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La discorde du passé[C. Lloyd]

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Gabriel Travis

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MessageSujet: La discorde du passé[C. Lloyd]   Mer 6 Jan - 20:59

-Il y a un an et demi, dans la Base de Niagara Falls-

Il répétait les mêmes gestes, toujours. Il les répétait depuis une heure de l'après midi, seul dans la salle de tir de la base de Niagara Falls, afin d'atteindre son everest : la perfection.

Cela allait faire plus de 5 mois qu'il avait sa nouvelle prothèse, et il continuait invariablement à tirer comme un débutant, que ce soit en tir groupé, en tir allongé ou en tir d'arrêt. Sa vision était parfaite, il n'y avait rien à redire, mais justement : il existait un fossé apothéotique entre la qualité de son oeil et celui des armes. Alors qu'en extérieur, il est évident que des paramètres tels que le vent ou les noeuds magnétiques terrestres entrent en jeu, il ne comprenait pas pourquoi en milieu fermé il ne pouvait pallier aux faiblesses des armes.

Il commençait à douter de la qualité du Beretta qu'il avait en sa possession et avec lequel il avait repris son entraînement. Dans la matiné, il avait rencontré l'armurier de la base pour une entrevue afin d'en parler – armurier compétent d'après ce qu'on lui avait dit. L'échange avait été bref, le rendez vous pris dans ce lieu.

Gabriel changea le chargeur et tira les 2x8 coups sur la cible, d'abord posément, en attendant entre chaque tir jusqu'à 5 minutes, puis les 4 dernières balles à toute vitesse. Lorsqu'il se rapprocha de la cible, il fut déçu de constater qu'une balle était excentrée par rapport aux autres. Il doutait de sa propre capacité à voir les erreurs qu'il commettait, et pourtant il n'était pas particulièrement tendre avec lui même.
De rage, il déchira la cible de papier en criant des jurons odieux contre une entité invisible. Il devait y avoir un problème avec le chargeur, obligatoirement. Et dans le cas contraire, cela signifiait qu'il ne pouvait plus avoir confiance en ses yeux, qu'ils lui cachaient la véritable cible, ou au contraire renforçaient tellement les détails que ceux ci paraissaient éloignés de plusieurs mètres alors qu'en réalité, il ne s'agissait que de quelques millimètres.

Il entendit derrière lui quelqu'un qui entra d'un pas plein d'assurance, ce qui fit affront à Gabriel. Il se retourna pour voir s'il s'agissait de son rendez vous. Ce n'était pas lui, mais une femme sûre d'elle et de son bon droit, comme si elle était en terrain conquis.
Il s'agissait de son entraînement! Il avait demandé à ce qu'on lui laisse la salle pour l'après midi entière afin qu'il se réhabilite calmement à son nouvel oeil, et voilà que quelqu'un fait irruption? C'en était trop. Lâchant toute sa hargne qu'il avait commencé à déverser sur la cible qui n'était plus qu'un amas déchiré, il cria du fond de la salle :

« Cassez vous bordel, c'est une séance privé! Regardez sur la porte et fermez la en partant! »
Devant l'air interdit de la femme, il ajouta un « Cassez vous » plein de venin ardent qui lui fit tourner les talons pour de bon.

A nouveau seul, il examina le pistolet avec consternation : c'était lui le coupable de tout. Maintenant, Gabriel n'avait que deux options. La première, abandonner. Ce n'était pas dans ses habitudes. La seconde, dompter l'arme pour qu'elle devienne son serviteur. Mais depuis qu'il apprenait à se servir de son nouvel oeil, il allait de déception en déception avec son Beretta.

Peut être que l'armurier avait une solution à lui proposer?

Gabriel accrocha deux nouvelles cibles et s'en retourna vers le poste de tir. A mi chemin de la salle, il vit la porte s'ouvrir derechef.
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Charlie Lloyd

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MessageSujet: Re: La discorde du passé[C. Lloyd]   Sam 16 Jan - 5:53

    Dieu sait comment il fut difficile pour Charlie d’apprendre à tirer correctement avec toutes les armes qui lui soient donnés d’utiliser. Il avait rencontré un homme, ce matin-là. Un homme avec un oeil manquant, remplacé par une prothèse. Lloyd ne considérait pas une prothèse comme un désavantage chez les humains, au contraire. Elles pouvaient aider les gens marcher normalement, voir correctement, manipuler tout. S’il prenait exemple sur Gabriel, il était possible que sa réhabilitation soit longue et pleines de déceptions mais, lorsqu’il finirait par s’habituer, sa vision serait meilleure que celles des humains normaux, dits sans prothèses. Il avait une chance dans sa malchance, en quelques sortes.

