotion, plus même la haine - bien qu'elle n'apparaissait pas comme étant la femme la plus heureuse du monde - ne pouvait se lire sur son visage. Elle écoutait, simplement, sans rien dire.

    Elizabeth garda le silence quelques secondes seulement, mais le temps lui parut être interminable et elle se dit que cela était probablement pire pour Matthew. Elle ne réfléchissait pas à ses mots prochains, on pouvait même dire qu'elle avait l'esprit vide. Oui, elle était vidée. C'était comme si le soufflet retombait brusquement, après avoir éclater violemment. C'était une sensation très étrange, et loin d'être agréable. Finalement, elle répondit avec un ton glacial, un brun sarcastique, dénué de compassion et dure, face à une réaction si responsable de la part de Matthew :


    "Tiens, tu es bien soucieux de savoir ce que je ressens maintenant. Moi pas. Tes excuses, Willow, cette histoire, je m'en fiche. Je me fiche de toi, je me fiche du reste. Je vais continuer à être égoïste et nombriliste. Et je te prie de sortir."

    Le ton n'était pas élevé, mais il tranchait à coup sûr avec les excuses de Matthew. Vous vous dîtes qu'Elizabeth voulait garder ce dessus, avoir le dernier mot, remporter la bataille comme précédemment ? Voilà l'explication promise de tout à l'heure. Sachez que ce n'était pas l'orgueil qui motivait Elizabeth. Mais la peine, la déception et surtout les regrets. Elle aussi, déjà, commençait à s'en vouloir des mots mauvais qu'elle avait put lancer. Elle regrettait aussi de gâcher cette amitié si belle qui s'annonçait à eux et promettait tant de choses. Mais tout d'abord parce qu'elle ne savait pas vraiment s'excuser - de sa vie, hormis avec sa famille, elle ne l'avait que rarement fait et aurait été cent fois plus maladroite que Matthew - elle n'avait put lui rendre la pareil. Mais aussi et surtout, elle était blessée, et avait tellement honte de la situation qu'elle n'osait admettre ces torts. C'était idiot, mais elle avait l'impression qu'elle paraîtrait encore plus bête si elle s'excusait maintenant, ainsi, simplement. Et en même temps, quelque part, cette colère était toujours présente et plus elle se remémorait leur dispute et les arguments lancés, plus celle-ci refaisait surface. Elle en était à un point où pour elle, l'amitié n'était plus envisageable. En fait, Elizabeth était un peu comme un hérisson. Touchez la, là où ça fait mal, effrayez la, et elle se recroqueville sur elle-même, s'enferme, ne montrant d'elle plus que des pics acérés et prêts à trancher. La jeune femme avait remis une carapace, plus dure que jamais peut être, entre elle et Matthew. Pour l'heure, elle était dans une phase ou aucun pardon - ni venant de lui, ni venant d'elle - n'était envisageable ou possible. Quelque part, elle ne le haïssait plus, mais il lui était redevenu cet inconnu qu'elle ne désirait pas connaître, ce qui était bien pire. La jeune femme avait toujours fonctionné ainsi, mais auparavant, jamais elle n'avait eut à regretter une amitié. Peut être, cette fois-ci, serait différente. Pour l'heure, elle se contentait d'agir comme à l'accoutumée, en se renfermant sur elle-même.

    Elizabeth observa Matthew droit dans les yeux, sans ciller, avec ce quelque chose d'abrupte et à la fois de plus en plus lointain. Comme si elle plaçait, déjà, les barrières qu'il avait réussit à traverser auparavant. Ce système d'auto-défense était à double-tranchant. Autant Elizabeth clamait haut et fort qu'elle le désirait et en était maître, autant il prenait de plus en plus pas sur elle et devenait comme un réflexe donc de par ce fait, totalement incontrôlé. Il sera destructeur dans un avenir proche, mais Elizabeth n'en a malheureusement pour elle pas encore conscience. La chute sera dure...

    Alors elle reprit, après ce silence qui, encore une fois, n'avait duré que quelques secondes - mais paraissait interminable - d'une voix détachée, frigorifique et quelque part injuste :


    "Dehors maintenant, j'ai du travail, des choses bien plus importantes à faire que cette discussion inutile. Tu vois, je te laisse garant de ta précieuse Willow mais ne vient plus me parler d'elle, ni de quoi que ce soit d'autre d'ailleurs. Cela n'a plus d'importance."

