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Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]

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Duncan Caldwell

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MessageSujet: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Mer 3 Mar - 16:03

Mon sac de couchage et moi.

    « Yep yep, quelqu'un par ici ? »

    Duncan cherchait un endroit tranquille et pas trop étriqué pour... simplement dormir. La veille encore, deux hommes s'étaient battus pour une simple histoire de regard. Duncan s'était dit qu'avec tout ça, ce bazar, cette guerre, les humains auraient eu l'intelligence de garder leurs forces pour survivre face aux machines. Mais toute cette logique leur échappait et l'expert en explosifs n'avait jamais de temps à perdre pour répéter des banalités. Le temps était quelque chose de précieux. L'homme choisit donc de dépenser le sien en une bonne nuit de sommeil, dans un endroit frais et calme : les entrepôts. Les probabilités que quelqu'un vienne s'approvisionner étaient élevées mais ça ne le genait pas vraiment car il avait le sommeil plutôt lourd, surtout quand il était fatigué. Duncan se disait parfois qu'il était l'un des seuls hommes de cet endroit qui serait capable de ne pas entendre l'ennemi approcher pendant la nuit. Mais bon, c'était indépendant de sa volonté.

    « Mouaf, ma foi, ils ne tuent pas directement ceux qui peuvent un peu servir. »

    S'allongeant sur le ventre, Duncan cala sa tête dans son coude et se surprit à passer la main gauche sous sa chemise pour sentir sa peau blessée. C'était de la curiosité, savoir de quoi ça avait l'air. Il la retira rapidement et remit sa chemise convenablement en place. Benjamin était sans doute en train de réfléchir à une nouvelle super stratégie, Mei Lin s'entrainait peut-être et Duncan aurait le grand privilège de profiter de ses progrès et... quelqu'un approchait d'une façon qui se voulait discrète. Dès lors, plusieurs possibilités se présentèrent dont celle de flanquer une belle frousse au nouveau-venu mais tout le monde était tellement prudent ici que Duncan prendrait le risque de se retrouver bêtement avec un couteau dans le bide ou une balle dans le crâne. Il se pencha sur le côté et fouilla le fond de son sac de couchage. Il en sortit une longue mèche qu'il cala sur une bombe lumineuse, rien de plus qu'un bâton qui brillerait. Avec la précision possible dans le noir et sans lunette – donc pas à son maximum, entendons-nous bien – il la fixa et se mit à la recherche d'un briquet. C'était ça l'inconvénient de ne griller une cigarette qu'une fois de temps en temps, on n'avait jamais de quoi les allumer. Il jura et se mit en quête d'un paquet d'allumettes sur l'une des nombreuses étagères. Quand il eut mis la main dessus, il alluma la mèche et fit rouler le bâton quelques mètres plus loin. La bâton roula vers la source du bruit, l'origine des pas et une fois que la mèche fut totalement consumée, une lumière rougeâtre apparut.

    « On se cache ? »
    * J'espère qu'au moins, ce sera une belle demoiselle. *


    Il se releva et poussa son sac de couchage d'un geste lent du pied.

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William Queen

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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Dim 14 Mar - 19:57

    C'est très joli, la vie. Mais cela a un inconvénient, c'est qu'il faut la vivre.

    Depuis combien de temps était-il là ? Bonne question, trois ou quatre jours, une semaine tout au plus. Ils étaient bien gentils tout ces petits gens, ils lui avaient même sauvés la vie. Mais voilà…
    Assis dans un coin contre un énorme carton, William réfléchissait. Il n’arrivait même pas à se souvenir de comment il était arrivé dans cette étrange base. Il avait du s’évanouir. A moins qu’on l’ait drogué pour qu’il ne sente plus la douleur ou qu’on lui ait donné des somnifères. Sais pas. En tout cas ça ne ressemblait pas au camp de Mexico. On l’avait soigné et il disposait d’une certaine liberté. Pour le moment pas de réveil tout les matins à cinq heures et pas non plus d’entrainement toute la journée.
    Vous avez dit bizarre ?
    Comme c’est bizarre. Pas de nouvelles de ses anciens compagnons. Ils devaient être morts. Ca n’avait rien d’étonnant, lui avait juste eu de la chance. Pour lui qui d’habitude avait la poisse, cette idée était incroyable.
    Le garçon passa une main dans ses cheveux. Celle ci était bandée. L’autre aussi d’ailleurs. On ne lui avait encore rien demandé et ça, en revanche, ça l’intriguait. S’il avait appris quelque chose dans sa courte vie, c’est qu’on a rien sans rien. Hors il était logé, nourri, soigné et protégé. Ca n’annonçait rien de bon. Il décida qu’il était temps de retourner à l’endroit où il trainait toute la journée depuis son arrivée. L’infirmerie. On finirait bien par lui dire ce qu’il avait à faire. En attendant, il n’allait pas se plaindre de ne rien foutre. Il se leva et s’étira avant de se figer. Quelqu’un arrivait. Rentrerait dans la pièce, rentrerait pas ? Rentré. William s’empressa de se cacher derrière le carton qui lui avait servi de fauteuil quelques minutes auparavant. Il n’avait aucune idée des limites de sa liberté ici et n’ayant rencontré personne sur son chemin, il lui vint à l’idée qu’il n’avait peut-être pas le droit de se trouver là.


    « Yep yep, quelqu'un par ici ? »

    Un homme. Remarque que ça ne l’avançait en rien. Ne pas répondre, espérer qu’il s’en aille. Sa prétendue chance l’avait abandonné. William, s’étant habitué à l’obscurité (depuis le temps qu’il était là) vit l’homme s’allonger, ayant visiblement l’intention de dormir. Le garçon allait-il devoir rester là jusque l’inconnu ait fini sa sieste ? God, il avait déjà une crampe. Prudemment il mit un pied dehors et marcha sur quelque chose. Quoi ? Allez savoir, en tout cas le quelque chose craqua sous son poids. Bonjour la discrétion. L’homme sembla bouger et farfouiller, William s’immobilisa. Pas bon ça, pas bon du tout. Un bâton roula à ses pieds et il eut un geste de recul. L’homme n’avait pas osé allumer de la dynamite ici au moins ?

    « On se cache ? »

    Oubliant un instant le bâton, Will leva les yeux vers l’inconnu. Mauvais idée, la mèche finit de se consommer et la lumière se fit à ses pieds. Pris sur le fait, en plein mouvement, l’adolescent devait ressembler à un renard pris dans les feux d’une voiture sur l’autoroute. Il prit une position disons plus « normale » et s’arrangea tant bien que mal un air innocent.

    « Qui ? Moi ? Me cacher ? Mais non voyons. Je… »

    Il jeta un coup d’œil désespéré autour de lui espérant y trouver une idée brillante puis se tourna vers l’homme, une lueur de défi brillant dans ses yeux.