    L’armurier marchait lentement, une arme à la main. C’était un pistolet Bruni 92, 9 millimètres et automatique. C’était sa petite merveille à qui, chaque matins, il apportait plus de perfection pour essayer de faire d’elle une arme qui serait à la hauteur des machines, si petite l’arme soit-elle. Il s’était convaincu à aller l’essayer à la salle de tirs, bien que Gabriel ait formellement interdit à qui que ce soit d’entrer là-dedans. Peu importe qui, on donne jamais d’ordres à Charlie. Sourire aux lèvres il observait l’arme luisante dans sa main. Sa pure merveille, il l’appelait. Si seulement il était capable de concevoir quelque chose d’assez puissant sur elle, il pourrait faire dix fois meilleurs avec une mitraillette du style M6. Faire une nouvelle arme serait un gros changement pour la base. Pourtant, il n’arrivait toujours pas à en faire une. Peut-être était-ce la déception, aussi ? Ou peut-être tout simplement le manque d’enthousiasme. C’est un projet à long termes et il sait que s’il arrive à perfectionner une arme, il devrait le faire aux autres pour les résistants. Des heures et des heures de plaisirs et d’emmerdement, de travail. Pas que ça le dérangerait, seulement ce serait long.

    Poussant la porte de la salle d’entrainements, il sourit. Il entendait depuis les couloirs des bruits de tirs; Gabriel était donc là. Charlie aimait bien aider les autres, montrer comment faire quoi, même s’il n’avait pas vraiment l’air d’un meneur. Aider Gabriel dans sa réhabilitation serait en quelque sorte une bonne action. Il vit ce dernier debout, devant une cible, visiblement avec une humeur massacrante. Il le salua d’un hochement de tête et s’avança vers lui, l’air tout à fait naturel. Il avait plongé son Bruni dans son étui, question d’avoir les mains un peu libres.

    - Ça ne va pas comme tu le veux, pas vrai ?

    Effectivement, ça se voyait bien. Il semblait mécontent et légèrement déçu, à moins que ce soit désespéré, mais bon. Il fallait travailler pour devenir meilleur qu’avant, ça ne se fait pas qu’en un seul claquement de doigts. Il se planta à ses côtés et observa la cible. Avait-il fait des progrès ? D’un ton neutre, Lloyd demanda :

    - Fais-moi voir ça mais prend ton temps, j’ai pas envi que tu soit nerveux en ma présence.
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Gabriel Travis

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MessageSujet: Re: La discorde du passé[C. Lloyd]   Sam 16 Jan - 23:27

Le visage avenant de l'armurier n'entama pas la mauvaise humeur de Gabriel, bien au contraire. La boule de haine du cyborg que la femme avait projeté vers sa gorge l'étouffaitl. Il n'en fallait pas plus pour que sa bile de méchanceté et de colère se projette sur autrui. Le tireur avait vraiment besoin d'aide, que ce soient des conseils ou des améliorations sur son arme, mais ses pulsions d'agressivité étaient plus fortes.

Réussissant à se maîtriser encore, il se retint de cracher un ''T'es un vrai génie toi!'' lorsque Lloyd posa sa question rhétorique. A la place, il contracta sa mâchoire et le regarda dans les yeux. Encore nouveau dans la base, Gabriel avait déjà piqué de fortes colères qui avaient étonné tout le monde. Heureusement, en dehors de cela, Gabriel était facile à vivre : il ne posait jamais de question, il participait intelligemment aux plans d'action, et il était sérieux dans son travail. Sans ces qualités, nul doute qu'on l'aurait fichu à la porte des Black Snake vite fait bien fait.

Devant sa haine sourde, Gabriel n'eut pas la présence d'esprit de s'offusquer de la présence de Lloyd. De toute façon il tombait bien : il allait être le punching-ball, Gabriel le boxeur. Et devant l'amabilité de Lloyd que Gabriel prit pour de la faiblesse, il allait s'en donner à coeur joie. Cependant il ne fallait pas y aller trop brusquement, le coléreux l'avait appris à plusieurs reprises. Non, il fallait juste piquer où ça faisait mal, quitte à s'y prendre plusieurs fois.

