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[Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]

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Skynet
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MessageSujet: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Sam 15 Aoû - 23:24

Mercredi 18 avril 2029. 11h15. Garage.

  • La base s'agitait depuis plusieurs heures comme une véritable fourmilière. Chacun courrait de droite à gauche pour suivre les ordres qui lui avaient été donné, assurer le rôle qui lui avait été confié... Chacun était mis à contribution et chacun tenait à avoir la tête et les mains occupées : n'importe quoi pour ne pas penser aux Cargo Vultures qui tournaient au-dessus de la ville. Même la plus bénigne des tâches semblait aujourd'hui d'une importance cruciale, et en conséquence tout le monde y mettait de son coeur, un peu trop même.

    Les ateliers ne dérogeaient pas à la règle, et lorsque Meredith Mayer y pénétra, ce fut pour être aussitôt assaillie de bruits en tout genre allant de la tronçonneuse au chalumeau. Slalomant entre les techniciens, le leader de la base aperçut enfin la personne qu'elle cherchait. Elle s'approcha et attendit que Cheyenne Quinlan la remarque, préférant ne pas la déranger dans son travail, même lorsqu'elle n'avait qu'un banal fer à souder en main (on ne sait jamais, elle avait eu le malheur de faire sursauter un médecin et il lui avait renversé son café brûlant sur le chemisier, elle avait autre chose à faire que de se changer toutes les cinq minutes). Allez savoir pourquoi, les résistants étaient inhabituellement tendus aujourd'hui...

    « Cheyenne, j'ai besoin que vous vous rendiez à l'entrée sud-est. Le talkie-walkie d'un Green Bear a rendu l'âme. » annonça-t-elle lorsqu'elle eut l'attention de la jeune femme. Avant que celle-ci n'eut l'occasion de protester à l'idée de se déplacer pour un banal talkie-walkie, elle reprit : « Et tant que vous serez là-bas, trouvez Carson. Il nous faut mettre en place des charges sur le périmètre de sécurité pour protéger les entrées et limiter l'avancée d'éventuels ennemis si besoin est. Faites-lui votre rapport sur les moyens à mettre en place, et suivez ses consignes. Je compte sur vous. Lancaster, Caldwell et Clemons s'occupent du reste du périmètre. Soyez discrets et rapides. »

    Elle partit aussi vite qu'elle était apparue, retournant à la coordination des évènements sans perdre un instant en discutaille.


Mercredi 18 avril 2029. 11h20. Entrée Sud-Est.


  • L'entrée Sud-est était l'une des plus dégagées, avec une vue directe sur le fleuve par une large rue bordée de très hauts immeubles. C'était par conséquent l'une des plus difficiles à défendre puisqu'elle offrait peu de couvertures. Les Green Bears s'étaient répartis sur le périmètre, essentiellement dans les entrées d'immeubles adaptées. Ils étaient tendus et attentifs à leur environnement, le nez souvent levé vers le ciel, prêts à se replier en cas d'alerte.

    Matthew attendait à la sortie de la base, talkie-walkie en main. Depuis plus d'un quart d'heure il conversait avec les spécialistes en explosifs dispersés sur le périmètre, afin de s'assurer que leur idée de piéger les environs ne leur sauterait pas à la figure de manière imprévue. Et avec ça, il fallait bien entendu que des ennuis techniques aussi stupides qu'un talkie-walkie en panne viennent se rajouter à leur longue liste de "ce qui ne va pas comme on veut".


Dernière édition par Skynet le Mer 28 Oct - 15:23, édité 1 fois
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Cheyenne Quinlan

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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Lun 17 Aoû - 11:12

Elle avait passé la matinée à les observer s’agiter comme des mouches après un jet d’insecticide. Si elle elle était sensible, ça c’était autre chose. De l’émotivité pure. Il suffisait d’une tâche dans le décor et pouf ! Passez-vous le mot, c’est l’effroi, le trouble, l’affolement ! Et ça foutait une de ces ambiances à l’atelier. Pas moyen d’ouvrir la bouche sans que quelqu’un ne vous saute à la gorge, pour un oui, pour un non. Alors pour une fois, Cheyenne se taisait et bossait de son côté. La jeune femme n’allait sûrement pas stresser pour elle, elle n’en était plus là. Mais l’atmosphère tendue qui régnait en maître sur la Base la touchait néanmoins, même si elle ne le reconnaîtrait pas. La peur, elle faisait avec. Avoir peur pour autrui, c’était une histoire à part. A chaque fois qu’une menace planait sur Niagara Falls, elle pensait à Josie, Olivia, Isaac, et aussi à d’autres qui n’étaient pas là, et même à tous ces c*ns qui peuplaient les environs. Il y avait de la marge entre l’indifférence et le contrôle de soi. Cheyenne ne faisait que jouer à l’équilibriste entre ces deux bords. Donc si vous lui adressiez là parole à cet instant, elle vous enverrait sans doute balader, comme chaque habitants de la zone à ce moment précis.

Cependant, elle parvint à rester de marbre quand la cheftaine lui confia du boulot. Contrairement à ce qu’elle laissait paraître et à ce que les autres pensaient, elle aimait bien rendre service. Bien que le terme « aimer » ne puisse correspondre au sentiment cité. Celui-ci se situerait entre l’estime de l’action à accomplir et le fait que cette action soit utile. Un sentiment très vague et pourtant spontané. Le pour, le contre sont déjà pesés. Y a plus qu’à emballer. Après elle s’amusait aussi à faire durer, à tergiverser, juste pour faire ch**r son monde. Mais ceci est un autre problème. Ainsi elle écouta sans broncher les ordres de sa supérieure. C’est qu’elle allait devenir spécialiste des talkies, la Cheyenne. Branche communications. Quelle ironie… La suite lui plut couci-couça. D’abord il s’agissait de trouver Carson. Ça se passait de commentaires. Il faisait parti des heureux élus qu’elle allait trouver pour se défouler tout son content. Content, il le serait sûrement, lui. Hé hé… Ensuite, le plus intéressant dans l’affaire, la miss devait semer ses plantations préférées afin d’assurer la meilleure des moissons. Elles étaient plutôt rares les occasions qu’on daignait lui accorder pour manier des explosifs. Ils devaient être à court de personnel pour lui demander ça. Tout à fait plaisant.

Rapides, pas de soucis. Faisons preuve de finesse et de célérité ! Discrets… Etait-ce possible d’incarner la discrétion face à un attirail de sécurité higt-tech doublé d’une intelligence artificielle ? Cheyenne avait un petit doute là-dessus mais n’en fit pas part à Mayer. Après un « Oui, m’dame » en guise de « A vos ordres », elle rangea promptement son plan de travail, pour pas tout laisser en bazar, le coin l’était assez comme ça, et elle quitta l’atelier. La mécanicienne récupéra un talkie en bon état de marche, fourra quelques outils dans un sac et prit la direction de l’entrée sud-est. Il lui fallait l’aval de Carson pour toucher aux explosifs. Pas d’un point de vue personnel, évidemment. Cheyenne put remarquer que l’entrée en question était des plus exposées. Chouette… Direct dans le feu de l’action… Carson ne fut pas dur à trouver. Elle s’approcha d’un pas nonchalant, un petit sourire sur les lèvres auxquelles était accrochée une cigarette tout juste allumée.


- Salut capitaine. La patronne a pensé qu’il fallait des gens compétents pour manier la nitro. Elle lui tendit le talkie. Et pour rétablir les contacts. Trop marrant hein ? Toujours le même ton impartial. La journée s’annonçait magnifique.
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Lun 17 Aoû - 16:34

L’alerte avait été donnée et désormais, chacun savait à quoi s’en tenir : deux Cargo Vulture survolaient le coin. Parce qu’ils avaient repéré quelque chose ou juste parce qu’il s’agissait d’un quadrillage systématique, ça, Matt aurait payait cher pour le savoir. Disons que ça aurait pu les aider, et peut-être calmer quelque peu l’agitation presque hystérique qui s’était emparée de la base toute entière. Mais bon, il pouvait comprendre : rester terré sous terre alors qu’il se tramait quelque chose ne convenait pas à tout le monde.
Après avoir donné ses ordres et organisé l’équipe, Matthew avait fait le tour pour s’assurer que tout allait bien, du moins, aussi bien qu’on pouvait l’espérer, et s’était ensuite rendu à l’entrée Sud-Est. Une sortie de parking, qui donnait sur une longue avenue bordée d’immeubles, laissant apercevoir le fleuve au bout. Un panorama superbe… mais qui, dans ce cas précis, leur posait un sacré problème de sécurité. Peu de cachette, encore moins de moyens de défense, c’était la porte ouverte aux machines, du moins, si elles parvenaient jusque là. Et elles n’y parviendraient pas, Matt ayant une totale confiance en ceux qui étaient chargés de surveiller l’amont du périmètre. Enfin, cela n’empêchait pas de prendre quelques mesures au cas où, et les explosifs s’étaient imposés d’eux-mêmes. La base de Niagara Falls en avait un joli petit stock, bien planqué dans les entrepôts, et qui ne demandait qu’à servir. Le seul problème avec ces joujous là, c’est qu’ils étaient sacrément chatouilleux !