    « Je fais l’inventaire. Et vous ? »

    Plongeant son regard dans le sien, William attendit de voir ce que l’homme allait répondre. Quoi que… L’homme était venu là pour dormir c’était évident. Donc… en théorie… le garçon avait le droit d’être là. A moins que cette pièce soit réservée à l’homme qui se trouvait devant lui. Et si c’était le cas, Will pensait sérieusement qu’il manquait de goût niveau déco (m’enfin lui-même n’y connaissait pas grand-chose, peut-être que les cartons étaient à la mode).
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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Dim 14 Mar - 20:28



    Pas une femme, mais ce n'était pas vraiment sa faute s'il n'était pas né avec ce.... l'anatomie préférée de Duncan. Il se permit de détailler le jeune homme, sans doute rassuré qu'il ne soit pas plus grand, gros, poilu et musclé. Presque rassuré qu'il ne ressemble pas trop à Benjamin en somme. Sans doute pris d'un gros coup de fatigue – ou très fier de sa petite surprise - , Duncan se mit à afficher un long sourire qui s'éteindit jusqu'aux oreilles. C'était avec ce genre de sourire qu'on obtenait beaucoup de choses d'ailleurs, mais c'était une autre histoire... La réponse était somme toute amusante, par les interrogations qu'elle contenait. L'homme se racla la gorge et s'approcha du jeune homme. Oh, pas trop mais juste assez pour encore distinguer sa silhouette dans 30 secondes, quand le baton aurait envie de s'éteindre. Un pas de plus vers lui. Ce pas rappela à Duncan qu'il ne le connaissait pas.

    Les points de suspension étaient une preuve évidente de culpabilié. Bon, s'il était seul, il n'était pas ici pour fricoter. Donc il n'était pas l'amant d'une femme prise. Pas de chargement donc peu de chance qu'il soit venu voler. Et puis voler quelque chose disponible aurait été franchement con, il fallait le dire clairement. Et il n'avait pas l'air bête. Le jeune homme se mit à fouiller les alentours du regard et, par mimétisme, Duncan copia son attitude sans comprendre ce qu'il pouvait soudainement chercher. Il répondit soudain qu'il faisait l'inventaire et la lumière disparut. Deux pas supplémentaires. Il se pencha et ramassa le tube, affichant une légère grimace à cause de la chaleur qu'elle dégageait encore. Il souffla sur l'intérieur de ses mains pour faire baisser un peu la température puis balança l'objet entre ses doigts, sans répondre à la question qui lui avait été posée en retour. Mais à qui pouvait-il rendre des comptes ? Il était là pour survivre et faire exploser de la feraille jusqu'au jour où le mot Reconstruction serait d'actualité. Pas aujourd'hui, c'était certain. Duncan sentit le regard de son interlocuteur prendre de l'importance, peut-être parce que le silence s'installait et que la silhouette ne bougeait pas. Pas même son visage. Duncan fit un pas en arrière et répondit avec un air faussement insouciant :

    « Je viens enterrer les corps de mes victimes, parce qu'il n'y a personne qui vient trainer ou faire l'inventaire le soir... d'habitude... »

    Il appuya le dernier mot, avec une pointe de méfiance puis convint qu'ils n'allaient pas jouer au chat et à la souris s'ils n'étaient pas en confiance. La première chose qui définit un homme est la manière dont il se présenter et Duncan s'assit de nouveau sur son sac en déclarant : « Je m'appelle Duncan et je suis spécialisé dans les explosifs. Je n'aime pas les grenades, j'ai une préférence pour les grosses explosions et les mines. Tu ne vas pas oser me répéter que tu fais l'inventaire ? » Un fin sourire refit surface sur son visage et il tâcha de trouver une lampe torche dans son sac. Et voilà, c'était ça de trop compter sur les autres, on n'était pas totalement prêt. Grave erreur !

    L'homme s'allongea et glissa les avant-bras sous son crâne avant d'attendre la réponse de son interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Dim 14 Mar - 21:01

    L’homme se rapprocha d’un pas. Puis de deux autres lorsque le bâton s’éteignit. Il était imposant. Soyons réalistes, William n’avait aucune chance s’il devait se battre contre lui. Le garçon ne silla pas lorsque l’homme ramassa le bâton. De toute façon que pouvait-il faire ? Prendre la première chose qui lui passait sous la main et l’assommer ? Sauter au dessus de lui et détaler comme un lapin ? L’empêcher de reprendre le bâton juste par esprit de contradiction ? L’homme ne répondit pas à sa question et recula d’un pas. Il fallait s’y attendre.
    La réponse piquante de l’homme amusa William au lieu de l’inquiéter. Il est vrai que son excuse était tout aussi plausible que la sienne mais le jeune homme n’avait pas conscience qu’il faisait déjà nuit, le temps passe vite quand on réfléchit.

    A nouveau l’homme se recula avant de s’assoir sur son sac. Duncan dit-il s’appeler. Le reste de sa présentation était moins rassurante. William décida que si l’homme ne l’avait pas encore attaqué (alors qu’il s’était trouvé tout près de lui et qu’il aurait donc pu le faire sans problème) c’est qu’il n’avait pas l’intention de le tuer. Pas encore en tout cas. Il s’assit donc à même le sol, en tailleur et réfléchit un quart de seconde à ce qu’il pourrait répondre à ça.


    « Eh bien… si vous étiez un psychopathe venu enterrer une victime comme vous l’avez prétendu, je pense que vous m’auriez déjà tué. Je veux bien croire que votre truc c’est les explosifs, mais dans ce cas vous n’allez pas nous faire sauter ici tout les deux. Je pense. Donc, oui je vais m’en tenir à mon inventaire. »

    On avait toujours appris au jeune homme de s’en tenir à sa première version. En effet, changer d’excuse toute les deux minutes vous rendez suspect et la confiance devenait plus difficile. En revanche un mensonge bien monté pouvait passer. Même s’il fallait avouer que le mensonge de William à ce moment était tout sauf bien monté. Duncan était couché désormais mais le jeune homme ne voulait pas prendre le risque de baisser sa garde. Après tout il ne savait pas si cet homme avait des intentions meurtrières ou pas.

    « Au fait, moi c’est William. »

    Il se tut un instant. Puis sa curiosité reprit le dessus.

    « Vous avez dit d’habitude. Donc vous venez souvent ici le soir. Vous avez des choses à cacher ? »
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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Dim 14 Mar - 22:08



    Pertinent sauf si... Aux premiers mots de l'inconnu, le cerveau de Duncan se mit à bouillir et à inventer mille scénarios qui pourraient répondre sans mal aux propos qu'avançait le jeune homme, dont un qu'il prépara avec grand soin. Mot pour mot. Et puis, de toute façon, qui l'empêchait de les faire sauter tous les deux ? Il pouvait être fou et avoir des envies destructrices. Ou pas. Il éait vrai que le simple fait de se trouver ici voulait dire deux choses : Je suis vivant & Je veux le rester. Parfois, la question se posait pour quelques rares cas qui semblaient avoir des tendances kamikazes en mission – « je défonce tout, même si je dois y perdre la vie » – mais chacun préférait se dire qe c'était de la détermination. Duncan n'oubliait jamais qu'ils étaient en guerre, même si son attitude pouvait laisser entendre le contraire.