Aussi, lorsqu'il lui dit de montrer ce dont il était capable, Gabriel comprit cela comme une riposte. L'armurier pensait probablement que le don de Gabriel pour le tir était douteux? Que maintenant qu'il n'arrivait plus à tirer, il était bon à jeter? Cela ne se passerait pas comme ça.

Le brun répondit alors au blond sur un ton qui ne laissait aucun doute sur son aigreur :

« Tu crois vraiment que je puisse être nerveux en ta présence? »

Le sourcil droit de Gabriel avait monté en signe de perplexité, d'un air de dire ''j'aurais vraiment tout entendu dans ma pauvre vie!'' Il continua sur sa lancée :
« J'ai survécu pas loin de 10 ans seul, sans soutien d'aucune sorte. Alors autant te dire que je ne suis plus nerveux sur quoi que ce soit. Et certainement pas par toi. »

Sans laisser le temps d'une réponse à son interlocuteur Gabriel tendit l'arme à Lloyd d'un geste vif et ajouta :
« C'est cette arme qui est défectueuse. C'est peut être le calibrage ou je ne sais quoi. En tout cas, elle a forcément un défaut qui la rend impropre. Le problème vois tu, c'est que je l'ai prise après qu'elle soit passée par tes mains. »

Gabriel attendait que Lloyd prenne l'arme et tente de tirer sur la cible. Gabriel était sûr du bien fondé de sa remarque, il n'avait aucun doute d'aucune sorte à ce propos.

« Essaye, et tu verras. »
Le ton de défi que Gabriel prit sembla jeter un froid polaire dans la salle. Les deux cibles attendaient impatiemment au fond de la salle d'être criblées de balles, comme leur prédécesseurs. L'oeil synthétique dévisagea le visage mal rasé de Lloyd, et Gabriel ne put s'empêcher de penser qu'il s'agissait là d'un autre élément probant de la médiocrité de l'armurier.

Amusant combien il est facile de passer d'un état à l'autre, en l'espace de quelques heures. Lorsqu'il l'avait vu le matin, Gabriel avait eu un bon pressentiment à propos de l'armurier : ses cheveux plaqués en arrière, ses yeux semblant vous transpercer par leur sincérité, le front haut... Tout cela semblait ne jamais avoir eu lieu dans l'esprit de Gabriel qui ne pouvait marquer plus son dédain que par un rictus triomphant.

La main toujours tendue, paume vers le bas, tenait l'arme dans l'attente d'un changement de propriétaire.
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Charlie Lloyd

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MessageSujet: Re: La discorde du passé[C. Lloyd]   Dim 17 Jan - 0:51

    Charlie voyait très bien que Gabriel était très loin d’être content. Pas étonnant, il n’était pas capable d’atteindre une cible en plein milieu. Charlie était là plus pour l’aider que pour tester son Bruni, il le savait bien au fond de lui. Il vit la mâchoire du jeune homme se crisper. Oh, il allait certainement lui servir de cible un jour ou l’autre mais pas maintenant. S’il voulait faire des progrès rapidement, il allait devoir piquer une crise ailleurs et avec quelqun d’autre que lui. Lloyd gardait néanmoins sa bonne humeur et son sourire, question de ne pas montrer à Gabriel que son humeur l’affectait. Il détestait royalement qu’on l’envoie sur les roses et c’était lui qui avait de la chance que Charlie soit très gentil avec lui. Lorsqu’il y a des armes en jeu, il préfère faire attention. On ne sait jamais lorsqu’une balle peut partir, même lorsque c’est involontaire. Le ton qu’employa le jeune homme lorsqu’il demanda s’il croyait vraiment pouvoir être nerveux en sa présence. Franchement, il s’en fichait, mais au moins il l’avait dit. Comme pour remonter un peu le moral, quelque chose dans le genre. Il continua sur sa lancée en disant que lui, il avait passé dix ans seul et sans soutiens. Alors il n’était pas nerveux, sur quoi que ce soit. Bravo. Il voulait une médaille ou un os ? Franchement, ça paraissait vraiment qu’il avait vécu tant d’années seul. Qui aurait voulu l’aider en s’approchant de lui ?