Et c’est pourquoi, depuis plus d’un quart d’heure, Matthew discutait par talkie-walkie interposé avec les spécialistes chargés d’appliquer ce plan. Parce que l’idée était peut-être bonne, mais elle s’avérerait drôlement moins efficace si tout leur pétait à la figure. Les Green Bear (et les autres, mais bon, Matt pensait auparavant à ses hommes) n’apprécieraient sûrement pas qu’un pan d’immeuble leur tombe dessus, et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ensemble de la ville était instable. Si cela pouvait s’écrouler sur les machines, pourquoi pas, mais si ça transformait la moitié de la ville, et de la base par l’occasion, en débris fumant, cela devenait une nettement moins bonne idée.
Matt, cependant, n’avait pas pu exposer à fond son projet : dans la catégorie « je marche quand on s’en fout mais j’aime tomber en rade quand il ne faut pas », son talkie se posait là. C’était la deuxième fois de la journée qu’un talkie walkie rendait l’âme entre ses mains, mais celui là avait l’air définitivement mort. Mais puisqu’on lui avait dépêché un spécialiste, il n’avait qu’à prendre son mal en patience ! En attendant, il faisait les cents pas devant l’entrée de la base, réfléchissant à nouveau aux dernières données communiquées avant la lâche trahison de son appareil : le déclenchement des explosifs. Un timing chronométré à la seconde près, et Matt savait bien qu’on avait beau chronométrer, parfois, tout ne se passait pas exactement comme on le voulait. Il n’avait pas envie que l’un des siens soit piégé quelque part dans un immeuble en ruine tout ça parce qu’un de leur explosif s’était déclenché un peu trop tôt.

Quelque peu sur les nerfs, le leader vit arriver Cheyenne avec irritation. Franchement, combien y’avait de spécialistes des communications dans le coin ? Des dizaines peut-être (même s’il exagérait sûrement), et il fallait que ce soit elle ? Ou alors, Meredith l’avait fait envoyer pour qu’elle joue les soutiens au niveau des explosifs…ce qui, l’un dans l’autre, était une très mauvaise idée. Lui qui craignait tant que les explosifs se déclenchent avant que ses Green Bear ne soient à l’abri, maintenant, il flippait encore plus : cette fille était aussi instable que le plus volatil des explosifs, et c’était peu dire. Pourquoi elle, bon sang ?
Mais sa question muette ne trouverait pas de réponse, apparemment : la jeune fille lui tendit un talkie avec un petit sourire tout en le saluant. Une spécialiste de la nitro, ouais… c’était censé le rassurer ? Bizarrement, cela produisait l’effet strictement inverse ! Le leader eut une moue amère en entendant la suite. Rétablir le contact… ça au moins, Cheyenne avait le sens de l’à propos, on ne pouvait pas le nier.

Matthew tendit la main, non pas pour prendre le talkie tendu, mais pour saisir la cigarette de Cheyenne avant de l’éteindre et se servant d’un pan de mur. Puis, serviable, il la rendit à sa légitime propriétaire avant de prendre l’appareil qui lui était destiné. Il aurait pu écraser la cigarette d’un geste rageur, mais ça aurait été accorder trop d’attention à ce genre de détail, et puis, c’était une denrée qui se faisait rare, il n’avait pas envie de se montrer méchant. Ca, c’était juste correct, et sensé : on ne fume pas quand on touche à des explosifs, non ?


C’est interdit de fumer, ici. Mais merci de m’avoir apporté ça… et effectivement, c’est tordant.

Indiqua-t-il sans l’ombre d’un sourire en allumant l’engin avant de se brancher d’abord sur la fréquence des Green Bear, pour s’assurer que tout allait bien, et ensuite sur celle où il conversait avec les spécialistes, déjà à l’œuvre.

¤¤ Bon, espérons que cela va marcher cette fois. J’ai Cheyenne Quinlan avec moi, Mayer a du penser que vous ne serez pas trop de quatre pour le boulot. ¤¤

Lui semblait penser que trois auraient fait entièrement l’affaire, et que plus Cheyenne se tenait loin de tout ce qui pouvait exploser, mieux cela valait… mais puisqu’on ne lui demandait pas son avis ! Matt reprit la parole, mais il ne s’adressa pas qu’au talkie walkie cette fois : il regardait la jeune fille, d’un air légèrement plus sévère que d’habitude.

¤¤ OK. Le topo est simple : on piège le périmètre de sécurité, de sorte que ça tombe sur les méchants et pas sur nous. J’ai des gars qui font le guet un peu partout, et j’ai pas envie de les ramener en pièces détachés. Faudrait deux sortes d’explosifs : ceux qu’on peut déclencher à distance de la base en cas d’approche, et quelques uns, posés aux endroits stratégiques, pour boucher les accès. Seulement ceux-là ne devront pas être déclenché tant que mes gars ne seront pas en sécurité. Il s’agit principalement des accès détournés, mais bon, ils devront pouvoir les boucher si nécessaire et donc, le faire eux même. Juste pour éviter le cas où on les courserait de trop près même si ça ne devrait pas arriver. Et comme je les vois mal se trimballer avec un kit de parfait petit chimiste, faudrait les poser et faire en sorte qu’ils se déclenchent si nécessaire. C’est possible, ça ? ¤¤

Demanda Matthew, en consultant Cheyenne du regard. Ben oui, le talkie walkie pouvait très difficilement lui faire un signe approbateur : il ne le saurait qu’en entendant la réponse des autres. Lancaster, Caldwell et Clemons s’y connaissaient… mais la jeune fille, Matt devait l’avouer, il avait un sacré doute. Elle ne semblait pas du tout impliqué dans la mission, avec son air complètement nonchalant, et le leader craignait qu’elle fasse tout sauter… ou rien sauter, ce qui, il fallait l’avouer, les embêterait tout autant l’un ou l’autre. Non, sérieusement, comment faire confiance à une fille qui se fichait de tout et de tout le monde ?
En attendant l’avis des autres, Matt reporta son regard sur la jeune femme. Il n’avait pas confiance en elle, c’était clair, mais il n’avait guère le choix : il fallait accepter toutes les bonnes volontés, c’était capital à ce stade.


Cette fois, ce n’est pas un entraînement : à la moindre incartade, je t’envoies faire de la surveillance auprès des gamins. C’est clair ?

Ca avait intérêt, vu l’air déterminé de Matt. Il avait beau être chaleureux, notamment avec ses Green Bear, là, il n’était plus le moment de se montrer gentil. Il avait déjà vu Cheyenne à l’action, et mettre en jeu la vie de ses hommes, la survie de la base toute entière, entre les mains d’une telle irresponsables avait de quoi lui donner des cauchemars. Alors, il préférait que le contact passe bien entre eux : ça éviterait les désagréments. Ils n’étaient pas obligés de s’apprécier, mais si Cheyenne faisait son boulot correctement, et étant impliquée un minimum, Matt ne lui chercherait pas des crosses.
S’autorisant un sourire amusé, il agita le talkie walkie en ajoutant.


J’crois qu’on a bien rétabli la communication, du coup !
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Cheyenne Quinlan

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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Mer 26 Aoû - 18:35

Ah ce cher Carson ! Déjà qu’il avait l’air bien agacé avant qu’elle se présente à lui, maintenant il semblait presque excédé. Le fin pédagogue était-il au bord de la crise de nerf ? Leurs retrouvailles pourraient se révéler très intéressantes. Cheyenne crut deviner une grimace quand elle lui parla de nitroglycérine. Il en était encore là ? Comme la plupart des gens, il évoluait pas vite le garçon. Devant l’enchantement manifeste dont faisait preuve son interlocuteur, la mécanicienne ne pouvait qu’être tout à son aise. Et ce malgré la proximité de leur ennemi commun. Son esprit vagabonda vers de belles explosions. Elle remarqua à peine le geste de Matthew pour prendre sa cigarette. Ça elle l’avait prévu. Il faisait des efforts, le brave monsieur : il lui rendit sa clope. Elle la récupéra sans se départir de son sourire rêveur, la remettant éteinte sur ses lèvres. Flemme de retrouver le paquet pour la ranger. Et elle l’aurait direct à disposition pour la rallumer. Carson répondit et elle répliqua, aigre :

- Le visage pâle a peur que j’fasses des signaux de fumée aux créatures de métal ?

Sachant qu’il ne riposterait sans doute pas, sauf par un de ses regards de tueur, Cheyenne fourra ses mains dans ses poches et attendit la suite. Carson prit les devants et étrenna son nouveau joujou. Poli, il l’annonça à ses copains. Ceux-là seront ravis d’apprendre sa présence parmi eux, elle n’en doutait pas une seconde. Par contre, il remit tout sur le dos de la patronne, avertissant clairement tout le monde que la Quinlan n’avait rien à faire avec les troupes. Cheyenne continua de sourire, d’un air absent. Aussi quand Matthew la mira bien en face, elle regardait les bâtiments alentours avec détachement. Elle réfléchissait méticuleusement aux types d’explosifs qu’elle pourrait utiliser. Peut-être leur faudrait-il aussi des charges électriques. Immobiliser l’ennemi pour mieux le frapper pourrait être une bonne tactique. Fallait savoir prendre des risques. Elle écouta d’une oreille les instructions de son « supérieur ». Le blabla habituel. Il prenait vraiment les autres pour des c*ns. Elle prit note de la demande. Des charges à distance, ça la Base en avait plein. Après, il souhaitait miner le terrain, non ? Mais pas faire sauter ses gars. Il suffirait de quelques détecteurs bien placés et d’émetteurs supplémentaires. Oui, ça semblait possible.

- Faisable si t’as rien contre la prise de risque et que tout le monde marche droit.

Cheyenne n’avait pas quitté des yeux le paysage environnant. Certainement Carson savait-il prendre des risques quand il fallait mais vu qu’il paraissait aussi nerveux que tout les autres… Ses pensées s’attardèrent sur un Carson mettant malencontreusement le pied sur une mine. Trop balo… Son regard revint vers son interlocuteur et leur yeux finirent par se croiser. Il n’avait pas confiance en elle, pas besoin de se leurrer là-dessus. Et pourtant, fallait bien qu’ils avancent. Matthew fit alors une remarque des plus sensées suivie d’une autre moins brillante.