    Même maintenant, assis, puis allongé, il pouvait bien se défendre. Oh non, il n'était pas superman (les collants ne lui iraient pas de toute manière) mais si le mur s'effondrait pour laisser apparaître les pantins de Skynet, il pourrait tâter l'intérieur de son sac et trouver assez de poudre pour en faire exploser quelques-uns. À la reflexion, mourir pour la bonne cause n'était pas trop trop dénué de sens. Voilà, une question de circonstances, simplement ! Ce remue-méninges laissa Duncan silencieux assez longtemps pour qu'il ait un bref sursaut, le regard rué vers l'inconnu. Combien de temps avait-il passé à ces explosions ? Ces idées bêtes ? Ces projets et plans... Il secoua la tête avec une pointe d'agacement et baissa le regard en marmonnant :

    « Sauf que dans mon délire, je pourrais avoir surtout tirer du plaisir à voir mon complice tuer our moi. Maintenant que vous êtes en confiance, il arriverait derrière et... »

    Il releva le regard et ajouta avec une pointe de malice – presque de gentillesse – dans la voix : « Mais mes amis ne sont pas assez discrets pour arriver par derrière. On ne fait pas dans la dentelle, donc vous êtes en sécurité, cher individu qui fait l'inventaire... »

    Puis, la présentation. Ce fut très bref, peut-être que ce gars était comme ça, rapide et concis. Ce n'était pas un défaut, même si la langue méritait qu'on joue avec elle de temps en temps. Duncan continua de fixer le jeune homme, William et haussa des épaules en répondant que tout le monde avait des choses à cacher : « Mais je ne pense pas en avoir plus que les autres. »

    *Ah... je n'aime pas les petits endroits chauds... Qui les aimerait ?*


    L'homme serra les lèvres à cette pensée... il inspira une grosse bouffée d'oxygène. Sa cage thoracique se releva et il eut l'impression qu'à cette pensée – la petite pièce aux murs qui se rapprochent, si chaud, tout si étroit – l'air avait des difficultés à remplir ses poumons. Il fronça les sourcils et demanda au jeune homme :

    « Dis-moi Willy, que me caches-tu ? »

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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Dim 14 Mar - 22:55

    Duncan avança une théorie qui, pour le coup, inquiéta William. Il avait été entrainé pour repérer les ennemis mais il est vrai que s’étant concentré sur l’homme, un complice avait très bien pu pénétrer dans la pièce sans qu’il s’en rende compte. Il résista à la furieuse envie de se retourner, après tout si Duncan disait ça juste pour lui prouver qu’il pouvait avoir tort, il aurait l’air d’un imbécile.
    Il se contenta donc de fixer l’homme qui continua d’un ton qui surprit un peu le jeune homme.

    En sécurité… tout est relatif, même si à ce moment là, Will sentait bien qu’il n’avait pas à s’en faire. Après tout, Duncan était dans la base, tout comme les personnes qui lui avaient sauvé la vie.
    Pourquoi sauver une vie si c’est pour l’effacer ensuite ?
    Il se détendit à cette pensée tandis que l’homme répondait à sa question. Pas plus que les autres… William se demanda ce qu’il entendait par là. La curiosité est un vilain défaut, aussi il préféra s’abstenir de poser la question. Après tout, Duncan n’avait probablement pas envie de se dévoiler à un inconnu total.

    William posa ses mains derrière lui afin de rendre sa position plus confortable. Malgré lui, il leva la tête vers le plafond. C’était plus fort que lui, ça l’aidait à réfléchir. Qui pouvait bien être Duncan ? C’était l’un de ses jeux favoris lorsqu’il rencontrait quelqu’un. Imaginer des hypothèses à partir de ce qu’il savait. Bon. Duncan aimait les explosifs, c’était un combattant, à coup sur. Pas comme ceux qui l’avaient trouvé. Ceux là étaient si discrets qu’ils en étaient invisibles. Hors les amis de Duncan n’était pas discrets. Ca laissait un bon nombre de possibilité concernant l’homme. Qui d’ailleurs interrompit ses pensées. Will baissa les yeux et le regarda, n’ayant pas l’air de comprendre. Il pencha la tête et fronça légèrement les sourcils, imitant sans le vouloir son interlocuteur.


    « C’est une bonne question, mais un peu vague vous croyez pas ? »

    Son visage s’illumina en même temps qu’un sourire amusé naissait sur ses lèvres. Il se redressa, ses mains le faisaient souffrir, s’appuyer dessus n’avait pas été une bonne idée, elles n’étaient pas encore guéries.

    « Vous aviez raison. Je ne suis pas là pour faire l’inventaire. Je ne savais pas si j’avais le droit d’être ici et vous m’avez pris par surprise. »

    William avait décidé de jouer franc jeu, il était certain que Duncan était de ses hommes qu’il valait mieux avoir dans ses amis que dans ses ennemis. Le mensonge n’était pas une bonne base, de plus, si le jeune homme devait rester ici, il risquait de le croiser régulièrement. Et puis, peut-être Duncan lui en apprendrait-il plus sur cet étrange endroit. Ca lui faciliterait la tâche et lui éviterait de se mettre dans des situations embarassantes par la suite.

    « Est ce que ça répond à votre question? Comme vous l'avez dit tout le monde a des choses à cacher. Si je devais en faire le tour, ça prendrait un sacré bout de temps! »
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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Lun 15 Mar - 0:05



    Le jeune homme – qui, maintenant, avait un nom cela dit – bougeait et remuait. Il s'était peut-être pris une balle dans les fesses et la position debout lui convenait davantage. Oui, il y a des blessures qui sont pires pour l'orgueil que pour la santé... Quelles étaient les blessures de ce brave Willy ? Visiblement, il avait toujours sa tête correctement fixée aux épaules. Le reste... rien n'était fiable. Tout se remplaçait désormais donc l'observation dans l'obscurité serait peu concluante, et il ne fallait pas espérer en tirer grand chose. Mais ne disait-on pas que tout finissait par se savoir, un jour ou l'autre ? Bien sur que si. Le seul enjeu majeur et la seule variante à prendre en compte était le temps.

    L'homme cligna des yeux, sentant que la fatigue s'infiltrait doucement sous ses paupières et répondit que poser des questions ouvertes était un moyen très intelligent d'obtenir plusieurs types de réponses. Certes, cela pouvait paraître présomptueux comme déclaration mais Duncan l'avait appris : Les questions fermées n'apportaient pas d'informations, les autres oui. Ne souhaitant pas raconter d'où il se tenait ses prétendus trucs et astuces, il s'arrêta là et tâcha de s'attarder davantage sur son interlocuteur et la nouvelle position qu'il venait d'adopter. Il se souvint que lui-même avait eu beaucoup de mal à dormir sur le ventre pendant la rémission de sa brûlure. Les petits inconvénients de la survie, toujours un truc pour venir vous empêcher de dormir tranquillement !