    Une fois encore, son discours était cassant. On dit que ceux qu'il est pire d'ignorer que de haïr, car dans la haine, il y a un attachement émotionnel que le mépris n'a pas. Et Elizabeth instaurait une distance qui serait douloureuse. Mais pour l'heure, la jeune femme n'en avait que faire. Elle fit volte-face, alla se rassoir à son bureau et commença à s'occuper du premier dossier qui était resté sagement en haut de la pile. Sans même adressé un dernier regard au leader des Green Bear, elle lâcha d'une voix désormais totalement distante, comme si elle n'en avait que faire de lui, ou pire, moins à faire que de son dossier :

    "Aller, dehors ! J'ai du travail."

    Toute colère avait disparut. La jeune femme semblait plus froide que jamais. Elle se serait presque mis à le vouvoyer, pour peu. Elle était vide, ou du moins, le montrait autant que possible, comme si elle n'exposait plus désormais ses sentiments au Green Bear. Après tout, elle n'en avait que faire des siens, désormais.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Jeu 13 Aoû - 17:10

Au moins, elle l’avait écouté sans rien dire, c’était déjà ça. S’il devait être complètement honnête envers lui-même, Matt devient bien s’avouer qu’il n’aurait pas su reprendre si elle l’avait interrompu. Pas parce que ses excuses étaient fausses, non, mais bien parce que l’Ours n’aurait pas été capable de chercher encore plus de mot. Les rares fois où il se disputaient avec quelqu’un, c’était avec son père, ou quelques camarades : dans ses cas là, une bière, une tape sur l’épaule et on n’en parlait plus, c’était simple. Avec Mary, sa femme…ce n’était pas forcement compliqué. La jeune femme était très sensible, et il suffisait que la conversation monte un peu pour voir ses jolis yeux se remplir de larmes. Et dans ces cas-là, la dispute s’arrêtait d’elle-même, Matt ne pouvant supporter d’être la cause de ces pleurs, et était prêt à avouer n’importe quoi pour qu’elle retrouve le sourire : murmurer je t’aime suffisait, généralement. Mais avec Elizabeth, c’était bien plus compliqué que ça, et l’Ours n’était pas sur de se montrer à la hauteur.
Un long silence suivit les paroles du leader, des secondes interminables qui s’égrenaient au fur et à mesure du tic-tac de l’horloge. Matt était au supplice, et il avait l’impression que la jeune femme prenait son temps histoire de bien se venger. C’était peut-être faux, mais en tout cas, elle en aurait eu complètement le droit. Elle avait tous les droits, à ce moment là, et exerçait sur lui un contrôle qu’elle devait être loin d’imaginer. Mieux valait d’ailleurs qu’elle ne s’en doute pas, pour son ego de mâle tout d’abord, ensuite, parce que cela pouvait faire prendre une tournure étrange à leurs relations futures.

Et finalement, la voix de la jeune femme claqua, comme une nouvelle gifle. D’un ton glacial et déterminé qui ne semblait admettre aucune réplique, Elizabeth lui indiqua qu’elle s’en fichait, désormais, et qu’elle n’éprouvait pas le besoin de s’intéresser à sa tristesse et à ses remords. Pas plus qu’à toute cette histoire, d’ailleurs.

Matthew, optimiste, se dit qu’après tout, c’était déjà un pas en avant : ils n’étaient plus là à se balancer des insultes, désormais. C’était déjà une grande victoire, n’est-ce pas ? Mais désormais, Elizabeth semblait bouder : enfin, bouder n’était pas le terme exact, mais c’est le seul qui vint à l’Ours à cet instant. Elle avait été blessée, bafouée, trahie, et bien d’autres choses encore : ça, il pouvait aisément le comprendre, vu qu’il était en majorité responsable de ça. Il espérait, d’un côté,n que cette froideur de façade était une façon comme une autre d’avouer qu’elle s’en voulait un peu, sauf qu’elle ne savait pas comment le dire.
D’un autre côté… Matt devait bien reconnaître qu’à nouveau, il tentait de s’auto persuader qu’Elizabeth se renfermait dans sa carapace comme une tortue blessée, mais après tout, il n’en savait rien. Peut-être que l’attitude de la jeune femme démontrait clairement qu’à ses yeux, leur amitié n’avait plus de sens, et que cette dispute plus violente qu’à l’accoutumée avait fait de gros dégâts. Un peu comme l’ouragan Katrina qui avait ravagé les Etats-Unis il y a des dizaines d’années, et qui avait laissé sa marque indélébile sur la Nouvelle-Orléans, des traces qui n’avaient jamais totalement disparues… est-ce que leur dispute signifiait la fin, brutale et sans retour en arrière possible, de leur amitié ?
Non, l’Ours ne pouvait pas y croire, ou ne voulait pas, tout simplement. Le psy de la Base en aurait eu des choses à analyser, à cet instant, sur la vague de sentiments qui déferla en Matthew, clairement visible sur son visage : regrets, tristesse, et surtout culpabilité. Honte, même, la honte de ne pas avoir su se taire, de ne pas avoir su se contrôler, de ne pas avoir su s’arrêter, tout simplement. Car, comme avec Mary, là, Matt était prêt à tout prendre à son compte pour se faire pardonner, pour ne plus voir en Elizabeth ce masque de froideur et de mépris pour ce qu’il était. Il avait, inconsciemment, endossé la culpabilité de toute la dispute, tous les mots échangés, alors qu’objectivement, ce n’était pas entièrement sa faute. Mais s’il fallait se sacrifier pour que leur relation reprenne comme avant, et bien, Matt était prêt à jouer les martyrs, et sans se plaindre encore !
Mais comment expliquer ça à la scientifique qui se tenait, immobile, face à lui ? Matt avait fait de la non divulgation de ses sentiments une règle de vie, et il lui était difficile de la briser maintenant. C’était comme de reprendre le sport après des années de non pratique : on en mourrait d’envie, mais on doutait clairement de se montrer à la hauteur. Pourtant, Matt savait qu’Elizabeth ne pouvait le deviner s’il ne s’y essayait pas. Elle n’était pas devin, malheureusement, et elle devait maîtriser toutes les cartes avant de se décider une bonne fois pour toute : l’Ours ne se pardonnerait jamais de la perdre comme amie s’il n’avait pas tout tenté » pour reconquérir cette relation précieuse à ses yeux !