- Tu fais bien de rappeler que ce n’est pas un entraînement. Ça il le prendrait comme il voulait. Et tu prendrais ce risque ? Chez des gosses ? Huhu…

Elle afficha un large, et bref, sourire. S’imaginer au milieu des mouflets de la Base… Non, c’était trop comique ! Parce qu’il pensait sérieusement que les parents allaient lui confier ne serait-ce que la tétine de leur bébé d’amour ? Et cette fixation sur ce « malheureux » entraînement… Oui, ils pouvaient bien tous se rappeler qu’il ne s’agissait alors que d’un entraînement, avec de pauvres petites charges minimales. Qu’une bande de pétochards. Carson s’essaya à l’humour pourri.

- Parfaitement. Comme quoi ça t’arrive de t’exprimer correctement. Voilà pour ta poire. Cheyenne se chargerait de l’habiller pour l’hiver. Bon, on va bosser maintenant ?
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Jeu 27 Aoû - 16:55

Si Matthew avait eu moins de contrôle sur lui-même, pas autant de choses à faire et aucun scrupule à faire du mal à une jeune femme, il aurait sans doute déjà trouvé le moyen d’effacer le sourire rêveur de la jeune femme. Enfin, rêveur n’était pas le terme exact : lui, il prenait plutôt ce sourire pour un geste de désintérêt total, ce qui avait tendance à l’énerver au plus haut point. Cette fille avait le don impressionnant de trouver l’expression exacte qui le mettrait sur les nerfs, alors qu’il n’en avait franchement pas besoin en ce moment. C’était presque un don, cette habileté à se conformer typiquement au pire de ses cauchemars !
La tentative d’humour de Cheyenne rebondit d’ailleurs totalement sur un Matthew pas si imperméable à la plaisanterie, d’habitude. Ce n’était peut-être pas le moment idéal, disons. Même si, étant donné les relations de ces deux-là, le moment idéal de lancer une plaisanterie devait être inexistant ! L’Ours se contenta de la regarder en soupirant avant d’étrenner son nouveau talkie-walkie. Espérons que celui-ci ne le lâcherait pas, mais cela n’aurait rien eu d’étonnant, avec la poisse qui semblait le poursuivre partout en ce moment. La poisse, et les situations compliquées…. Enfin, ce n’était guère le moment de se plaindre, surtout en aussi, hum, charmante compagnie !

Après avoir donné ses instructions, ou plutôt, expliqué ce qu’il aimerait bien obtenir, Matt attendit la réponse en promenant son regard sur Cheyenne, qui, d’ailleurs, semblait à des milliers de kilomètres des interrogations du leader. Encore une fois, la situation était importante et la jeune femme jouait les touristes ! Après, qu’on ne lui reproche pas de s’accrocher au passé, et de faire une fixette sur ce qui s’était passé ! Non, c’était bel et bien le caractère de la jeune femme qui n’était absolument pas compatible avec ce qu’il attendait de quelqu’un sous ses ordres, et l’Ours doutait que cela puisse changer un jour. Il voulait bien faire des efforts de son côté, même s’il estimait en faire suffisamment en ne la virant pas de suite du champ des opérations, mais elle aussi devait en faire ! Or, comme à son habitude, elle ne semblait absolument pas concernée par tout ça, et rien que son petit air distrait donnait des envies de meurtre au leader des Green Bear. Mais il se contenta de serrer plus fort l’appareil dans sa main, veillant à respirer profondément. Pourquoi, pourquoi la Boss lui infligeait-elle ça ?
Peut-être qu’elle n’était pas au courant. Après tout, le début de l’histoire ne figurait que sur un dossier et un rapport, guère plus. Et la chef de la Base avait mille fois mieux à faire que de traîner dans les couloirs pour voir qui s’évitait, et qui se chicanait. De toute manière, ils étaient en guerre, et il y avait des considérations plus importantes que quelques bisbilles entre résistants. Oui, mais… quand même. Matt voulait bien s’efforcer de passer outre son inimité pour la jeune femme, mais c’était plus fort que lui : dès qu’elle commençait à faire mine de n’en faire qu’à sa tête, il avait envie de hurler. Il ne demandait pas grand-chose, pourtant, simplement un intérêt quelconque… mais cela semblait trop demander.

La laissant réfléchir, du moins il l’espérait, et en attendant la réponse des autres, l’Ours promena son regard dans la rue qui les inquiétait davantage que les autres entrées. Cheyenne fit finalement entendre sa réponse derrière lui, lui indiquant que s’il était prêt à prendre des risques, il n’y avait aucun problème tant que tous s’en tenait à leur rôle. Prendre des risques… ou en faire prendre aux autres, plus exactement. Matt avait des hommes sous ses ordres depuis un certain temps déjà, et il savait que le rôle du leader était celui de la prise de décision, même si ça impliquait de mettre dans la balance une partie des vies qui lui étaient confiées. Le tout était de savoir doser, et de faire en sorte que tout réussisse avec un minimum de casse. Etait-ce ça, les risques que Cheyenne entendait lui faire prendre ? Le leader était prêt à prendre des risques, et ses hommes aussi, mais il importait que ce ne soit pas des risques pour rien.
Le grésillement du talkie le fit sortir de ses pensées, tandis que les autres approuvaient la théorie de la jeune femme. C’était possible, parfait. Quand au reste…


"Que tout le monde marche droit, je m’en charge, tu n’as pas à t’en inquiéter. Quand aux risques... Il faut que ça en vaille le coup, c’est tout ce que je demande. Bousiller ces saletés ne déplairait à personne, j’imagine. Alors soit… Je te laisse carte blanche."

Les derniers mots lui arrachèrent presque la gorge, mais Matthew savait pertinemment qu’il n’avait pas le choix. Sur ce domaine, Cheyenne était bien plus qualifiée que lui : tout ce qu’il savait faire, c’était brancher le détonateur et poser le C4, hors, ce n’était pas exactement un travail aussi facile qui attendait ceux qui allaient piéger les entrées de la base. Non, l’Ours devait le reconnaître, la jeune femme était dans son élément. La seule chose qui lui faisait peur, c’est qu’elle soit, justement, un peu trop dans son élément !
En tout cas, la jeune femme avait ignoré avec superbe sa mise au point. Elle lui donnait l’impression grandissante qu’elle se ficher de lui à chacun des mots qu’il prononçait, et ça avait le don de l’agacer prodigieusement. Ce n’est pas un entraînement… qu’est-ce qu’elle entendait, en précisant ainsi sa propre phrase ? Comment devait-il le prendre, exactement. Oui et puis bon, les gosses, ce n’était pas l’idée du siècle, c’était juste pour préciser la menace. Menace que Cheyenne ne semblait pas avoir comprise : décidément, il tardait à Matt de revenir auprès de ses Green Bear, qui eux, au moins, faisaient les marioles mais tout en l’écoutant !
La dernière réplique de la jeune femme fit mouche, et Matt grinça des dents, sans toutefois répliquer. Puis elle annonça qu’ils devaient se mettre au travail, et l’Ours lui jeta un regard agacé. Nan mais, pour qui se prenait-elle exactement ? Qu’avait-elle mal compris, dans le « je donnes les ordres, tu obéis » ? Enfin, cela ne servait à rien de se disputer pour une question de territoire, Matt se savait plus évolué que ça… en général.
Il se contenta donc de répondre sommairement, en parlant dans son talkie sans quitter Cheyenne du regard.


¤¤ OK les gars, on s’y met. Vous savez tous quel secteur vous est destiné, alors au boulot ! ¤¤


Faisant un signe à la jeune poseuse d’explosifs, Matt s’avança jusqu’à une planche posée sur des tréteaux, où reposait une carte colorée. La carte du coin, avec les différents secteurs, les répartitions des patrouilles, et pas mal d’indications purement stratégiques. Pas les ouvertures de la Base, car si le plan tombait en de mauvaises mains, il ne contenait ainsi aucune information dangereuse pour les résistants. Le leader indiqua à Cheyenne l’entrée où ils se trouvaient, ainsi que le périmètre qu’elle aurait à piéger.

"Ca couvre approximativement six rues, mais toutes ne débouchent pas sur une entrée. Celle-ci est bien sur l’artère la plus importante, celle où tu dois concentrer ton travail. Les entrées à piéger, disons, à retardement, sont là, là et ici."

Tout en parlant, le leader désignait les points sur la carte. Il regarda pensivement la jeune femme, et ajouta.

"Tu as peut-être carte blanche mais pour autant, tu ne seras pas toute seule. L’alerte tient toujours, et les civils ne sont pas autorisés à se balader comme bon leur semble. Il n’y a rien de personnel, d’accord ? Mais je viens, point."

Ouais, c’est ça. Matthew mentait comme un arracheur de dents et le pire, c’est qu’il était pleinement conscient que cela se voyait. Comme s’il pouvait faire une confiance aveugle à Cheyenne, allons donc ! Il n’y connaissait peut-être pas grand-chose, mais bien assez pour superviser le travail de la jeune femme… et lui rappeler qui était le patron, ici, ne semblait absolument pas superflu au leader. Cheyenne était quelqu’un d’indifférent aux autres, le genre même de personne que Matthew considérait comme dangereuse justement parce que rien ni personne ne leur importait. Certes, elle s’y connaissait : le leader Ours ne remettait nullement ses compétences en cause. Seulement, pour Matt, il était hors de question de la quitter des yeux : ça aurait été comme de déclencher un incendie sans être sûr qu’il n’irait pas brûler ailleurs.
Quand au mot civil… ce n’était peut-être pas le terme exact, mais cela constituait une juste vengeance de la part du leader de lui rappeler qu’elle ne faisait partie d’aucune équipe. Et, après tout, c’était elle qui avait commencé à lui lancer des piques ! Il ne faisait que se défendre, surtout s’il devait lui coller aux basques toute la journée !
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Cheyenne Quinlan

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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Mar 8 Sep - 18:33

Il lui laissait… carte blanche ? Sans blague. C’était vraiment trop mignon ! Il avait vraiment appris par cœur les codes de conduite des officiers. Avec le vocabulaire et tout. Terrible… Cheyenne faillit lui demander de lui prêter son lexique du parfait petit soldat mais se ravisa en voyant l’expression qui persistait, et ne s’arrangeait pas, sur le visage de Carson. On aurait dit qu’il se tranchait la langue avec un ciseau rouillé. Elle continua donc à le considérer, sans piper mot. Son imagination en plein vagabondage alla jusqu’à imager la crise de son supérieur par une bouilloire en surchauffe. Il avait peut-être besoin de vacances. Le surmenage, ce n’est pas bon pour la santé. Comment comptait-il mener ses hommes dans un état pareil ? Allons, allons. Faut se ressaisir mon gars. Et tandis que l’Ours s’apprêtait à transformer son talkie en compression digne des Césars, Cheyenne se saoula abondamment de ses pensées changeantes.