    Ah, William – Willy – cracha un magnifique aveu ! Aveu qui eut pour effet d'exciter Duncan. La vérité donnait toujours plus de relief aux gens avec lesquels il était en conversation. Lui-même n'avait pas pour habitude de mentir, sauf pour ses plaisanteries qui ne duraient pas bien longtemps, et même pas à lui-même ! Finalement, sa petite explication avait quelque chose de plus crédible, presque naturel. Il n'empêche que la remarque « vous m'avez pris par surprise » fit plaisir à Duncan ; c'était bête mais ça le flatta en un sens. Au moins, il pouvait se montrer discret. Tel le tigre qui prépare son attaque, manqua-t-il de livrer à voix haute.

    Il passa la langue sur sa lèvre inférieure, concentré. La petite question était piquante, enfin il commençait à se passer quelque chose ! Duncan acquiesça d'un geste de la tête en se disant que Willy devait distinguer ses mouvements. En plus, ce cheeer Willy semblait avoir le chic pour piquer la curiosité. Duncan avait envie d'en tirer des informations intéressantes, pas du : La guerre c'est mal, moi je suis gentil. Il passa la main sous son menton et marcha à quatre patte jusqu'à son nouveau petit camarade.

    « Aller, livre-moi l'un de tes petits secrets. Tu sais, il n'y a qu'une chose en ce monde qu'on ne puisse pas toucher : Le temps. Alors tes récits ne lui feront pas de mal. »

    Il regarda autour de lui et désigna une étagère du doigt, un peu plus loin :

    « Là-bas, il devrait y avoir du cassoulet. Willy, tu peux choper une boîte et un ouvre-boîte ? »

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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Lun 15 Mar - 18:39

    La remarque de Duncan fit réfléchir William. Il avait raison et, ma foi, c’était pertinent. Le jeune homme se promit d’y réfléchir plus, plus tard. Sa curiosité le titillait, il mourrait d’envie de savoir où Duncan avait appris ça mais on lui avait souvent dit que tout vient à point à qui sait attendre. Il n’avait encore jamais essayé cette philosophie, il n’était donc pas sur du tout de son efficacité mais tant pis.
    William baissa les yeux vers ses mains et plia/déplia les doigts tour à tour afin de vérifier que tout était encore opérationnel. Apparemment oui. Il avait eu de la chance. Il avait eu peur de ne plus pouvoir marcher après que la poutre lui soit tombée dessus, mais au bout de quelques jours il gambadait déjà. Sa blessure à la tête, bien que de mauvaise allure la première journée commençait à cicatriser, cachée par une compresse. Seules ses mains demeuraient en mauvais état, allez savoir pourquoi. Bien que ça lui paraissait moins embêtant que de perdre l’usage de ses jambes, William voyait cela de mauvais augure. Si une attaque de robots se déclarait, il n’était pas sur de pouvoir se servir d’armes. Mais il aurait bien le temps de penser à ça quand ça se passerait, si ça se passait.

    Il vit Duncan hocher la tête dans le noir. C’était étrange quand même ce qu’on pouvait voir une fois nos yeux habitués à l’obscurité. Et le bon côté de la chose était qu’ainsi, Will ne voyait pas à quel point la pièce était petite. L’homme se rapprocha de lui, à quatre pattes afin de s’assoir à ses côtés. Il voulait savoir. Will aussi.


    « C’est donnant-donnant, je vous raconte un de mes "secrets", ensuite c’est votre tour. Ca marche ? »

    Sans attendre la réponse de son camarade, William se leva pour aller chercher ce qu’il lui avait demandé. Une boite de cassoulet et un ouvre-boite. Allait-il manger ça froid ? En pleine réflexion, le jeune homme manqua de s’écrouler contre un carton qui se trouvait sur son chemin. Il lâcha un juron, involontairement et finit par atteindre l’étagère. Il saisit une des boites et mit quelques secondes à trouver l’ouvre-boite. Il revint sur ses pas, évitant le carton cette fois et s’assit à côté de Duncan. La boite de cassoulet était froide, il le sentait à travers les pansements et cette fraicheur soulagea quelques instants la douleur avant qu’il ne tende la boite et l’ustensile à son camarade.

    Qu’allait-il bien pouvoir lui dire ? William ne voyait pas l’intérêt de cacher quelque chose à cet homme qui lui était sympathique mais tout lui dévoiler dés le début, ça n’avait rien de drôle. Le jeune homme décida d’en dire un peu mais pas trop.


    « Avant d’arriver ici, j’étais dans un camp. Pas comme les camps de prisonniers de Skynet. Le mien était dirigé par des humains, mais il faut dire que c’était plus un chenil qu’un camp. On était appelés par des nombres et on nous demandait d’oublier nos anciens noms parce qu’ils ne nous serviraient plus. Moi j’étais numéro 2. »

    Will hésita à continuer, il ne savait pas comment les informations circulaient ici et si on avait parlé de ses camarades morts. Peut-être qu’on avait l’habitude de ça. Dans ce cas Duncan ne savait rien, ce qui était encore la meilleure option.
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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Lun 15 Mar - 20:05



    Ventre sur pattes. Sa mère ne l'avait jamais appelé comme ça, ni son père d'ailleurs. Mais lorsque Duncan avait faim, il était capable de manger n'importe quoi, n'importe où et qu'importe ce qu'il avait entre les mains. Mais bon, beaucoup étaient comme ça -on racontait même que certains s'étaient livrés au cannibalisme, brrrr- alors l'usage du four faisait echo avec luxe ou bonus. Mais le brave Willy avait de la suite dans les idées, et il savait apparemment retourner les questions l'air de rien.

    C'était malin et Duncan se contenta de sourire, sans dire spécialement qu'il allait raconter sa vie. Puis il se dit que cette réponse implicite était peut-être justement trop implicite alors il fit mine de réfléchir avec un long « Hmmmmm » puis conclut avec un « Oui oui, cela va de soi. »

    Maintenant il se demanda qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir raconter ? Il pourrait dire comment il avait réussi à monter sur la rambarde dans l'escalier, parce que c'était vraiment une expérience sans égal, de l'adrénaline en puissance et tout le quartier aurait applaudi s'ils avaient été là, le regard pétillant et... Non c'était nul et Willy allait se sentir arnaqué pour le coup. Il passa la langue sur sa lèvre supérieure avec un air songeur, parcourant les petits recoins poussiéreux de sa mémoire. Dans un sens, il voulait sans doute trouver une chose importante aux yeux d'une tierce personne mais qui ne le soit pas pour lui... C'était assez difficile. Avec l'estomac plein, ce serait plus facile de décider.