Elizabeth reprit la parole, sortant Matthew de ses considérations. Elle avait la voix plus froide que jamais, mais cette fraîcheur n’était pas le pire. Non, le pire, c’était bien cette distance qu’elle instaurait, ce mépris à peine dissimulé mais qui indiquait clairement à l’Ours qu’elle n’en avait plus rien à faire, désormais. L’indifférence… comme disait un poète, aimez moi, détestez moi, mais par pitié, ne m’ignorez pas. Et c’est justement ça que lui faisait ressentir Elizabeth en cet instant, ne daignant même plus lever les yeux sur lui, faisait comme s’il n’était pas là ou presque.
Matt se sentit désemparé, mais ce n’était pas son genre de baisser les bras. Pourtant, que pouvait-il bien répliquer, mis à part obéir et tourner les talons ? Décidément, sa vie l’avait préparé à bien des choses, mais un homme était toujours aussi désarmé face au mépris d’une femme…et elles étaient traitées de sexe faible ?


Très bien, je vais te laisser à ton travail. Mais une dernière chose : je sais que je t’ai blessé et, si cela peut être une consolation, je donnerais n’importe quoi pour rattraper ça. Vraiment n’importe quoi, sincèrement. Tu es précieuse à mes yeux, et l’idée que j’ai tout gâché… mais bref. Tout ce que je peux espérer, c’est que tu comprennes que je ne pensais pas un seul mot de tout ça.

Il aurait tellement voulu lui dire qu’elle devait réfléchir, qu’elle ne devait pas tout baser sur quelques mots méchants échangés ! Lui dire que s’il franchissait cette porte, c’en serait fini d’être amis, qu’il avait peut-être fait des erreurs, mais qu’elle était, à cet instant, était d’en faire une monumentale.
Oh oui, il aurait voulu, mais rien à faire, cela ne sortait pas. Il était prêt à beaucoup de choses, mais peut-être pas à supplier pour une cause perdue d’avance. En attendant, il restait près de la porte, à supplier il ne savait quel entité qu'elle puisse un jour lui pardonner toutes ces paroles échangées.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Jeu 13 Aoû - 18:43

    Elizabeth, si elle avait levé les yeux, aurait vue à quel point Matthew était désemparé et pris au dépourvu. De la à dire que cela l'aurait fait changer d'avis, ni oui, ni non : nous ne le serons jamais. Car la jeune femme, bien décidée à s'enfermer dans son château de glace, ne leva pas les yeux sur lui. Le soufflet était retombé, plus de colère, plus de tension, même le tic-tac de l'horloge ne l'irritait plus. Elle était déjà plongée dans son dossier qu'elle lisait avec rapidité, comme si elle voulait en finir avec ce dossier. Elle l'écouta à peine, même, lorsqu'il reprit la parole. Elle l'entendait, parce qu'il brisait le silence et que sa voix lui était toute destinée, mais les mots ne la touchaient plus, comme si quelque chose faisait barrière.