Matthew paraissait offusqué de la voir prendre l’initiative. En réponse au regard qu’il lui adressa, elle haussa les épaules en silence. Le but s’était d’y aller oui ou non ? Bon alors. Qu’est-ce qu’il avait encore à faire sa mauvaise tête ? En supposant qu’il en ait une bonne, de tête. Enfin, c’était tout de même marrant de le regarder s’énerver, le voir sur le point de sortir de ses gonds. Dire que tout cela n’était dû qu’à la présence de sa petite personne. Insuffler tant de sentiments à un seul homme… Sans même parler ! Si Cheyenne n’avait pas testé, elle n’aurait pas cru ça possible. Elle qui n’inspirait pas grand chose à pas grand monde. En fait, Carson restait son meilleur fan car il était le plus réceptif de tous. Il l’entraîna alors jusqu’à un bureau improvisé pour discuter stratégie. Elle le suivit sagement, toujours dans le vague. Intéressée quoiqu’en dirait le leader des Green Bear, elle se pencha sur la carte. Elle promena ses doigts sur la surface du papier, suivant les indications. Il s’agissait en fait de la plus grande surface à couvrir d’explosifs qu’elle n’avait jamais faite. Ça c’était de l’opportunité. Ça ferait joli sur un CV. Si c’était réussit, bien sûr. Pour sa part, elle ne voyait pas où était le problème et elle sentait monter en elle une excitation qui ne lui était pas commune. Une stimulation qu’elle avait rarement ressenti.

Cheyenne demeura de marbre. Les yeux rivés sur la carte sans fixer un point précis, elle écouta négligemment les ergotassions du mec qui lui servait de chaperon. Il la fermait jamais ? Elle passa outre le terme de « civil » car elle reconnaissait parfaitement l’être et se sentait tout à fait à son aise en dehors de l’équipe de Carson. Son regard se leva du bureau pour le mirer bien en face. Il y eut une pause qui dura quelques secondes puis :


- Tu fais c’que tu veux.

Tu peux dire ce que tu veux, j’m’en tapes comme de l’An 40… Malgré tout, il venait encore d’appuyer sur le fait qu’elle ne devait pas se considérer seule au monde. Comment l’oublier avec lui à sur les talons ? Pas qu’elle souhaitait sympathiser mais la jeune femme avait bien envie de lui retirer cette idée du crâne. Vrai, elle se foutait des autres, tous des c*ns selon elle. Mais ce terme élogieux pouvait s’appliquer à l’humanité toute entière, elle comprise. Et ça aussi elle en prenait compte. Cheyenne passa ses mains derrière la tête. Une idée lui vint alors.

- Au fait, comment va Olivia ?

En y pensant, cela faisait un moment qu’elles n’avaient pas eu l’occasion de discuter. Cheyenne appréciait sa compagnie. Et elle ne parla pas d’elle pour rien. La secouriste faisait partie des Green Bear après tout. Peut-être cela ferait-il comprendre à Carson qu’elle n’avait pas l’intention de les faire sauter. Ou peut-être, dans sa stupidité, allait-il s’entêter à penser qu’elle se foutait de lui.
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Ven 11 Sep - 11:29

Tandis que Matthew expliquait à Cheyenne ce qu’elle avait à faire, il ne pouvait s’empêcher de poser ses yeux sur elle, son apparente insensibilité à toute cette affaire l’exaspérant au plus haut point. Qu’est-ce qu’il guettait, au juste ? Un signe quelconque d’intérêt, une émotion, quelque chose qui passerait fugitivement sur le visage de la jeune fille ? A vrai dire, il n’en savait rien D’ordinaire, il était assez doué pour savoir à peu près ce que pensait ses interlocuteurs, et agissait en conséquence. Mais avec elle, il n’arrivait à rien. Au final, c’était plus cette impression de se sentir complètement démuni face à elle, de ne pas savoir quel intérêt elle accordait à ses paroles, que le fait qu’elle ne soit pas vraiment concentrée, qui le mettait en rogne. Et même là, penchée sur cette carte, Cheyenne ne pouvait empêcher ses yeux de vagabonder d’un bout à l’autre : nan, c’était sûr, elle le faisait exprès !
La jeune femme releva les yeux, et leurs regards se croisèrent en silence, avant qu’elle ne lui dise qu’il n’avait qu’à faire ce qu’il voulait. Genre elle s’en fichait… pas que genre, d’ailleurs, elle semblait s’en ficher totalement en vérité. Au moins, elle n’avait pas de mal à accepter sa présence, ça leur éviterait de s’asticoter à tout bout de champ !

Et puis la jeune femme lui posa une question, et, sur le coup, Matt ne sut pas quoi répondre. Il avait loupé un épisode, là ? Il n’arrivait pas à saisir le moment où la conversation avait dévié, passant d’un échange purement stratégique à… presque une conversation. Le rapport à Olivia, dans tout ça ?
Le leader des Green Bear regarda la jeune fille d’un air pensif, réfléchissant au sens de sa question. Cheyenne ne faisait rien gratuitement, donc sa question sous-entendait forcement autre chose. Il était sans doute la dernière personne avec qui elle avait envie d’une discussion, ce qui impliquait que la question n’était pas anodine. Elle cherchait quoi ? A faire amie-ami ? A lui expliquer qu’elle ne se fichait pas de tout et de tout le monde ? Ou, autre solution, elle cherchait à le lancer sur un sujet où elle n’avait à craindre aucune réflexion, et à le rassurer quand à sa crainte qu’il arrive quelque chose à son équipe.
Quoi qu’il en soit, Matt considéra cette tentative comme un effort louable. Et il s’était promis que si elle essayait d’être plus… de faire des efforts, quoi, il en ferait également. Il se fichait un peu, à la limite, du pourquoi du comment de la raison d’être de cette conversation : qui sait, peut-être arriverait-il à mieux la supporter ?


Olivia va bien. Ils vont tous bien, pour l’instant.

Ajouta-t-il un ton plus bas, chuchotant presque. Inutile de demander ce que désignait ce « ils » : les Green Bear dans leur ensemble était évidemment la réponse. Matthew ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter de les savoir dehors, c’était plus fort que lui : la première chose qu’il avait fait en récupérant un talkie walkie en état de marche, c’était de vérifier que tout allait bien. Alors quand Cheyenne avait laissé ses pensées dériver sur Olivia, automatiquement, son inquiétude avait resurgie. Mais tout allait bien, les Green Bear étaient entraînés, et prêt à ce genre de choses. D’un ton plus convaincu, il ajouta.

Elle et les autres savent ce qu’ils ont à faire. Et nous aussi !

Matt désigna à la jeune femme une caisse précautionneusement posée dans un coin, avant de lui indiquer.

Normalement, tu ne devrais pas avoir besoin de plus. James avait déjà indiqué ce qu’il fallait sortir et, en théorie, tu n’as plus qu’à les poser. En théorie, je dis bien, parce que je ne sais pas si les minuteurs sont en état de marche, alors, ce serait sympa de vérifier avant.

L’humidité, conséquence directe de leur proximité avec les Chutes, étaient un sacré problème pour tous les appareils aussi fragiles que les détonateurs et autres gadgets. Mais la Résistance les entretenaient du mieux qu’elle pouvait alors normalement, tout devait rouler comme sur des roulettes. Si Cheyenne se mettait au travail correctement, et sans penser à autre chose, normalement, leur plan de miner les alentours et les accès à la Base devait se dérouler sans heurt. Malheureusement, les survivants de Niagara Fall’s le savaient très bien, on était jamais à l’abri d’un problème dans le coin. Restait juste à espérer que le problème ne se matérialiserait pas sous la forme d’une machine, ou d’un détonateur en panne.
Matthew s’avança dans le parking, jusqu’à se retrouver dehors, avec le ciel gris comme seul plafond au-dessus de sa tête. Son visage était indéchiffrable, mais une myriade de pensées se bousculait sous son crâne, et sa principale inquiétude concernait Cheyenne, évidemment. Il avait une peur bleue que la jeune fille gâche tout avec son tempérament plutôt laxiste, et il ne pouvait en démordre : il n’arrivait pas à lui faire confiance, même dans ce cas précis où il n’avait pas le choix. Même si elle avait voulu lancer la discussion sur Olivia, lui prouvant ainsi il ne savait trop quoi. Même s’il était là pour la surveiller. Et même si Meredith Mayer l’avait jugé apte à cette mission.
Poussant un long soupir, le leader des Green Bear appuya son pousse sur le talkie, préférant se faire confirmer la position des cargos avant de se lancer dans l’expédition. Ils ne devaient pas aller très loin, mais seraient suffisamment à découvert pour qu’on puisse les repérer ; autant ne pas tenter le diable.
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Mar 15 Sep - 17:15

Si elle aimait bien se faire remarquer par ses sarcasmes, Cheyenne n’appréciait que très moyennement la surveillance de chaque instant dont elle faisait l’objet. Cela ne la gênait pas mais elle trouvait inutile cet excès de zèle. Elle ne comptait pas faire de bêtise, et quand bien même ce n’était pas la vigilance constante de Carson qui l’en empêcherait. A croire qu’il n’avait rien d’autre à faire. Les personnes importantes s’inventent toujours du boulot superflu pour remplir leur journée. Ça leur donne l’impression d’être occupées. Le chef des Green Bear semblait ne pas échapper à la règle. Hum… Au moins, avec lui sur le dos, la jeune femme ne risquait pas de se perdre, il saurait la remettre sur les rails parce que pour l’heure ses talents lui étaient plutôt profitables. Et qu’il n’avait sans doute pas le choix.