    Il leva les yeux vers Willy, qui s'était levé alors que Duncan répondait. Non mais c'est qu'il posait ses conditions sans attendre que la victime donne son consentement, le bougre. Il saisit la boîte et l'ouvre-boîte tendus par le jeune homme et le remercia par un hochement de la tête. Il disposa soigneusement ses doigts sur l'ustensile, comme si chaque millimètre carré de sa peau avait une place primordiale, comme si c'était calculé. Avec les yeux rivés sur la boîte, il ouvrit progressivement et ne laissa qu'une fine partie du couvercle liée. Il attendait de recevoir un petit secret et se décida pour évaluer la valeur de la confidence avant de choisir ce qu'il allait pouvoir livrer à son tour.

    Il plongea ses doigts dans la boîte pendant que son petit camarade commençait à parler. Il enfourna ce qu'il put saisir dans sa bouche et tâcha d'être le plus silencieux possible, pour ne pas perdre la moins syllabe du petit récit qui lui était livré. Soudain, son regard se fronça et il tâcha d'imaginer avec des images tout ce qui arrivait à ses oreilles. Des humains. Il se voyait bien glisser un bâton dans la bouche de celui qui voudrait le foutre dans l'un de ces camps, et surtout si c'était un homme après tout. Il passa la manche de sa chemise contre sa bouche et ses doigts sur le sol. William se stoppa après l'évocation de son numéro et Duncan lança simplement :

    « À quoi avait droit le Number One ? »

    Sans attendre de réponse, il chercha à savoir combien de temps il y était resté puis posa la boîte à sa droite. Il tapota le tour du bout de ses doigts et marmonna : « Mon pauvre, tu t'es fait avoir parce que ma vie est dénuée d'intérêt. Je peux peut-être te dire que je suis bon en peinture et en déminage. Et en mines aussi. Et... Je ne suis pas un héros, j'ai dû faire croire aux machines qui j'étais mort pour qu'ils s'en aillent. J'y ai perdu un peu de la ravageuse beauté que tu vois là. Et... je suis affreusement égoïste. »

    Duncan s'était fait plaisir là. Willy allait le prendre pour un poltron égocentrique, mais Duncan avait cette image de lui, donc ça ne le gênait pas vraiment. Le plus important c'est que les autres ne soient pas comme lui...

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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Lun 15 Mar - 21:31

    Ca n’avait pas l’air de déranger Duncan de manger froid. William se surprit à avoir envie de goûter le cassoulet froid à son tour. Il se retint par respect. Si Duncan était assez affamé pour manger du cassoulet (froid qui plus est) qui sait ce qui arriverait si Will se risquait à lui piquer sa nourriture… ?

    Finalement l’homme lui posa une question qui lui laissa un goût amer. A quoi avait droit le Number One… Eh bien, à ne pas être attaché le soir et à une "chambre" plus grande. Will avait obtenu son numéro grâce à la maîtrise des armes qu’il avait appris rapidement, il avait ainsi obtenu d’avoir des repas chauds. Mais pour rien au monde il n’aurait voulu la place de Numéro Un. Il s’appelait Carl, on racontait que les directeurs l’avaient trouvé barricadé dans une maison à l’âge de cinq ans. Complètement perdu, sous le choc, les directeurs n’avaient pas eu de mal à lui faire faire ce qu’ils voulaient. Mais ne nous étendons pas là-dessus. Le boulot de Carl était vraiment quelque chose que Will se serait toujours refusé à faire, survivant tant bien que mal à sa claustrophobie aigue dans une pièce exiguë attaché à son lit. Un moyen comme un autre d’empêcher les fugues et de terroriser les enfants.
    Duncan lui demanda combien de temps il y était resté, question que Will ne s’était jamais vraiment posé. M’enfin le calcul n’était pas difficile à faire.

    Il allait répondre à sa question lorsque son compagnon posa la boite de cassoulet à côté de lui. Tentation, tentation. Duncan reprit la parole aussi le jeune homme se concentra sur ce qu’il lui disait, ses sourcils se fronçant peu à peu, surtout lorsqu’il lui annonça être égoïste. William remercia sa bonne étoile, celle qui l’avait empêché de manger le cassoulet de Duncan. Il étira ses jambes devant lui, il avait des fourmis.


    « Vous avez une image drôlement négative de vous-même. Vous êtes un survivant, c’est déjà admirable en soi, vous avez survécu en faisant semblant d’être mort, chez nous on aurait appelé ça être astucieux et avoir de la ressource. Peut-être que si certains d’entre nous avaient été comme vous, ils s’en seraient sortis. Quant à votre beauté ravageuse, je dois avouer qu’en ce moment même je n’en vois pas grand-chose. »

    Will souriait, ça s’entendait dans sa voix. Il faut dire que cette conversation était la plus intéressante qu’il ait eue depuis longtemps. La plus amusante aussi. Mais il est vrai que les gens du camp avaient depuis longtemps perdu l’art de la conversation et celles-ci se restreignaient en général à des informations militaires ou à des ragots sur les dix premiers numéros dont il n’était pas exempt. William se souvint alors qu’il n’avait pas répondu à Duncan concernant le durée de son séjour.

    « J’y suis resté dix ans. J’avais sept ans lorsqu’on m’y a emmené. »

    Il se tut, réalisant qu'il parlait beaucoup de lui. Peut-être trop. Certes, c'était Duncan qui lui avait demandé mais ce n'était peut-être pas servir son propre interêt qu'en dire trop sur ce qui s'était passé au camp.

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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Sam 20 Mar - 0:18


    Les doigts sales. Ah, maman – pour laquelle Duncan avait de temps en temps une tendre pensée – aurait dit qu'il était sale et qu'un savon servait toujours. En même temps, le spécialiste se voyait mal arriver devant l'un des agents de Skynet en s'exclamant, l'air mi-ravi mi-machiavélique : « Ah ah ! J'ai pris mon bain douche peaux sensibles ! Tu es fini ! » Non, même avec le rire psychopathe, ça n'impressionnerait personne. Heureusement, il restait toujours l'option : tout faire exploser. S'il avait exposé ses idées oralement, Duncan aurait sans doute lancé : « Normal, je suis une bombe. »

    L'homme frotta ses doigts sur le sol, à sa droite, en espérant ne pas se retrouver le nez dedans pendant la nuit. Bref... Il poursuivit sa conversation qui quittait un peu sa légèreté pour gagner en intérêt, et peut-être aussi en tension. Duncan n'était pas homme à s'énerver quand il parlait de ses souvenirs, et de toute façon il ne comptait pas parler de choses qui l'avaient particulièrement touché. Quand Will lui dit qu'il avait une image négative de lui-même, Duncan secoua simplement la tête pour exprimer son désaccord. Au contraire, il s'aimait tellement qu'il aurait fait passer sa vie avant celle de n'importe qui, mais il avait juste conscience de ses défauts. Il baissa légèrement le regard quand Willy appela sa ''technique'' avoir de l'astuce. Mais ne fallait-il pas être très bête pour manquer de brûler vif ? Par sa propre faute ? La viande d'un homme qui brûle, ça sentait le cochon cramé. C'était entre alléchant et écœurant. Duncan eut un sourire à la dernière remarque de son petit camarade d'entrepôt et il chuchota que quiconque le voyait perdait la vue dans la seconde. Il n'ajouta rien, les plaisanteries les plus courtes étaient les meilleures. À ce qu'on disait.