    L’armurier soupira bêtement, secouant la tête. Gabriel tendit alors son arme d’un geste vif à Charlie, disant que c’était cette arme qui était défectueuse, que c’était peut-être le calibrage ou quelque chose mais qu’il y avait certainement un défaut qui la rendait impropre. Et la cerise sur le gâteau, qui eut le don de rendre Charlie d’une humeur massacrante: il lui dit que, le problème, c’était qu’il l’avait prise après qu’elle soit passée par ses mains. Chaque armes qu’il touchait, il en faisait une pure petite merveille, il les rendaient utilisable et au meilleur qu’elles pouvaient être. Alors comment osait-il dire que l’arme était défectueuse par sa faute ? Charlie rageait littéralement. Il avait envie de lui prendre son flingue et de lui en tirer quelques unes dans la tête. Il lui dit d’essayer, qu’il verrait. Il venait de faire une grave erreur, là. C’était son ego qui allait en prendre un coup mais il l’avait cherché. Il lui arracha l’arme des mains et s’approcha de lui d’un air arrogant. Oui, les sentiments qu’on éprouve envers les autres changent très rapidement. Gabriel venait de perdre l’estime de Charlie et d’un coup. On insulte pas ses armes, ses bijoux. Toujours en observant le Black Snake, après avoir observé une demi-seconde la cible en papier, vida tout le chargeur. Il tourna la tête et, un sourire aux lèvres, observa l’unique trou, bien que pas rond, qui s’était formé à force que les balles transperçaient à la même place. C’était d’une précision impressionnante.

    - Non, elle marche merveilleusement bien. Tu veux une autre démonstration ou c’est correct ?

    Il lui tendit l’arme et croisa ses bras sur sa poitrine. Maintenant qu’il lui avait démontré qu’elle allait bien, l’arme n’était plus une possibilité pour Gabriel. Au moins, Lloyd n’était plus offensé par la remarque que lui avait fait le jeune homme.

    - Tu as de la difficulté, c’est correct. C’est comme ça qu’on apprend, je suppose. On se fâche et on finit par faire des trous toujours à la même place. Je me souviens, la première fois que j’ai réussit mon premier tir parfaitement ciblé. Ça faisait dix mois que j’étais dans l’armée. Perds pas le courage...
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MessageSujet: Re: La discorde du passé[C. Lloyd]   Sam 23 Jan - 14:51

Gabriel regarda sans mot dire les balles fendre la cible toutes au même endroit, sans que le tireur trésaille. Le jeune Black Snake ne comprenait pas pourquoi l'arme fonctionnait si bien entre les mains de Lloyd, à moins que ce soit entre ses propres mains qu'elle ne fonctionnait pas? Perplexe, Gabriel ne laissa transparaître aucune de ses émotions sur son visage cependant, sachant trop bien quel ascendant cela donnait sur l'ennemi. Et en l'occurrence, aujourd'hui l'ennemi c'était Lloyd. Lloyd avec ses allures paternelles, avec ses airs d'avoir tout vu et tout connu... Gabriel était sur le point de partir de la salle sans se retourner, tel un adolescent auquel on a interdit de sortir voir ses copains, quand Lloyd rajouta son laïus sur l'effort, sur ses souvenirs de jeunesse à propos de son premier tir ciblé... Quel ennui!

C'était une des raisons qui faisait préférer à Gabriel la solitude à la compagnie : les conversations sans intérêt. Ses pairs, pour une raison qu'il ignorait, étaient friands de ce genre de conversation. Cela commençait sur un fait anodin, et puis à la fin on était obligé de raconter toute sa vie dans les moindres détails, fouiller les recoins les plus sombres de son passé pour se confier, et conférer ainsi à son interlocuteur la stupide satisfaction d'avoir été utile aujourd'hui. L'utilité ne se fait pas au travers de la psychologie, sociologie ou anthropologie. Toutes ses sciences molles n'avait plus leur place dans un monde de fer et de sang, dans un monde en guerre.
Ce flot de pensées l'envahit durant quelques secondes lorsqu'il comprit ce qui n'allait pas.

Ce qui clochait, c'était que Lloyd était l'archétype de l'homme bon, compétent. Mais comme tous les hommes, il était imparfait. Non pas que Gabriel se croyait parfait, mais il savait son oeil parfait.
Ainsi lorsqu'ils tiraient, les deux hommes ne pouvaient empêcher le sang de battre leur veines en faisant subrepticement bouger leurs mains, ni leur respiration de les écarter de leur cible. Par contre, tandis que Lloyd ne pouvait empêcher sa rétine de moins bien réfracter la lumière, ni son nerf optique d'envoyer une information erronée car en deux dimensions, Gabriel n'avait pas ce problème.
En tant que cyborg, une partie de son corps était vouée à la perfection précise et sans retard de la machine.