Non sans amusement, Cheyenne observa la réaction de son interlocuteur à sa dernière question. Le sujet paraissait le faire cogiter fermement. Elle l’avait pris de court, hein ? Parfais. Ça faisait toujours son petit effet. Et peut-être qu’il y comprendrait quelque chose, qui sait. Même si ce n’était pas gagné… La mécanicienne pencha la tête sur le côté comme ces chatons qui se posent tout un tas de questions sur le monde qui les entourent et scrutent ces bipèdes étranges à la voix autoritaire. Elle attendait de voir, et puis elle attendait une réponse aussi, accessoirement. La demande ne se voulait, certes, pas purement banale. Si elle souhaitait secouer les puces de Carson, elle ne refuserait pas des nouvelles de son amie. Mot dont elle usait avec beaucoup de parcimonie.

Matthew parvint à aligner sa phrase sans grincer des dents. Donc… il était moins tendu ? La Quinlan eut un sourire instinctif quand elle entendit « pour l’instant ». Un sourire railleur. Elle se sentait presque impliquée dans ce « pour l’instant ». Etait-ce ce que cherchait à dire le copain Carson ? Celui-ci revint d’ailleurs très rapidement à leur mission. C’était pas le moment de sortir les violons. En parlant de violons, Cheyenne eut une envie soudaine de musique. Elle redressa la tête. Ouais, une musique tranquille, reposante. Se pouvait-il que ce besoin impromptu soit une anticipation de ce qui allait venir ? Soit un joyeux massacre des tympans. Ils devraient faire en sorte que les notes les plus fausses aillent chatouiller les séides de Skynet. Le regard vide de Cheyenne se posa sur la caisse d’explosifs. Quant à Carson, il lui parla de théorie ce qui lui tira ce qui pouvait être identifié comme une grimace : un coin de sa lèvre supérieure se souleva à peine. Vrai. Dans leur planque, ils ne disposaient pas d’un matériel dernier cri et rutilant. Cependant la révision des minuteurs devait se faire régulièrement afin d’être prêts et en états pour des situations comme celle qu’ils étaient en train de vivre. Voilà un job qu’elle pourrait s’octroyer de retour à la Base. Si elle remplissait bien cette mission, Cheyenne demanderait une autorisation pour participer à la maintenance du matériel pyrotechnique.

Le hasard ou la chance voulut qu’elle ne découvrit qu’un mécanisme pas tout à fait dans les normes, un détonateur qu’elle pourrait tenter de bricoler en chemin. Elle fit en sorte de ranger celui-ci de telle façon qu’elle ne pouvait le confondre avec les autres. Puis elle examina les charges une à une. Y avait pas à dire, ils s’en tiraient plutôt bien. Pour l’instant. Cheyenne repassa mentalement les zones dont elle devait s’occuper. Elle ne connaissait pas bien le coin. Il lui faudrait compter sur Carson pour la guider. Elle ne se faisait pas de bill là-dessus. Ils avaient le même objectif. Une fois le paquetage paré, la mécanicienne alla le rejoindre. Le talkie activé, Matthew attendait des précisions. La cigarette qui pendait encore au lèvres de Cheyenne retrouva sa place dans son paquet au fond d’une poche. Elle était prête.


- Si la météo est stable, on pourra y aller, maestro.
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Mer 16 Sep - 18:53

Evidemment, le sous-entendu de sa phrase n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde. En même temps, Matthew aurait été étonné qu’elle ne relève pas ça. Le sourire railleur qui s’afficha sur le visage de la jeune femme ne précéda pourtant pas une remarque acerbe, et l’Ours s’en sentit plutôt reconnaissait. Enfin, elle ne faisait pas ça pour lui, c’était sûr, plutôt pour éviter de se lancer dans une polémique où chacun tiendrait ses positions, mais il n’empêche, le fait qu’elle ne réponde rien le rasséréna étrangement quand au futur déroulement de la mission. Il allait pouvoir la supporter quelques heures, et, au final, cela ne lui serait pas si désagréable que ça.
Parce que c’est vrai, Matt aurait sans doute très mal prit le fait qu’elle réplique quelque chose, ou qu’elle essaie de se justifier, même si ce n’était certainement pas le genre de la jeune femme. Elle avait déjà du mal à présenter ses excuses quand elle manquait de faire sauter son équipe, alors, se justifier pour se défendre contre une allusion, fallait pas y compter !

Au moins, le leader avait réussi à recadrer la conversation. Est-ce qu’elle s’apercevrait qu’il était gêné d’avoir ainsi un peu amoché son attitude de leader concentré ? Bah, sûrement…c’est fou ce qu’elle était observatrice, la petite ! Trop pour son bien, d’ailleurs, mais pour le moment présent, cela arrangeait plutôt les affaires de L’Ours. Il fallait être plutôt observateur pour la mission qui leur avait été confiée, et il entendait bien laisser Cheyenne mettre ses capacités à la disposition de son boulot.
Matt parlait sans doute beaucoup, signe indubitable qu’il était plutôt tendu, mais il ne quittait pas la jeune fille du regard, et sa grimace à l’évocation des détonateurs ne lui échappa pas. Après, il ne savait pas exactement ce qui la faisait tiquer, et il n’allait pas demander. Etrangement, il était assez fier de lui d’avoir enfin réussi à obtenir un semblant d’expression de la part de Cheyenne « je me fiche de tout » Quinlan, et peu lui importait que cela porte sur l’entretien ou la révision à faire. Oui, il avait déjà obtenu un petit résultat, alors, il n’allait pas chercher comment !

Pendant que la jeune femme s’astreignait à sa tâche, Matt s’était avancé, contemplant la cité déserte. Pas si déserte que ça, parce qu’il savait que de nombreux Résistants se cachaient parmi les ruines mais, dans cette atmosphère d’attente où les avait plongés l’arrivée des Cargos, on aurait presque pu croire à une cité fantôme. Il ne manquait guère que les boules de brindilles, comme dans les anciens westerns. Le grésillement du talkie walkie le sortit de ses pensées, signalant qu’ils pouvaient y aller et que les recherches s’effectuaient bien plus au sud de leur position. C’est sur ces entrefaites que la petite Cheyenne repointa le bout de son nez, ayant apparemment terminé sa petite mise au point de ce qui marchait ou pas. L0 de toute manière, Matt ne se voyait guère la superviser : à part le mettre en route, il ne savait pas comment voir si cela fonctionnait ou pas. Le mettre en route et le faire exploser, s’entend. Ca aurait au moins le mérité de boucher cette entrée qui leur causait des soucis, mais finir enterré sous des tonnes de rochers n’avait rien de très plaisant. Ni même de très héroïque, puisque quitte à mourir, autant emmener quelques machines avec soi, n’est-ce pas ? A choisir, Matthew préférait inscrire « a vaillamment combattu » sur son épitaphe que « est mort sous une avalanche déclenché par lui-même ». Ouais, ça rendait plutôt moyen, alors, mieux valais laisser Cheyenne se débrouiller avec ces engins instables. Déjà que lui et les talkies ne s’entendaient pas, alors, il préférait éviter de fréquenter des détonateurs : question de bon sens.
Du coin de l’œil, l’Ours vit la jeune femme ranger sa cigarette et, étrangement, ce geste fut pour lui la confirmation qu’elle prenait cette mission avec bien plus de sérieux qu’elle n’en avait fait montre devant lui jusque là. Certes, il n’allait pas revenir sur son opinion concernant l’attitude de la jeune femme, mais il devait s’avouer agréablement surpris : elle faisait des efforts, la petite ! Peut-être s’était elle aperçu qu’un minimum d’attention aiderait à leur entente mutuelle, ou qu’elle voulait tout simplement, s’ils survivaient à cette journée, se voir confier d’autres responsabilités. Ou alors Matthew était à côté de la plaque : on ne pouvait pas savoir, avec Cheyenne.

Quoiqu’il en soit, la jeune femme lui indiqua qu’elle était prête, et l’Ours eut un semblant de sourire devant sa réplique. Puisqu’ils étaient tous les deux parés, qu’est-ce qu’ils attendaient encore ? Matthew vérifia une dernière fois le chargeur de son arme, glissa le talkie walkie à sa ceinture et s’avança en direction des chutes, en faisant signe à Cheyenne de venir. Il n’avait pas pris la carte, connaissant le coin les yeux fermés ou presque : chaque Green Bear en était capable, étant donné que leur connaissance du terrain représentait un avantage certain face aux machines, beaucoup mieux armées qu’eux. Les Tigres comptaient sur leur force, les Serpents leur discrétion, et bien, les Ours misaient tous sur leur réseau de surveillance, et leur connaissance des alentours.
D’ailleurs, cela lui donnait une bonne raison d’accompagner Cheyenne ainsi, plus louable que son rôle de surveillant. Il lui fallait bien n guide, à cette petite, non ? Un guide bien armé, qui plus est : son P-90 entre les mains, Matt se faisait fort de veiller à ce qu’il n’arrive rien à la jeune femme, ni aux explosifs. Parce que toute la Base comptait sur eux, tout de même.

Matthew se retourna vers la jeune femme et lui indiqua du doigt leur destination : un immeuble branlant situé à quelques dizaines de mètres de là, et qui surplombait en solitaire une partie de la rue. Le coin ne semblait pas solide, mais ce n’était qu’une illusion : comme la plupart des anciens bâtiments de Niagara Fall’s, il avait été exploré et jugé apte à servir de point de surveillance. Tant que l’on ne montait pas trop haut, les escaliers étaient plutôt sûrs.