    Il récupéra la boîte alors que Willy répondait à une question un peu plus poussée, privée ou un peu plus dérangeante. L'adjectif dépendait de la réaction qu'allait adopter Willy et comment il allait répondre. S'il s'énervait, il n'était pas fiable et pouvait péter les plombs n'importe quand. S'il se mettait à rire nerveusement, il valait mieux ne pas s'endormir avec lui à proximité. Toutes les autres réactions étaient acceptées et acceptables.

    La première réaction qu'eut, en revanche, Duncan fut de retenir son souffle. Le temps était une variable qu'on ne mesurait pas mais qu'est-ce qu'elle devait paraître fichtrement longue dans ce cas-là. Dix ans. L'homme eut l'illusion que sa vie se découpait en quatre rondelles, de dix ans. Un quart de sa propre vie – hormis les deux années bonus – dans un lieu comme celui-ci. Sans tomber dans l'admiration – quand même – Duncan éprouva un grand respect pour le petit Willy. Quand était-il sorti ? Avait-il au moins passé la vingtaine ? La remarque qu'il eut fut :

    « Tu aurais dû naître la même année que moi. »

    Il leva le regard vers Willy et alors qu'un invité surprise passait de l'autre côté de l'entrepôt, une fine lumière vint se glisser près de leur coin. On l'appellerait le coin du cassoulet ?

    Duncan frotta ses mains l'une contre l'autre et dit à William, plus froidement, qu'il avait bien de la chance de ne pas être devenu fou, ou fou. Il garda les yeux rivés sur ses doigts glissant les uns contre les autres et supposa qu'à cet âge, on pouvait sans doute perdre son âme. Il regarda les mains de William et termina :

    « Je suppose qu'on ne se rend pas compte et on perd sa personnalité, on devient une coquille vide ou... » un souvenir secoua Duncan qui fronça les sourcils : « ou on devient fou. »

    Secouant la tête, il regarda le bout de ses doigts et donna une petite tape sur l'épaule du jeune homme : « Bravo, tu n'es visiblement devenu aucun des deux. »

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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Sam 20 Mar - 14:24

    Lorsque Duncan lui annonça que tout ceux qui le voyaient, perdaient la vue dans la seconde, un sourire s’étendit sur les lèvres de Will. Il répondit que c’était donc une chance pour lui qu’ils soient dans le noir. Duncan avait de l’humour, qualité que Will savait apprécier, ne l’ayant croisé que de très rares fois en ces temps de guerre. Il avait de la chance d’être tombé sur lui plutôt que sur quelqu’un pince sans rire avec qui il aurait sans doute eu du mal à communiquer.

    Puis l’atmosphère se tendit quelque peu quand William révéla à Duncan le temps qu’il avait passé au camp, ce à quoi ce dernier répondit qu’il aurait du naitre la même année que lui. Le jeune homme leva le regard vers lui.


    « Ah oui ? »

    En quelle année pouvait bien être né Duncan ? William n’avait jamais été très doué dans la déduction d’âge, ayant passé tout son temps avec des enfants, croisant rarement une personne entre vingt et cinquante-cinq ans. Alors en plus dans le noir, je vous laisse imaginer. Will préféra ne pas s’essayer à ce jeu, d’autant qu’il risquait de faire une fausse estimation.

    « Vous êtes né en quelle année ? »

    Oui c’était indiscret, mais Duncan n’étant pas une femme, le jeune homme s’était dit qu’il ne verrait pas d’inconvénient à ce qu’il lui pose la question.
    Puis l’homme reprit, d’un ton assez froid qui mit Will mal à l’aise. Avait-il dit quelque chose… ? Bien que Duncan lui donna une tape en lui disant « Bravo » (le jeune homme ressentit d’ailleurs une pointe de fierté à ce moment là mais il ne l’aurait jamais avoué), il sentit que quelque chose se cachait là-dessous.
    William laissa le silence planer pendant presque une minute, s’interrogeant sur la conduite à avoir. Finalement il reprit, hésitant, d’un ton presque timide :


    « Vous avez connu quelqu’un comme ça… ? »

    Fou ou vide… Willy tenta de voir qui correspondait à cette description parmi ses anciens compagnons et constata douloureusement que tous y répondait parfaitement. Ils avaient tous étaient endoctrinés dés leur plus jeune âge… ils s’étaient rendus à la mort sans broncher, lui aussi par ailleurs mais il avait une raison différente de la leur. Il comprit avec stupéfaction que certains avaient du s’y rendre avec l’espoir d’y mourir. Gagné. William passa une main devant ses yeux, troublé. Ils s’étaient tous dit adieu avant d’aller se battre. Il réalisa alors qu’il ne reverrait plus jamais ses anciens amis. Qu’ils avaient choisi la mort et l’avaient abandonné. Encore. Décidemment, ça devenait une habitude.
    Willy ajouta, avec une amertume à peine contenue :


    « Je n’ai pas de mérite pour ça. Dans mon cas, ce n’est qu’une question de volonté. »

    Il avait voulu vivre et voir autre chose. Et il avait réussi. Et maintenant ?
    Le jeune homme se sentit découragé l’espace d’un instant. Il leva la tête vers Duncan. Cet homme, plus âgé que lui, certes, avait du voir beaucoup de choses durant sa vie. Will se demanda lesquelles, lui-même n’avait vu que la misère pendant presque toute sa vie. Les souvenirs de son enfance étaient devenus flous. La seule raison qui le poussait à continuer était l’espoir. La curiosité aussi. Non vraiment il n’avait aucun mérite.
    William respira un bon coup, ce n’était pas le moment de se laisser aller.


    « Je serai sans doute devenu fou ou une coquille vide si j’avais accepté que ma vie se résume à des entrainements dans un camp d’enfants-soldats. »
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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Sam 20 Mar - 15:30



    Ah 1987 ! Beaucoup de souvenirs et beaucoup de belles années. Bien sur, il y avait toujours eu ces problèmes de politique, ces avertissements écologiques, ces navets à la télévision et de nombreux télé-réalités... Mais la grande différence à cette époque était qu'on pouvait se cacher les yeux, se boucher les oreilles et se taire, sans qu'il n'y ait aucune conséquence fâcheuse. Ah les années 2000. Dire qu'on pensait que ça serait la fin du monde. Avec quelqu'un de son âge, Duncan aurait sans doute joué les vieux singes avec un « de notre époque » mais là il regrettait plutôt de ne pas pouvoir emmener Willy dans son passé pour lui faire profiter de ce qu'il avait vécu.