Gabriel changea le chargeur sans un mot et surtout sans écouter la litanie de Lloyd qui avait commencer à raconter une histoire sur son passé. Une fois l'arme à nouveau prête, Gabriel visa. Mais pas avec son oeil droit, non. Il visa avec son oeil gauche, tellement imparfait que ça le répugnait de devoir encore s'en servir. Il pris 5 secondes pour ajuster sa main, et vida sur le papier blanc où les anneaux rouges jouaient à saute moutons la moitié du chargeur.
Il se releva ensuite et examina son travail. Un trou dessiné au centre, aussi imparfait que celui qu'exhibait la cible voisine. Serait ce possible que la théorie de Gabriel ne soit pas basé que sur de la mauvaise foi? Rien n'était moins sûr à vrai dire.

Il aurait bien aimé laisser l'armurier dans l'expectative, mais la bonté de Gabriel n'avait pour reflet que sa volonté de se faire comprendre. Aussi, au lieu d'abandonner Lloyd au spectacle de la démonstration, il lui dit :

« Voilà ce qui ne va pas. Cette arme est parfaite...si on est imparfait. Ce qui est ton cas, et ce qui est le cas de mon oeil gauche. Je ne sais pas si ça répond à un besoin humain de créer des machine avec les même faiblesses que nous, mais.... Je ne suis plus comme ça désormais. »

Il posa l'arme sur le comptoir, juste derrière eux. Puis il se retourna et plongea ses yeux dans le bleu de ceux de son interlocuteur.

« J'ai besoin de quelqu'un qui puisse faire un travail parfait, en mettant de côté ses défauts pour ne répondre qu'à mes attentes. Ce sont les seules qui doivent compter. Tu crois que tu saurais faire ça? »
Demande d'aide ou sarcasme blessant? La question est légitime : le ton de Gabriel était méprisant, comme s'il parlait à un cafard à qui il demandait un défi qu'il savait insurmontable.
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Charlie Lloyd

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MessageSujet: Re: La discorde du passé[C. Lloyd]   Dim 24 Jan - 19:22

    Peu à peu, Charlie devenait arrogant envers Gabriel. Il était persuadé que c’était lui qui avait un problème et pas l’arme. Comment peut-il oser lui dire que c’est l’arme qui est défectueuse ?! Ça l’avait mis hors de lui et il s’était obligé à lui prouver que c’était lui qui était défectueux en tirant à la même place dans la cible. Seulement, le Black Snake ne réagit pas comme Lloyd le voulait; il resta calme et impassible, chose qui eut l’effet de l’irriter un peu plus. Peu importe, le temps passait et le calme s’installait entre eux même s’il y régnait toujours une tension bien palpable. Tous deux réfléchissaient à quelque chose et ça tiraillait le plus vieux des deux de ne pas savoir ce à quoi l’autre pensait. C’est alors que Gabriel chargea l’arme et vida la moitié du chargeur sur la cible avec une précision étonnante. Un tas de questions passaient dans la tête de l’armurier qui restait toujours surpris. Comment avait-il fait pour tirer précisément ? Il lui avait pourtant dit qu’il n’était plus capable de tirer aussi précisément qu’avant! Lloyd croisa ses bras sur sa poitrine en le regardant, stupéfait, puis soupira lorsque le jeune homme se tourna vers lui. Il lui dit que ce qui n’allait pas, c’était que l’arme était parfaite si l’on était imparfait. Il le traitait d’imparfait, c’était bien ça ou il rêvait ? Il lui dit alors que c’était son cas et celui de son propre oeil gauche. Enfin, il s’en fichait royalement qu’il avait un oeil plus faible que l’autre ou qu’il n’était plus imparfait des deux yeux. Pourtant, Charlie avait de très bons yeux, pour un humain, et c’était un peu insultant de se faire dire par un autre homme qu’il était meilleur que lui. L’orgueil, c’est tout. Il déteste qu’on veuille se montrer meilleur que lui. Il était capable de maitriser tout les armes modernes à la perfection, de mitraillette à simple revolver. Gabriel alla déposer l’arme sur le comptoir qui était juste derrière eux puis il plongea ses yeux bleus dans ses yeux verts. Il lui demanda alors, disant qu’il avait besoin d’un travail parfait qui répondrait à ses attentes, s’il pourrait faire une arme pareille ?