    La rancoeur. Le sentiment le plus dévastateur pour une amitié. Elizabeth aurait put s'en vouloir, elle aurait put lui pardonner, elle aurait put aller vers lui et le regarder avec des yeux navrés qui ne demandaient que le pardon, ou n'attendaient que de l'accorder. Mais il n'en fut rien, jamais. Parce que la jeune femme avait une décision bien ancrée dans son esprit : lorsque l'on vous blesse et que vous reniez une amitié, il n'y a pas de retour en arrière. C'était catégorique, dur, injuste même, mais s'en était ainsi. La jeune femme, ceci dit, n'avait jamais appliqué cette règle depuis qu'elle était à la Résistance, n'ayant jamais laissé à quiconque une place pour de l'amitié, hormis Matthew. Il serait le cobaye. Mais au final, l'expérience ne se retournerait elle pas contre la scientifique ? Ce serait une situation bien ironique, et peut être, alors, ce serait Matthew qui mettrait les barrières vers une voie de non retour. Comme vous pouvez le comprendre, la situation était encore plus délicate qu'au début et le choix que venait de faire Elizabeth lui serait peut être fatal. Ou peut être pas ! Si elle réussissait à tenir à sa propre règle, Matthew ne lui manquerait jamais et leur amitié ne referait jamais surface. Pour l'heure, le futur était incertain, sauf dans l'esprit naïf d'Elizabeth qui était sûre d'être engagée dans la deuxième option, celle où elle était maître de son choix.

    Le silence se fit, mais pas tout à fait. Elle entendait la respiration de l'Ours, là, tout près de la porte. Il semblait attendre. Attendre quoi ? Qu'Elizabeth se lève, et s'excuse ? Il pouvait courir ! Non, elle n'avait plus le temps pour cette histoire, et plus l'envie d'en donner. Pour l'heure, elle était penchée sur un dossier. Devinez lequel ? Celui de Willow Daugherty ! Si le hasard ne rendait pas la situation d'une ironie culottée... Cela aurait put être un signe, mais vous allez apprendre une chose sur Elizabeth : en scientifique qui se respecte, elle ne croit pas aux notions de chance, de hasard, de signes, de théologie même... Elle croyait en des valeurs concrètes, terre à terre qu'elle était, et ne se basait donc que sur ce qu'elle pouvait voir, sentir, toucher, goûter, entendre et contrôler. Tout le reste n'était que notions abstraites à ses yeux. Et peu à peu, elle ajoutait l'amitié à ces dîtes notions abstraites. Que voulez-vous, quand on est déçue et blessée par la seule amitié forte que l'on possède... on n'y croit plus vraiment.

    Toujours fut il qu'elle laissa quelques secondes s'écoula, toujours sans se tourner vers Matthew, pensant qu'il n'allait pas tarder à partir. Cependant, il ne semblait toujours pas décidée. Elizabeth réprima un sourire, non pas par politesse mais pour ne pas montrer qu'elle attachait une quelconque importance à sa présence. Mais finalement, elle ne put s'empêcher de lâcher, toujours avec indifférence :


    "Écoutez Matthew, je pense que vous n'avez plus besoin de rien, moi non plus, alors si vous pouviez me laisser désormais, j'ai des choses vraiment importantes à faire."

    Quelque part, Elizabeth avait bien choisit ses mots. Par "je pense que tu n'as plus besoin de rien, moi non plus" - elle avait insisté sur ces trois derniers mots - elle sous entendait que c'était de lui qu'elle n'avait plus besoin. Ensuite, elle n'avait pas dit "des choses vraiment plus importantes" à faire, pour ne pas laisser entendre qu'il pouvait encore avoir de l'importance, ne serait-ce qu'un peu. Mais surtout, et vous l'aurez noté, c'était ce vouvoiement, qui l'éloignait plus que jamais d'elle, qu'elle avait employé en s'adressant à lui. Elle avait d'ailleurs bien ajouté son prénom, pour être sûre qu'il comprenait qu'elle s'adressait à lui. C'était cruel et froid, mais c'était ainsi qu'Elizabeth s'adressait à tout inconnu.

    La jeune femme alors, se ferma complètement, n'écoutant plus rien, et priant pour qu'il s'en aille. La jeune femme était tellement concentrée, qu'elle passa de longues minutes les yeux rivés sur son dossier, sans lever la tête. Au bout d'un moment, n'entendant plus que le silence, elle jeta un coup d'oeil pour constater que Matthew était bel et bien partit... Elizabeth haussa les épaules avec indifférence et se re-concentra sur son travail. Elle s'enferma dans ses dossiers tout l'après-midi, cherchant à oublier cette histoire et à en effacer toutes traces en laissant le travail la submerger. Matthew Carlton était redevenu un étranger.
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MessageSujet: Re: Let anger get in the dance... | Matthew [TERMINE]   Ven 14 Aoû - 13:09

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