C’est à partir de là que les explosifs doivent être posés. Inutile de faire tout sauter sur la Base, et si ce truc s’effondre, cela devrait faire pas mal de dégâts. Faudrait aussi faire tomber les deux petits immeubles là, et il devrait y avoir assez de gravats pour boucher la route en cas d’attaque terrestre.

Par contre, sous l’immeuble, y’a un vieux tunnel. Inutilisable, mais ça ne risque pas d’avoir des répercutions sur les ceux dont on se sert ? Parce que boucher nos accès à la ville n’est pas une idée des plus reluisantes. Certes, il risque d’y avoir un peu d’effondrement, mais si tout part en bouillie…


Enfin, c’était elle la spécialiste, à elle de gérer les explosifs. Matt n’y connaissait rien en dosage, ni même en endroit à miner. Lui, tout ce qu’il savait, c’était tout faire tomber, et jusqu’à présent, les conséquences importaient peu. Mais Meredith Mayer risquait de ne pas apprécier qu’une partie des tunnels les reliant à l’extérieur soient inutilisables, et Matthew se voyait mal lui expliquer que c’était de sa faute. Car bien que Cheyenne ne fasse pas partie de son équipe, désormais, il considérait que les actions de la jeune femme, et les erreurs qui en découleraient, lui incombaient. C’était peut-être en partie pour ça qu’il se montrait si inquiet : elle était sous sa responsabilité, après tout. Et le fait qu’il ne l’appréciait guère ne changeait rien à cet état des choses.
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Mer 23 Sep - 13:05

Cheyenne observait du coin de l’œil son supérieur, l’air de rien. Carson semblait aller… mieux. Il était moins belliqueux. Comme quoi il lui en fallait pas beaucoup, que ce soit pour le calmer que pour l’énerver. Bah… C’était sans doute plus adapté à la situation. Une relation conflictuelle dans un climat explosif, ça risquait de donner des trucs pas très jolis. Et puis un peu de tranquillité ne faisait pas de mal. Elle se demandait néanmoins jusqu’à quel point Carson pensait maîtriser les évènements sous son expression de gentil pédagogue. Et il ne croyait tout de même pas l’avoir mis dans sa poche ? Ça, ce serait le pompon ! On ne la contrôlait pas si facilement. Y avait juste des moments avec et des moments sans. Tout ce qu’elle avait souhaité là c’était le rassurer pour qu’il lui foute un peu la paix. Ahah. La paix… Dans un monde en guerre. Excellent…

Si Matthew nourrissait de son côté quelques espoirs concernant Cheyenne, la demoiselle ne comptait rien changer à ses habitudes. Les rares expressions qui passaient sur son visage n’avaient qu’une signification vague, qu’elle ne saisissait pas bien elle-même. Ça sortait souvent tout seul, par instinct peut-être, des restes de la petite Quinlan extravertie qu’elle avait été. Alors cette grimace… Si infime… Le leader des Ours pouvait vraiment y voir une amélioration ? Une faille dans l’armure ? Une faiblesse passagère ? La vérité était sans doute bien plus complexe que cela mais Chewie demeurait humaine. Et surtout elle resterait égale à elle-même.

Ainsi en prenant la route de la triste cité, elle se comporta comme s’ils suivaient un parcours de santé, levant constamment les yeux sur les bâtiments ou vers le ciel. Elle repéra par ailleurs une envolée de piafs en quête d’un nid douillet. Tout en continuant à marcher, elle se pencha tant et si bien en arrière, son regard suivant ces bêtes à plumes, qu’elle manqua de peu de se faire un torticolis et de rater une marche. La douleur déclenchée dans l’épaule ne lui tira pas même une convulsion. Sur-ce, elle pivota sur elle-même et continua à suivre Carson. Mais elle trouva mieux un peu plus loin. Ses yeux exercés captèrent un lézard qui fila entre deux pierres comme un éclair vert vif au milieu de nuages bruns. La jeune femme n’était plus une gamine. Elle n’allait pas lui courir après. Les yeux tournés vers la planque du reptile, elle marchait toujours dans le sillage de son accompagnateur pendant que son corps virait sur lui-même pour rester dans l’axe de son champ de vision. Ce fut comme ça qu’elle se retrouva un instant à cheminer à reculons. Et cette fois, le volte-face fut moins réussit. Voulant reprendre ses déplacements dans le bon sens, elle fit un faux pas et se retrouva le cul par terre, dos à Carson.

Le ridicule ne tue pas dit-on. Mais qui était le plus ridicule ? Elle, qui se laissait aller à ses fantaisies, ou lui, qui se devait de la surveiller ? Pour Cheyenne, la question ne se posait même pas. Aussi jeta-t-elle son regard éteint aux alentours. Qui avait bien pu lui tirer le tapis sous les pieds ? Puis elle se releva, dans un mouvement las, et s’épousseta. Contrairement à ce que s’imaginerait Matthew, elle avait plutôt bien calculé son point de chute : les explosifs n’avaient pas pris le moindre choc. Mais l’avait-elle fait exprès ?

Enfin Carson lui indiqua un immeuble à l’allure pathétique, lui expliquant le pourquoi du comment de la suite de leur mission. Il en vint à poser des questions relativement pertinentes.


- Tout dépend de la solidité du tout. Elle mira l’immeuble de bas en haut. On peut essayer de faire en sorte qu’une part de l’immeuble tombe, et que les fondations protègent les tunnels des débris lourds. Y aura forcément de la casse. Ça va fragiliser les sous-terrains mais ça devrait tenir puisqu’ils ne sont pas directement exposés. Elle balaya la zone du regard. Quant aux petits, c’est du gâteau. On va commencer par eux. Plus accessibles.
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Lun 28 Sep - 13:09

Cheyenne et Matt s’étaient mis en route et, même s’il savait que le coin était dégagé, l’Ours se tenait sur ses gardes, jetant de plus de fréquents regards à la jeune femme qui l’accompagnaient. Il avait beau ne pas être en très bons termes avec elle, et l’éviter consciencieusement quand il avait le choix, c’était plus fort que lui, il devait veiller sur elle. Si quelqu’un lui avait posé la question, il aurait répondu qu’il veillait plus sur les explosifs que sur la jeune femme, mais il aurait menti : elle était sous sa responsabilité et, aussi volatile, peu concentrée et exaspérante soit-elle, cela ne changeait rien au fait qu’il souhaitait que rien ne lui arrive.
Peut-être que out le monde avait raison, après tout : il prenait bien trop à cœur son rôle de papa poule, mais avec cette jeune fille qu’il n’aimait pas particulièrement. Cela lui rappelait un peu les Histoires Extraordinaires, une émission télé qu’il regardait beaucoup étant enfant. Les oies qui adoptaient des chatons, les juments qui veillaient sur une portée de chiots aussi férocement qu’une meute de dobermans… Et d’un côté, il ne pouvait s’empêcher de faire la comparaison. Un transfert… c’était comme ça que disaient les psys, non ? Il avait perdu tous ceux qu’il aimait, et ne pouvait s’empêcher de transférer son amour à ceux qui se tenaient maintenant sous ses ordres et, par définition, sous sa responsabilité. Il était un peu comme cette chienne qui, après avoir perdu ses petits, s’amusait à kidnapper des chatons histoire de leur donner son amour…chatons qu’elle laissait lamentablement mourir de faim parce qu’elle ne pouvait pas les allaiter, d’ailleurs. Enfin, ce n’était pas tout à fait comparable à ce qu’il vivait, n’est-ce pas ? Toujours est-il qu’il se sentait responsable de Cheyenne, et même si sa raison lui dictait de s’en tenir à ce qu’il pensait d’elle, il ne pouvait s’empêcher de commencer à l’apprécier. Un tout petit peu, attention ! Et uniquement parce qu’elle était utile, c’est du moins ce dont il essayait de se persuader. Cela ne marchait pas, mais c’était au moins agréable d’essayer de s’auto-persuader.

Quand à la jeune fille, elle se comportait comme si elle avait quinze ans et qu’elle était en classe découverte (ou classe verte, quoi^^), ce qui avait tendance à légèrement agacer le leader. Comment pouvait-elle être à ce point si complexe, si différente d’une minute à l’autre ? D’abord elle semblait raisonnable, et puis elle redevenait la tête de linotte qu’elle devait être au fond d’elle, Matthew en était persuadé. Et aussitôt, il s’en voulait de ne pouvoir s’empêcher de commencer, un tout petit peu, à l’apprécier. Oui, décidément, ses sentiments étaient aussi mitigés et changeants que le comportement de cette fille !
Mais il renonça rapidement à lui faire une remarque, bien conscient que cela lui reviendrait en pleine poire. Au jeu des piques ironiques et des phrases assassines, Cheyenne était bien plus douée que lui, il devait le reconnaître. De toute façon, pour l’instant, ils étaient en terrain connu et sécurisé, donc cela ne portait guère à conséquence, excepté sur les nerfs du pauvre Matthew. Et il se jurait de ne pas laisser la jeune femme s’aventurer à un endroit où les Ours ne jouaient pas les anges gardiens !

L’Ours s’efforça donc d’ignorer les pitreries de Cheyenne, ne pouvant s’empêcher pourtant de l’observer du coin de l’œil. Et ce qui devait arriver arriva : elle se prit les pieds dans une chose quelconque, et tomba à la renverse, ses fesses heurtant avec fracas le sol pierreux. Matthew se retourna et malgré sa décision de rester calme et de l’ignorer, il ne put s’empêcher de lui demander d’une voix un brin trop ironique pour convaincre de son total détachement :


Okay. Tu me feras signe quand tu auras arrêté de jouer les adolescentes en pleine sortie scolaire ? Parce que j’ai passé légèrement passé l’âge du baby-sitting.