    « Sans défauts ? Gabriel, les heures que je passes sur une arme plus améliorée, je ne peux pas faire ça. C’est dans mes cordes, bien sur, mais il faut les pièces en bon état, passer beaucoup de temps là-dessus. Or, ça me prendrait des années avant de confectionner une arme sans défauts. Je passe déjà tant de temps sur ça... »

    Oui et, comme Gabriel, Charlie détestait les échecs. Faire une arme digne des résistants de la base, il en était incapable, même avec tant de travail acharné. Son Bruni 92, il l’avait à la poche simplement pour l’essayer mais il savait qu’il y trouverait un échec lorsqu’il l’utiliserait. Il s’attendait toujours à une défaite et c’est ennuyant de toujours savoir qu’il faut recommencer. Puis, bon, il finirait un jour à améliorer tout les armes mais il avait besoin de plus d’aide qu’il en obtenait pour le moment.
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MessageSujet: Re: La discorde du passé[C. Lloyd]   Lun 1 Fév - 14:19

La deception submergea Gabriel lorsuqe l'armurier lui annonca son impossibilité à lui faire une arme digne de lui. Cette vague d'amertume il ne l'avait plus ressenti depuis de longues années.

La dernière fois, c'était alors qu'il n'était encore qu'enfant. Sa mère lui avait promis de lui offrir pour son anniversaire le jouet devant lequel il bavait depuis plusieurs semaines. Hélas, lorsque le jour fatidique arriva, nul cadeau à l'horizon : la mère prétendit avoir oublié. Mais elle jouissait en cachette de la douleur infligée à son fils. Sur un ton empli de sous entendu, elle ajouta par ailleurs que la prochaine fois qu'elle lui demanderait de ranger la vaisselle, il ferait plus attention à ne pas casser de verres. Depuis cette époque, Gabriel avait compris qu'il ne fallait jamais fonder d'espoir sur la sympathie de ses pairs, ni sur quoi que ce soit d'autre d'ailleurs.
La seule chose à faire était de ne pas avoir d'attentes, jamais.

Cependant, Gabriel avait faiblit en arrivant à la Base. Il avait été agréablement surpris par l'adresse du bon docteur, et par sa dextérité à ne pas le tuer durant l'opération. Tout comme il avait été frappé par le naturel avec lequel les habitants de la Base l'avaient traité à son arrivée. Pour eux, il n'y avait pas d'autre solution que de lui remplacer son oeil. Bien sûr, il savait qu'il allait être utile à la Base en retour. D'ailleurs, dès que sa réhabilitation était accomplie, il allait passer une sorte d'épreuve de passage pour faire partie intégrante des Black Snake.

Quoi qu'il en soit, il avait baissé sa garde ici. Être chouchouté l'avait ramolli et désormais, il avait l'impression désagréable de ne plus avoir sa carapace. Son corps et son esprit étaient comme un shamallow : trop mou, trop sucré. La preuve en était le sentiment d'impuissance face à l'incapacité de Lloyd à lui faire une arme.

Gabriel avait placé tant et tant d'espoir en cette Base – nouvel oeil, nouvelle vie, nouvelle sécurité – que le premier échec véritable détruisait ses rêves, anéantissait son futur.
Et c'était Lloyd qui devrait à présent porter le poids de cet insuccès. C'était lui désormais le visage de tout ce qui était dysfonctionnel dans la Base, du moins aux yeux de Gabriel.

Pour le futur Black Snake, Lloyd caractérisait toutes les déconvenues des hommes qu'il avait justement cherché à fuir pendant 10 ans en faisant voeu de solitude.

La rage de s'être fourvoyé, la colère de ne pas avoir gain de cause, l'ire d'avoir baissé sa garde, le mécontentement envers Lloyd... Tout cela se mélangeait dans les veines de Gabriel, et le bout de ses doigts picotaient devant tant d'amertume.

Préférant partir plutôt que de faire quelque chose qu'il pourrait regretter, Gabriel jeta un dernier coup d'oeil en direction de l'arme qui attendait toujours sur le comptoir, comme pour lui dire au revoir.
Puis, dans un regard empli de tristesse et de compassion – le même regard que l'on porte à un malade qui attend la mort dans un hôpital - Gabriel s'adressa à l'armurier sur un ton sans appel, mais très calme, presque susurrant :

« Tu ne m'es d'aucune utilité alors. »

Gabriel se retourna et partit vers la porte de sortie, dans le silence retrouvé de la salle de tir.
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