    Rien n'est parfait et les souvenirs s'embellissent avec le temps. Mais Duncan gardait l'odeur de la peinture qui glisse contre la toile et goutte quand elle est trop liquide, le bruit de la poudre qui s'enflamme avec facilité, la vue des immeubles, des ports, de la mer et d'une explosion. Rien que ça, c'était un souvenir magnifique. Ah, Willy allait devoir accompagner Duncan pour aller faire exploser un peu de ferraille, ça allait le soulager !

    L'homme passa la main sous son menton, pensif et eut un petit rire quand Willy lui demanda son âge. C'est vrai qu'on ne pensait jamais à se demander ce genre d'informations et que Duncan avait même réussi à tuer des gens dont il ne connaissait même pas le nom. Il n'empêche que ça leur retirait une certaine part d'humanité, et ça rendait le crime moins criminel. Et puis, de toute façon, c'était leur faute s'ils étaient venus chez lui... Il passa la langue sur sa lèvre supérieure et énonça avec neutralité – parce que l'information en elle-même était neutre – :

    « 1987. Je te laisse faire le calcul. »

    Puis le sujet pivota. Duncan félicita le jeune homme, et ce n'était que peu par rapport au courage dont il avait dû faire preuve, le gamin. Mais la question qui suivit le soumit à un petit dilemme moral. Il n'aimait jamais mentir et là, il en avait envie. Dans un autre sens, il imaginait cette journée enfermé et il ne pouvait pas faire la comparaison avec dix années de captivité. Peut-être que Duncan était plus sensible en fin de compte ? L'homme sut à cet instant qu'il n'aurait probablement pas survécu dans les conditions de vie de Willy. Maintenant il fallait bien tourner la réponse pour ne pas dévoiler la vérité toute nue ni la cacher. Hm... Duncan se racla la gorge et dit :

    Je ne pense pas avoir rencontré ces gens pendant la guerre. Je vivais seul. Mais on dira que j'ai traversé le tunnel de la folie assez de temps pour vouloir le fuir maintenant. Les murs étaient proches, très proches. Trop. » Il se tut et lança pour couper la confidence : « Cassoulet ? »

    Il fouilla calmement dans son sac pour dénicher un autre tube éclairant. Tant qu'il n'y avait pas de mèche, c'était bon ! Il en trouva un quand William termina sa phrase et l'alluma. Sur le coup, ses yeux se fermèrent, s'étant à peu près habitués à l'obscurité :

    « Willy, regarde-moi dans les yeux. C'est justement parce que c'était une question de volonté, que tu as du mérite. Il faut se battre pour avoir l'envie de rester vivant. Et c'est beaucoup plus simple de saisir les opportunités ou de se tuer. Tu me suis ? »

    Même si Duncan ne se voyait pas paternaliste, il voulait faire comprendre à William qu'il était courageux, qu'il faisait partie des forts. Ça prendrait le temps que ça prendrait, mais c'était une vérité qui devait entrer dans la tête du gamin et y rester profondément gravée. Il écouta la dernière déclaration du jeune homme et hocha de la tête, ne le quittant pas des yeux.

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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Sam 20 Mar - 18:19

  • 1987. Duncan avait donc quarante-deux ans. William essaya de s’imaginer la vie de l’homme, il avait vécu le double de sa vie propre vie. Et même un peu plus. Bien sur, William avait été à l’école pendant un temps, pas assez pour en garder des souvenirs, mais il se souvenait des choses qu’on leur avait raconté au camp. On leur avait parlé en priorité de la Première et la Deuxième Guerre Mondiale (de la Troisième aussi pour sur, mais de façon si vague que Will n’avait jamais très bien compris le pourquoi de la création de Skynet). 1987. Ca n’évoquait pas grand-chose pour lui, malheureusement. C’était sans doute de ces périodes où l’humanité savait encore se contrôler. Le jeune homme essaya de s’imaginer ça. Impossible. L’humanité savant se contrôler hein, pas d’imaginer. Willy fut tenté de demander à Duncan à quoi ça ressemblait.

    Le dernier souvenir qu’il avait de l’orphelinat, et de son enfance par la même occasion, était l’odeur de vanille dans les couloirs. La directrice était très à cheval sur la propreté. Elle aurait eu l’âge de Duncan cette année. William n’avait plus senti l’odeur de la vanille après ça. Remarque qu’il avait plus habitude de la puanteur que des bonnes odeurs (mais il prenait sa douche le plus souvent possible, donc ça ne venait pas de lui, promis !). S’il avait du associer une odeur au camp ça aurait sans doute était celle du sang mêlé à la sueur, une odeur vraiment très désagréable et persistante, surtout là où on enterrait les cadavres.

    Il écouta Duncan et ce qu’il lui dit lui rappela quelque chose. Surtout l’histoire des murs de plus en plus proches… Sa propre claustrophobie. Avait-il lui aussi la phobie des espaces réduits ? L’homme ne semblait pas vouloir s’attarder sur cette information puisqu’il lui proposa du cassoulet. Chose que Will avait attendu. Avant de se rendre compte qu’il sentirait le cassoulet en plongeant ses doigts dans la boîte, surtout avec les bandages qui couvraient ses blessures. Il se maudit.
    Il se retint de faire tout commentaire à propos de la claustrophobie de Duncan, y étant lui-même sujet. Il ne put pourtant pas s’empêcher d’établir un tas de théories qui pourrait l’expliquer.

    Duncan farfouilla dans son sac et en sortit quelque chose qui les éclaira. Habitué à l’obscurité, William fut ébloui un instant mais pu voir clairement son interlocuteur pour la première fois la seconde d’après. Comme il lui demandait, William leva les yeux vers lui, ayant tout de même du mal à soutenir son regard. Il eut un pâle sourire.


    « Je vois ce que vous voulez dire… »

    Il détourna le regard. La conversation devenait drôlement tournée, un peu trop à son goût.

    « Mais il y a une part de chance dans tout ça. Même en ayant envie, il arrive que ça ne soit pas suffisant. »

    Il repensa à la directrice de l’orphelinat, à Sandra et Andrew qui, eux, avaient surement voulu vivre. Et qui n’avaient pas pu. Ils n’étaient sans doute pas des cas isolés, vu tout les morts que Skynet avait faits. Il eut un rire.

    « On peut donc dire que tout le mérite revient à ma bonne étoile. … Sans elle, je serai mort avec tous les autres… »

    Il eut envie d’ajouter : « la semaine dernière.» mais les événements étaient si récents qu’il avait encore du mal à se faire à l’idée. Aussi la fin de sa phrase resta-t-elle cloîtrée dans ses pensées.
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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Lun 29 Mar - 11:26

    Le regard de Willy s'égara, ah il avait sans doute entendu parler de Madonna et de David Guetta, obligé ! Et Britney Spears ? Et les jeux de rôle sur forum ? Les expositions d'art et les chanteurs qui croyaient pouvoir sauver le monde avec un disque ? Ah ! S'il y avait une machine à voyager dans le temps, Duncan l'aurait certainement activée pour balancer Willy dans le passé, en plein dans les années 2000. Une année durant laquelle il était impensable de plonger ses doigts – pas très propres – dans une boîte de cassoulet pour la manger comme ça. Chacun aurait tourné son regard accusateur vers TOI pour dénoncer TON manque de manière, TON statut social, TOI TOI TOI. Heureusement, maintenant, les gens étaient trop préoccupés par leur petit MOI pour critiquer l'attitude des autres. Parfois, Duncan se disait que ce respect profond et cette affection pour sa petite personne n'étaient qu'un effet de la mode contemporaine. C'était classe, dit comme ça.