C’était parfait, non ? Pas trop accusateur, pas trop sur la défensive, ferme et presque convaincant. Et en plus, pas un seul mot sur les explosifs, que la jeune femme portait dans son sac. Détachement, détachement, genre tu fais ton travail, je fais le mien. Matthew était satisfait de lui-même : malgré le fait que cette jeune fille lui tapait prodigieusement sur les nerfs, il réussissait à garder son sang-froid. Excellent… en même temps, il faut dire qu’il était à rude école, en tant que leader des Green Bear, ses protégés ayant parfois autant de jugeote et de maturité qu’un groupe de CE2.
Quand aux explosifs, il avait du se mordre la langue pour ne pas les évoquer, engendrant une grimace tout à fait comique. Oh, s’il avait pu, il lui aurait dit qu’il se chargeait de les porter, que sa trop grande futilité était un risque et qu’il n’avait pas eu tort de ne pas la prendre au sein de l’équipe. Mais malheureusement, il n’avait qu’elle sous la main, et une dispute serait aussi vaine que stérile, sans oublier qu’elle connaissait son boulot.
D’ailleurs, d’un certain côté, c’était ça qui faisait enrager Matthew : on pouvait dire ce que l’on voulait sur la jeune femme, mais elle était une pro dans sa partie. Si elle avait été un tout petit peu moins bonne, Matt n’aurait pas hésité une seconde à la renvoyer à la Base… mais elle était douée, malheureusement. Et il ne pouvait pas se passer d’elle, bien que l’avouer n’entrait pas dans ses plans immédiats. Alors, il supporterait ses enfantillages, ses moues désabusées et ses sarcasmes le temps qu’il faudrait, et espérant que ce temps serait le plus court possible.

D’ailleurs, plus ils iraient vite, plus le moment de rentrer serait proche. Il lui indiqua alors la marche à suivre et, quand elle répondit, il se fit à nouveau la réflexion qu’elle était diablement douée, hélas. Suite à ses explications, il prit la parole :


Tant que ça tombe de façon à entraver une quelconque avancée, ça devrait aller. Les fondations sont plus solides qu’il n’y paraît : apparemment, les constructeurs de l’époque avaient sérieusement envisagé le problème de l’humidité causée par la présence des chutes, et les bombardements n’ont pas trop amochés le soubassement.
On commence donc par les plus petits… faut faire le tour par là-bas, sinon on sera un peu trop exposés aux regards. Prête à crapahuter ?


Plaisanta-t-il en désignant le passage, plus ou moins marqué par un amoncellement de gravats. Même si, jusqu’à maintenant, la radio ne lui indiquait aucun danger à proximité, le leader savait pertinemment que cela pouvait changer en quelques minutes, aussi préférait-il éviter les parties trop visibles et trop exposés. On ne savait jamais, après tout.

Tu veux que je prenne ton sac ?

Demanda Matt avec sollicitude, après un moment d’hésitation. Oh oui, il craignait une réponse cinglante, mais il la craignait moins qu’une brusque chute et mise à feu des détonateurs. Le chemin était escarpé, et si Cheyenne devait glisser ou perdre le sac, ils auraient eu l’air intelligent.
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Cheyenne Quinlan

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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Ven 16 Oct - 12:22

[HRP : Désolée du retard... Et ça risque d'être pareil pendant encore 2 semaines je pense.]

Carson ne manqua pas de la rabrouer en la voyant faire le zouave. En passant devant lui, Cheyenne lui adressa un large sourire exhibant tout le râtelier. Vous savez ce sourire crispé jusqu'aux oreilles qu'affichent parfois certains smileys au détour d'une discussion. Ce sourire qui peut signifier beaucoup de choses sans jamais vraiment rien dire. Un étirement des lèvres qui se veut penaud : "éh mec j'le savais, faut excuser". Ou encore badin pour répondre à boutade bien trouvée : "l'est bien bonne celle-là". Un sourire adapté à plein de circonstances. Sauf que là, chez la demoiselle, cette expression perdait de sa chaleur. En fait, le sourire sonnait faux. Sonnait creux. La note dissonante venait de son regard. Regard terne, éteint et inexpressif. Seul l'instinct l'avait poussé à articuler cette grimace fantoche. Pas un sentiment. Aussi le sourire disparut-il aussi vite qu'il était apparu. Sans un mot.

Cheyenne nota en silence la crispation nerveuse qui passa sur le visage de son comparse d'infortune. Il avait tiqué sur les explosifs. Ehéh... Vrai que ça aurait pu péter... si elle s'était ratée à la réception. Ça aurait fait un sacré feu d'artifice. Et tous les prototypes cyborgs n'auraient pas suffit à la remettre d'appoint pour une partie de golf. Elle avait beau se foutre de tout, elle n'avait pas l'intention de s'ensevelir aujourd'hui. Elle ne ferait pas ce cadeau à tous ses détracteurs. Elle n'était pas du genre à faire une fleur alors elle resterait en vie. Même si pour ça, il lui faudrait s'écorcher la peau. Pas d'importance. Fallait s'occuper de la mission. C'est ainsi que Cheyenne en vint à expliquer à Carson les possibles tactiques d'explosions. Il lui précisa que les fondations du gros bonhomme de béton étaient solides. Pas mal ça. Sauf que quelque chose de solide pendant des années pouvait se révéler tout à coup aussi tangible qu'un château de cartes sous la brise. Contre-coup de plusieurs années de résistance aux intempéries et, récemment, aux attaques musclées des machines comme des humains. Elle n'en fit pas part au leader des Green Bear. Ce serait à elle de faire attention et de prendre les précautions nécessaires.

Carson fit une remarque sur le fait qu'ils devaient rester à couvert, remarque à laquelle la mécanicienne répondit par un regard lourds de sous-entendus. Elle qui trouvait qu'à la Base ils étaient déjà bien exposés, là au point où ils en étaient, ça frisait l'exhibition. Crapahuter ? Pourquoi pas. Ils faisaient que ça depuis le début de cette mission, en plus de palabrer comme deux grands-mères. Cheyenne haussa les épaules et reprit le chemin en suivant l'itinéraire de son supérieur. Celui-ci lui demanda alors, poliment, s'il pouvait l'alléger de son sac. Quel galanterie intéressée... Elle se tourna vers lui, l'air toujours aussi morne.


- Tu sais, le but n'est pas de tout faire sauter maintenant, exprimant avec éloquence ce qu'elle pensait des capacités du copain ourson. Tout en resserrant les lanières de son sac contre elle, afin que son chargement ne pende pas, elle poursuivit : Ensuite, je dispose d'un avantage : je n'ai pas peur de la cousine nitro.

Et sans attendre de retour, elle s'engagea vers le tas de gravats qui tenait lieu de route. Mais elle s'arrêta pour laisser Carson la dépasser. C'était lui le guide après tout. Ils firent face ensemble à une jungle de cailloux, de débris, de poussières. Cette fois, Cheyenne réfléchissait avant de poser un pied devant l'autre. Comme elle se l'était dit peu avant, elle ne comptait pas provoquer de catastrophe. Et quand ils atteindraient les premiers bâtiments à miner, elle n'aurait plus qu'à attendre le feu vert de l'Ours.
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Lun 19 Oct - 16:57

[pas de problèmes, t'en fais pas^^]

Tout chez Cheyenne sonnait faux, à vrai dire. Enfin, pas vraiment faux, mais plutôt… déplacé. Comme si elle était à mille lieux de là, comme si elle faisait ce qu’elle faisait pour une raison bien précise et connue d’elle seule, dans un but qui ne pouvait même pas effleurer l’esprit de ces terriens terre-à-terre qu’elle croisait. Enfin, « terriens », ce n’était qu’une expression : Matt ne croyait pas vraiment que la jeune femme qui l’accompagnait soit une extraterrestre, attention. Il ne s’était jamais vraiment poser la question, à vrai dire, trop occupé par tout ce qui lui tombait dessus pour prendre le temps de réfléchir à la question. D’ailleurs, si les petits hommes verts existaient et voulaient réellement visiter la Terre, ils feraient mieux de se magner, parce qu’au train où allait Skynet, il ne resterait bientôt plus grand-chose à visiter, mis à part des ruines.

La grimace de Matthew n’avait pas échappée à la jeune femme, mais le regard que lui lança cette dernière à l’évocation du fait qu’ils devaient rester à couvert n’échappa pas au leader des Green Bear. Quoi, elle se sentait bien trop exposée ici, en pleine jour et en plein air ? Matt, lui, n’avait pas cette impression. Peut-être parce qu’il connaissait le terrain, peut-être parce qu’il était concentré ou tout simplement parce qu’il savait que malgré les apparences, Cheyenne et lui n’étaient pas seuls, mais quelle que soit l’explication, l’Ours se sentait bien ici. Il se sentait en sécurité, malgré cette situation plutôt précaire. Peut-être qu’au final, le mot « sécurité » prenait bien plus de sens qu’avant la guerre et la mise en coupe réglée du monde par Skynet. C’est vrai, il pouvait sembler contradictoire de se trouver en sécurité au milieu des ruines, avec la présence non loin de Deux Cargos qui n’avaient qu’une seule idée en tête (enfin, dans leurs circuits quoi, les expressions usuelles étant légèrement non-conformes lorsqu’on évoquait les machines), traquer du résistant, mais pourtant… au final, ils n’étaient pas traqués, on veillait sur eux, et ils avaient un endroit où se replier en cas de danger. C’était bien plu que ce que l’on pouvait dire de nombreux résistants, non ? Alors oui, Matt s’estimait en sécurité, et guerre exposé pour l’instant. Si les Cargos changeaient de route, cela évoluerait surement, mais pour l’instant, tout allait bien.
N’empêche, l’ours ne se hasarda pas à demander à la jeune femme si elle avait peur. En plus de se faire rabrouer, il n’y gagnerait qu’une dénégation. Non, Cheyenne ne semblait pas craindre ce qu’il pouvait se passer, elle ne semblait pas craindre grand-chose à vrai dire : elle était bien trop cynique pour se montrer aussi apeurée que tout le monde. Oui, au final, c’était bien ça que Matt éprouvait en la regardant : elle se sentait au-dessus du monde. Son impression était peut-être fausse mais quoi qu’il en soit, il avait l’impression que c’était cela qu’il n’arrivait pas à capter dans le comportement de Cheyenne : l’égoïsme. Peut-être pas exactement ce terme-là, d’ailleurs, mais il avait bien l’impression qu’elle ne plaçait pas les autres sur le même pied d’égalité qu’elle. Après, à savoir si elle se plaçait au-dessous ou en-dessous… même si Matt penchait pour le fait qu’elle se sente supérieur, ce n’était qu’une hypothèse de plus. Et cela ne lui faisait ni chaud ni froid : sur ce plan, il était d’accord avec Cheyenne.
On fait notre boulot, voilà tout. Et inutile de se chicaner pour pas grand-chose, ce n’était guère le moment

En tout cas, comme l’Ours l’avait prévu, il se fit gentiment rabrouer quand il offrit à la jeune femme de porter son sac. La remarque sur le fait qu’il allait tout faire sauter n’était pas pleinement justifiée, mais Matt décida sagement de se la fermer, histoire d’éviter une nouvelle polémique. C’était dingue quand même, comme il s’écrasait devant cette fille. Enfin, il ne s’écrasait pas vraiment, mais il laissait couler un paquet de choses dans le but avouer de ne pas déclencher les hostilités. Pas par peur, l’échange de noms d’oiseaux ne lui ayant jamais fait rebrousser chemin, mais bien par désir de conserver sa tranquillité : en y repensant, Caitlyn en aurait eu des choses à dire sur son attitude ! Mais la psychologue n’était pas là, et elle n’aurait pas le loisir d’analyser tout ça : c’était tant mieux, au final.
Les deux compagnons finirent par arriver à l’endroit prévu, et Cheyenne le laissa s’engager en premier : bonne initiative. Matt s’arrangeait pour grimper en prenant soin de ne pas faire rouler la caillasse sous ses Rangers, et en choisissant les passages qui lui semblaient les moins caillouteux possible, histoire d’éviter une quelconque chute qui ne serait profitable à personne, et surtout pas à la Résistance. Ils cheminaient cahin-caha sur le chemin guère accueillant qui les menaient vers les deux petits immeubles désignés par Cheyenne comme premier endroit ou poser les explosifs, Matt se retournant régulièrement pour observer comment la demoiselle se débrouillait.

Finalement, ils finirent par arriver sur un endroit qui leur laissait un peu de répit, et l’ours tendit une main à la poseuse d’explosifs pour l’aider à franchir un dernier obstacle. Ils avaient bien avancé : les deux immeubles se trouvaient en contrebas, et ils n’avaient qu’à redescendre la petite montagne d’éboulis pour y arriver. L’ours prit la parole :


"Nous y voilà. On va prendre un chemin quelque peu détourné, mais ça sera plus stable : la descente risque d’être plus glissante que la montée, alors attention."

La mit-il en garde, avant de récupérer son talkie et de vérifier à nouveau qu’aucun danger ne planait au-dessus de leurs têtes : on était jamais trop prudents, n’est-ce pas ?
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Cheyenne Quinlan

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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Lun 26 Oct - 17:27

Le duo hétéroclite parvint à s'extirper de ce que Carson avait injustement appelé un "chemin". Cheyenne ne refusa pas la poignée de main qu'il lui tendit. Pas de cata on avait dit. Ainsi elle se redressa pour faire face au paysage qui s'étendait devant eux. Toujours aussi charmant comme coin. Les immeubles qu'ils ciblaient se trouvaient plus bas. La jeune femme scruta les ruines puis le ciel. Elle ne montrait pas la moindre émotion mais semblait tout de même intéressée par ce qui pouvait se passer aux alentours. Carson indiqua un nouveau sentier, enfin ce qui allait tenir lieu de sentier hein. Pas un vrai sentier quoi. Comme d'hab'. Y avait plus rien qui ressemblait à quelque chose ici de toute façon. Alors un sentier...

La mécanicienne lorgna son supérieur du coin de l'œil tandis que celui-ci demandait des nouvelles par talkie. Comment feraient-ils sans l'électricité et tous ces gadgets ? Pauvres d'eux... Elle revint sur les immeubles, analysant intérieurement les bons emplacements pour les explosifs. S'il fallait boucher la rue, il faudrait les coucher. Bah... Plus de charges d'un côté que de l'autre lui semblait être la meilleure solution. Par contre, faudra pas rester à côté quand ça pétera. Une déflagration de débris et de poussières n'avait rien d'une bonne thérapie. Et puis l'éboulement allait potentiellement attirer leurs copains, les boites de conserves ambulantes.

Le chef paré, Cheyenne le suivit. La descente ne fut pas évidente, comme l'avait annoncé Carson. Alors qu'elle posait son pied sur un dénivelé de rocailles, elle le sentit s'enfoncer plus bas que prévu. Sa jambe glissa sur le gravier et Chewie dérapa. Elle stoppa la chute en se rattrapant sur l'épaule, à même le sol. La mauvaise épaule. Une onde de douleur, comme des ronds dans l'eau, résonna dans son bras et travers son dos. Elle serra la mâchoire et resta un instant dans cette position semi-allongée sur le côté, tous les muscles tendus. Son regard capta un caillou qui ricocha sous ses yeux pour aller se perdre dans le vide. Elle regarda dans cette direction pendant un moment.


- ... 'tombera pas plus bas. siffla-t-elle entre ses dents.

S'agissait-il du caillou, de son fardeau... ou d'elle ? Cheyenne ricana en sourdine en se redressant douloureusement. Elle fit faire des moulinets lents à son bras blessé, la brûlure tiraillant la peau de son épaule comme si on l'arrachait à la pincette. Puis elle fut de nouveau debout. Pas de tournis ? C'était plutôt bon signe. Par précaution, elle vérifia le sac. Toujours bien harnaché. Et s'il avait dû sauter, ça se serait déjà passé. Ses yeux jetèrent un regard absent à Carson. Pourquoi c'était pas lui qui se cassait la gueule ? Un grand gaillard comme ça. Même pas mal. Elle hausse les épaules, ce qui ne fit que renouveler la douleur. Pas de grimace mais elle serra le poing d'un air impassible.

Le reste du chemin se passa relativement bien. Cheyenne ne sentait presque plus sa brûlure. Ça lui vaudrait un tour chez le doc'. Ou alors elle irait voir Olivia. Cette-dernière connaissait sur le bout des doigts la cicatrice à vif que la jeune femme portait à l'épaule. Ouais. Chez Olivia. Ce serait mieux. Pour tout le monde. L'équipe, en supposant qu'un groupe de deux personnes qui peuvent pas se sentir est une "équipe", finit par atteindre son objectif premier. Cheyenne se dirigea vers les points "stratégiques" qu'elle avait repéré d'en haut et se mit au boulot avec une discipline étonnante.
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MessageSujet: Re: [Intrigue N°2] Piégez le périmètre [CLOS]   Mer 28 Oct - 15:20

    L'après-midi commençait à peine lorsque les dernières charges furent posées et la salle de contrôle informée de la disposition de celles-ci. Chaque spécialiste en explosifs avait travaillé rapidement et efficacement sous la protection des Green Bears et tout le périmètre avait été bouclé. Meredith avait reçu le rapport de chacun d'entre eux et attendait Cheyenne et Matthew à l'entrée sud-est lorsqu'ils arrivèrent. Elle leur sourit, un brin rassurée de voir qu'ils n'en étaient pas venus aux mains (bien qu'elle ait toute confiance dans le sang-froid de Carson, les paris qui avaient circulé dès qu'ils avaient quitté la base n'avaient pas été pour la rassurer) et qu'ils semblaient en pleine forme, quoique Cheyenne ait déjà été plus radieuse. Elle écouta leur rapport succinct et hocha la tête avec un léger sourire satisfait. Avec tout cela en place, elle se sentait un brin rassurée, bien qu'elle n'ait jamais été une adoratrice des explosions et démolitions en tout genre : ils avaient encore quelques cordes à leur arc.

    « Merci à vous. Vous pouvez filer au réfectoire, j'ai demandé au chef de vous réserver des plats chauds. » leur annonça-t-elle avec un sourire complice. Même si, contrairement à certains (du genre Caldwell, qui lui avait filé sous le nez sans attendre qu'elle lui ait signifié qu'il pouvait disposer), ils n'avaient pas un air affamé, elle devinait que crapahuter à l'heure du déjeuner n'était pas un véritable plaisir.

    L'un des Green Bears vint récupérer le matériel et les instructions de Cheyenne avant qu'ils ne se séparent. Meredith fit un crochet par la salle de contrôle pour vérifier que tout le monde était bien rentré à la base et que les détonateurs avaient été mis en sécurité (dans l'espoir qu'on aurait nul besoin de les utiliser). Elle s'en retourna ensuite vers la multitude de soucis qu'il leur restait à régler. Si Matthew avait le droit à une pose restauration, tout comme elle, il n'aurait pas beaucoup de temps pour respirer, une réunion du Conseil étant prévue en urgence pour discuter de leurs options face à ce siège.

    Le lendemain, quelques bombardements secouèrent la base. Ils craignirent l'explosion en chaîne de leurs dispositifs. Par chance, seules quelques charges explosèrent lorsqu'elle furent touchées directement. Le reste de la ville fut relativement épargnée et les dispositifs principaux tinrent le choc. Lorsque les bombardements cessèrent, ils espéraient tous le départ des Cargos, mais le vendredi 20 avril, au cœur de l'après-midi, des mouvements furent aperçus à proximité de la base, tout particulièrement à l'entrée sud-est. Les charges posées par Cheyenne se révélèrent alors d'une grande utilité et d'une efficacité salvatrice.


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