    La lumière – artificielle, il ne fallait pas oser espérer mieux ! - vint éclairer les deux hommes et Willy sembla lui aussi privé de la vue quelques instants, à cause de la différence brutale de luminosité. Duncan fixait naturellement Willy, pas spécialement pour le mettre mal à l'aise mais le sonder donnait une dimension beaucoup plus intéressante à leur petit échange. Étrangement, Duncan se sentait bien montrer au gosse comme on joignait correctement une mèche à des explosifs et le système – connu, mais pas appris – des couleurs dans une bombe : Rouge n'était pas une couleur qu'il aimait en dehors de la peinture, c'est pourquoi il utilisait souvent des nuances de gris dans ses fils, mais bon... Tout se négociait ! Question de goût...

    Willy sembla.... réceptif aux propos de Duncan. Merde, réceptif n'était pas le mot auquel il pensait mais comment se dire que le gamin comprenait s'il n'avait pas vécu ça ? Encore ces comparaisons qui n'avaient pas lieu d'être. Duncan frotta son menton avec son avant-bras, avant de se foutre de la bouffe sur tout le visage et hocha de la tête. Approbation, Compréhension. Ce geste avait des tas de sens, et à la fois aucun. Mais Duncan n'était pas un grand ami des mots. Le jeune homme détourna soudain le regard ce qui eut pour effet d'agacer Duncan. Quoi ? Il mentait ? Il était gêné ? Pas le temps pour ça bon dieu !

    Il évoqua alors la chance. Bien sur que Willy avait raison mais il fallait se convaincre que seule la volonté était souverraine. Il fallait s'en persuader. Duncan haussa légèrement des épaules et cala sa main droite sur celle de Willy :

    « Je suis d'accord, mais tu ne dois garder ça en tête. La chance, tu dois la provoquer et la mettre de ton côté, comme une arme. Il faudrait que je te montre comment faire une bombe. »

    Il retira sa main et s'allongea sur le dos, la lumière semblait trembler, prête à disparaître d'une seconde à l'autre. Vraiment une qualité médiocre ces trucs, il faudrait qu'il trouve un bricolo capable de les trafiquer. Il perçut le rire de William et il leva les bras :

    « Vive ta bonne étoile alors, et ta foutue volonté : ne l'oublie pas celle-là »

    Oui, il y tenait fermement à celle-là. Il se sentit soudain obligé de revenir sur un possible apprentissage du jeune homme et demanda :

    « Willy, ces questions t'ont sans doute déjà été posées mais possèdes-tu des capacités particulières, quelles qu'elles soient ? »
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MessageSujet: Re: Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]   Mer 31 Mar - 18:59

    Lorsque Duncan lui parla de lui apprendre à faire une bombe, Will manqua de s’étouffer. Déjà un danger public avec une arme entre les mains et étourdi comme il l’était, le jeune homme s’imagina en train de brancher ou débrancher des fils sur un engin explosif. Puis il s’imagina éparpillé par terre, tué par sa propre bêtise. Il fronça un sourcil.
    Mais l’idée en elle-même d’un apprentissage plaisait à William. Il aurait alors le sentiment de faire quelque chose d’utile pour la communauté. En bon citoyen.
    Il se rappela les paroles de la directrice sur son devoir de citoyen lorsqu’il était enfant :
    -Quand tu seras en âge, tu devras voter pour élire des représentants.
    -Tu devras respecter la loi.
    -Tu devras protéger ton pays en cas de menace ennemie.
    -Tu devras payer tes impôts.
    -Tu devras manger tes légumes sans discuter.
    Bon il en faisait un sur quatre, c’était déjà pas mal et il avait encore le temps de s’améliorer même s’il n’était pas sur que payer ses impôts serve encore à quelque chose et que manger des légumes fasse vraiment parti du rôle d’un citoyen.

    Bref au delà même de l’idée du citoyen, celle d’apprendre à faire une bombe lui plut énormément même s’il doutait de ses capacités à rester en vie en apprenant. Il repoussa cette idée en se disant que si Duncan lui apprenait réellement à faire une bombe, il savait ce qu’il faisait et prendrait les précautions nécessaires. Même si on était jamais à l’abri d’un accident.

    La lumière faiblissait et Will leva les yeux vers son interlocuteur, se demandant ce qui pouvait le pousser à lui proposer ça. Peut-être qu’il tait prof dans son ancienne vie. Mais ça ne collait pas du tout avec l’image que Willy avait de lui. Il ne put retenir la question qui le taraudait :


    « Qu’est ce que vous faisiez avant la guerre ? »

    C’était sorti tout seul. Il avait rencontré quelques personnes pour qui l’avant guerre était un sujet tabou comme un « paradis perdu » dont on n’avait même plus le droit de parler. Mais Duncan n’avait pas l’air de ce genre et cela permettrait à Will de se faire une idée plus précise. Il l’imaginait bien …. Non en fait il avait du mal à imaginer Duncan dans un quelconque emploi. L’idée qu’il ait pu être, par exemple, PDG d’une grosse entreprise ou alors vendeur de tapis lui donna envie de rire mais il se retint. Ca n’aurait pas être très poli de rire pour un débat intérieur, aussi passionnant soit-il.

    La question que posa ensuite Duncan le fit réfléchir. Oui, on lui avait déjà posé mais c’était il y a longtemps et il avait alors répondu qu’il savait faire de la bicyclette et jouer aux échecs, laver la vaisselle et déchirer le papier peint. Il ne pouvait décemment plus répondre ça maintenant, surtout à l’homme qui se trouvait en face de lui. Il avait évolué depuis le temps. Et on lui avait appris des choses. Il fit mine de réfléchir.


    « Eh bien… mon truc à moi c’est les armes à feux. Je ne sais pas si on peut parler de capacité mais là comme ça c’est la seule chose qui me vient. »

    Et c’était vrai en plus. Il faut dire qu’à part s’entraîner et éplucher les patates, Will n’avait pas fait grand-chose au camp.

    « Vous c’est la peinture et les explosifs… Ca vous est venu comment ? »

    Est-ce que Will était curieux ? Oui on pouvait le dire, il l’était souvent trop d’ailleurs et on ne manquait jamais de le réprimander à ce sujet au camp. Réprimandes complètement inutiles puisque le jeune homme continuait envers et contre tous à faire subir un interrogatoire à ses interlocuteurs.
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Mon sac de couchage et moi... et vous [Libre]

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